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Hommage au feu brûlant de la nouvelle génération

GEN - MARTINE DELVAUX AUTRICE
Photo Martin Alarie L'autrice, Martine Delvaux

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« J’espère qu’il y a juste assez de désespoir pour que ça allume des consciences », lance Martine Delvaux à propos de son dernier essai-fiction, Pompières et pyromanes. Dans ce livre-collage, la figure féministe propose une série de tableaux tournant autour de la riche question du feu. 

Martine Delvaux est née à Québec, mais a grandi à Limoges en Ontario. La Franco-ontarienne a fait sa maîtrise à Ottawa, s’est rendue faire un doctorat aux États-Unis, puis s’est envolée vers l’Angleterre pour enseigner un moment. Elle est revenue s’établir au Québec en 1996 pour ne plus jamais repartir.  

« Si je suis devenue prof de littérature, c’est parce que je voulais écrire, c’était lié, explique l’écrivaine de 52 ans. Ma grand-mère, à la veille de mourir, m’a dit : “Je t’ai toujours vue en train d’écrire”. Mais entre écrire et publier, il y a une marge. J’ai fait mes classes, j’ai beaucoup de manuscrits dans mes tiroirs datant de quand j’étais jeune. »

Essais féministes

Dès le premier d’une longue série de livres, Martine Delvaux a exploré ses préoccupations féministes. 

« Même si cela n’était pas encore vraiment conscient, cela a toujours été là », explique celle qui enseigne la création littéraire à l’UQAM. 

Après avoir publié Le monde est à toi, un essai-fiction sur la transmission féministe présenté comme une longue lettre à sa fille en 2016, c’est une « sorte de suite » qu’elle offre avec Pompières et pyromanes

Habile fusion entre l’essai et le récit autobiographique, cette seconde lettre à sa fille, maintenant âgée de 18 ans, parvient à faire réfléchir sur la crise climatique tout en restant une œuvre emplie d’amour. 

Raconter la crise climatique

<strong><em>Pompières et pyromanes</em><br>Martine Delvaux</strong><br>Héliotrope<br>173 pages
Photo courtoisie
Pompières et pyromanes
Martine Delvaux

Héliotrope
173 pages

Au cœur de ce récit en fragments, dans lequel on suit le parcours des femmes à travers l’histoire, se trouve le feu – destructeur, mais aussi porteur d’espoir – présenté sous diverses formes : le réchauffement climatique, les incendies faisant rage sur la planète, les films, séries et livres sollicitant la figure du feu, de nombreux faits historiques et légendes ainsi que le désir brûlant d’une mère d’aider à la sauvegarde de la génération dont fait partie sa propre fille.  

« Comme la crise climatique nous hante de plus en plus, ma fille et moi, je me suis demandé comment je pouvais lui parler de ce sujet qui est tellement dur, explique-t-elle. La crise climatique est extrêmement compliquée, je crois donc qu’il faut passer par autre chose que le discours strictement scientifique – comme la poésie et le roman – pour arriver à la comprendre et à la lire. » 

Le défi de l’écrivaine ? Parvenir à regarder en face les choses désespérantes tout en insistant sur l’espoir qu’il faut impérativement insuffler aux jeunes d’aujourd’hui. 

« Car porter le feu, dit-elle, c’est en fait donner l’espoir. » 

Martine Delvaux n’a pas l’intention de laisser tomber les défenseurs de cette nouvelle génération, des jeunes qu’elle décrit comme allumés, conscients et politisés. 

« Tout cela est d’une force et d’une richesse incroyables, poursuit-elle. Il faut arrêter de minimiser leurs peurs, car malgré tout, ils portent tout ce monde-là sur leurs épaules. Ils sont en train de le construire et avec ce livre, je voulais leur rendre hommage en leur disant qu’on est là et qu’on ne les laissera pas tomber. »


Martine Delvaux signe aussi le texte Meilleurs vœux de l’œuvre collective Ce qu’un jeune mari devrait savoir, publiée aux Éditions Marchand de Feuilles.