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Des excuses de Justin Trudeau qui ne suffisent pas, selon des experts

Le message de Trudeau manquerait de cohérence

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Photo d'archives, Agence QMI Le premier ministre Justin Trudeau a présenté des excuses pour ne pas avoir assisté à des cérémonies auxquelles il avait été invité par une cheffe autochtone.

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Les excuses qu’a offertes le premier ministre du Canada à une cheffe autochtone pour ne pas avoir participé aux cérémonies de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation ne sont pas suffisantes pour masquer le manque de cohérence de ses actions, selon des experts.  

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Justin Trudeau a téléphoné samedi à la cheffe autochtone Rosanne Casimir pour s’excuser de ne pas avoir assisté aux cérémonies auxquelles il avait reçu une invitation, alors qu’il séjournait à Tofino, sur l’île de Vancouver, avec sa famille. 

Martin Papillon, professeur titulaire au département de science politique de l’Université de Montréal, remarque un « drôle de message » envoyé de la part du chef de gouvernement. 

  • Écoutez l'analyse de Philippe-Vincent Foisy et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

« L’enjeu, c’est que ça confirme aussi certaines perceptions qui sont répandues notamment parmi les communautés autochtones. Quand vient le temps de poser des gestes et des actions concrètes, c’est plus difficile pour lui », affirme-t-il.    

  •  Écoutez la Rencontre Lisée – Mulcair avec Jean-François Lisée et Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio :   

Renforcer les lignes d’attaque

De son côté, Eric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval, relève deux éléments liés à cet événement qui posent un problème sur le plan de la communication politique. D’abord, un manque de transparence de son agenda vis-à-vis des médias ; ensuite, un problème de logique avec la journée fériée qu’il a lui-même décrétée. 

« Il y a un problème de cohérence dans le message entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Cette demi-excuse en privé, au téléphone avec une seule cheffe autochtone, je ne pense pas que ça soit tant de la communication politique qui va mettre fin à la tourmente », explique M. Montigny.    

  • Écoutez la rencontre Barrette - Durocher avec Marie-Claude Barrette et Sophie Durocher sur QUB radio :    

Échapper au débat

Le premier ministre avait été vivement critiqué jeudi dernier, lorsque des images de Global News le montraient sur une maison de plage à Tofino, sur l’île de Vancouver, au lieu de participer à des événements publics. Il avait toutefois pris part à une cérémonie nocturne sur la colline du Parlement, à Ottawa, la veille.  

Au lendemain de la décision rendue par la Cour fédérale du Canada sur la question des compensations aux familles autochtones, le 29 septembre dernier, l’escapade familiale de Justin Trudeau renforce la tension avec son discours de réconciliation.  

« Je pense que M. Trudeau voulait éviter de se faire poser la question s’il va aller en appel. Ce n’était pas la bonne chose à faire de ne pas participer à cette journée », estime Gilles Duceppe, ancien chef du Bloc Québécois.

– Avec l’Agence QMI

Des voyages qui sèment la controverse...   

  • En 2017, Justin Trudeau avait passé la période des Fêtes sur l’île privée d’un leader spirituel musulman aux Bahamas, en même temps que le lancement du 150e anniversaire du Canada.        
  • En 2018, le voyage diplomatique du premier ministre et de sa famille en Inde avait été qualifié de « fiasco ». Il y avait été froidement accueilli par le gouvernement. Une invitation avait été faite à un extrémiste sikh et avait reçu la critique de son manque de substance.        
  • Le 30 septembre dernier, lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, M. Trudeau s’est rendu à Tofino.           

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