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Un beau voyage au cœur de la vie sur Terre

<strong><em>Une vie sur notre planète</em><br>David Attenborough</strong><br>Éditions Flammarion Québec
Photo courtoisie Une vie sur notre planète
David Attenborough

Éditions Flammarion Québec

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C’est devenu un leitmotiv lancinant, répété des milliers de fois — sous forme de livres, de films, de forums de discussion, de conférences, de cris du cœur — aux quatre coins de la Terre : notre planète est en danger. 

Les signes visibles, bien réels, ne trompent pas et seuls les imbéciles n’y croient pas, préférant ne rien changer à leurs habitudes et affirmant que tous ces phénomènes – sécheresse, fonte des glaciers et de la calotte polaire, érosion des berges, disparition de milliers d’espèces vivantes, animales et végétales, pollution, contamination des sols et des cours d’eau, etc. – sont normaux et dans l’ordre des choses. 

Après nous avoir mis en appétit en nous montrant sur une quarantaine de pages des photos éblouissantes de notre monde merveilleux, l’auteur nous plonge en plein drame : Tchernobyl. 

C’était il y a 35 ans, en avril 1986, alors que « le réacteur no 4 de la centrale nucléaire Vladimir Ilitch Lénine, universellement connue aujourd’hui sous le nom de “Tchernobyl”, explosa à la suite d’une gestion déficiente et d’erreurs humaines ». 

Mais la catastrophe ne se limita pas aux frontières de cette ville. 

« Des vents violents transportèrent sur une bonne partie de l’Europe de la matière quatre cents fois plus radioactive que celle diffusée par les bombes de Hiroshima et de Nagasaki réunies. Elle est tombée du ciel sous forme de gouttes de pluie et de flocons de neige, s’est infiltrée dans les sols et les cours d’eau de nombreux pays. Pour finir, elle a pris place dans la chaîne alimentaire. Le nombre de décès prématurés dus à cet événement est encore discuté, mais certaines estimations font état de centaines de milliers de victimes. » 

Biodiversité essentielle

Mais il y a pire, ajoute l’auteur âgé de 94 ans, et c’est la disparition accélérée de la biodiversité, essentielle à notre survie. Une catastrophe dont on ne réalise pas encore toutes les conséquences. Et nous en sommes les premiers responsables. Or, il est encore temps d’arrêter le désastre en cours, de fermer le réacteur et de changer nos habitudes de vie.

Presque tous les 100 millions d’années, raconte le journaliste scientifique, se produit une catastrophe naturelle, détruisant presque toute forme de vie sur Terre. La dernière en liste fut lorsqu’une météorite de plus de 10 km de diamètre a heurté la Terre. 

« L’impact aurait été deux millions de fois plus violent que l’explosion de la plus puissante des bombes à hydrogène jamais testées. [...] Durant les 66 millions d’années qui ont suivi, la nature s’est attachée à reconstituer le monde vivant, en créant et en perfectionnant une nouvelle biodiversité. L’un des résultats de ce redémarrage de la vie a été l’humanité. » Celle que nous connaissons aujourd’hui, avec quelques variantes.

Cette période, les scientifiques la nomment holocène. Depuis dix mille ans, nous avons connu une stabilité climatique qui s’expliquait par une biodiversité des plus florissante. Nous avons vécu au rythme des saisons. De nomades, nous sommes devenus sédentaires et avons découvert les bienfaits de l’agriculture et de l’élevage. En relativement peu de temps, nous sommes devenus l’espèce la plus répandue et la plus dominante. Il n’y avait plus de limite à notre développement. Et c’est ainsi que l’Homo sapiens est devenu le plus grand destructeur de forêts. 

« Le monde compte à présent trois trillions d’arbres de moins qu’au début de la civilisation humaine », entraînant la réduction importante de la population animale. Même scénario avec les océans. « À la fin du XXe siècle, l’humanité avait éliminé 90 % des gros poissons dans tous les océans du globe », privant les populations de ses reproducteurs les plus efficaces. 

Mais tout n’est pas perdu, conclut Attenborough, célèbre pour ses films animaliers, puisqu’il existe une réelle volonté de sauver la planète, c’est-à-dire de sauver l’humanité. De nombreux exemples existent, comme les associations pour sauver les baleines, les orangs-outans, certaines espèces d’oiseaux, les coraux, etc. « Avec ou sans nous, le monde vivant se reconstruira. »

Très certainement l’ouvrage le plus humain que j’ai lu sur la question. Aucun prêchi-prêcha. Aucun discours moralisateur ou accusateur.