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Dix fois plus d’argent pour les cours de récréation, plaident les fondateurs du Lab-École

Dix fois plus d’argent pour les cours de récréation, plaident les fondateurs du Lab-École
Photo d'archives Stevens Leblanc

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Le financement des cours de récréation devrait être dix fois plus élevé, plaident les fondateurs du Lab-École dans la foulée du lancement d’une publication invitant le réseau scolaire à réinventer ce qui devrait être un véritable milieu de vie pour les élèves.

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«Un enfant qui joue bien est un enfant qui apprend bien», lance Carole Carufel, ex-enseignante d’éducation physique et spécialiste de la cour d’école. 

Cette experte est convaincue des effets bénéfiques de la cour d’école sur l’apprentissage des élèves, d’où l’importance d’aménager des espaces qui répondent à leurs besoins. De la maternelle à la sixième année, un enfant qui fréquente le service de garde aura passé environ 3000 heures dans la cour de récréation. 

Sa vision est partagée par l’équipe du Lab-École, qui vient de lancer le guide Penser la cour de demain. L’objectif: mieux outiller les acteurs du milieu scolaire afin de créer des cours d’école qui répondent aux aspirations des élèves. 

Les fondateurs du Lab-École, le chef cuisinier Ricardo Larrivée, l’architecte Pierre Thibault et l’athlète Pierre Lavoie, réclament toutefois davantage de financement pour que le réseau scolaire puisse y parvenir. 

Un financement «ridicule»

Les sommes disponibles présentement sont «ridicules», lance M. Lavoie. En 2019, Québec a fait passer de 25 000 à 50 000$ le financement par projet accordé pour la rénovation des cours d’école. L’enveloppe globale pour l’année en cours est de 10 millions $, soit trois fois plus qu’il y a cinq ans. 

Or «une bonne cour d’école, ça frôle le demi-million», affirme-t-il. Avec ce montant, il serait possible d’investir dans des aménagements durables qui permettraient de combler 90% des besoins des enfants, précise M. Lavoie. Ces derniers rêvent avant tout d’une cour d’école remplie d’arbres (voir encadré ci-bas). 

Il s’agit d’un montant «raisonnable», ajoute Pierre Thibault, considérant l’impact que peut avoir un tel projet sur les apprentissages des élèves. 

Des cours qui ressemblent à des stationnements

Dans plusieurs cas, les changements à apporter sont majeurs. Les cours d’école issues d’une autre époque – recouvertes d’asphalte et entourées d’une clôture métallique – font partie du quotidien de beaucoup trop d’élèves, souligne l’architecte. 

«On veut que la cour de récréation soit un endroit bienveillant, pas un stationnement», illustre M. Thibault. 

La clé: une variété d’aménagements qui prévoient des espaces de jeu libre, de jeux collectifs, de socialisation ou de jardinage, et ce, peu importe la saison. 

Au cours des dernières années, le gouvernement Legault a investi massivement pour rénover les écoles existantes. Or la cour de récréation étant «l’extension» de l’école, il est maintenant temps de lui donner un second souffle, affirment les fondateurs du Lab-École. 

Le contexte de la pandémie est d’ailleurs propice à ce type d’investissement, puisque les activités extérieures sont plus encouragées que jamais, ajoutent-ils. 

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on affirme que le gouvernement Legault a ajouté «énormément d’argent pour les cours des nouvelles écoles et pour rénover celles existantes». 

«Nous sommes d’accord que l’environnement dans lequel évoluent les enfants est très important. C’est pour ça que nous avons décidé d’investir massivement en éducation et dans nos infrastructures scolaires. Malheureusement nous héritons d’écoles désuètes qui doivent être rénovées. C’est la priorité», a affirmé Jean-François Del Torchio, directeur stratégique du ministre Roberge. 

Ce que les enfants veulent dans leur cour d’école: quatre incontournables         

  • Arbres (51%)     
  • Glissade (46%)     
  • Échelle (43%)     
  • Bancs (40%)         

Source: Consultation réalisée par le Lab-École auprès d’une centaine d’enfants dans le cadre des travaux entourant la publication Penser la cour de demain. 

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