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Il y a du racisme «chaque jour» dans le hockey, affirme Anthony Duclair

La scène de racisme survenue en Ukraine a choqué Anthony Duclair

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Photo d’archives L’attaquant des Panthers de la Floride Anthony Duclair estime qu’il reste encore du travail à faire avant de pouvoir dire que le racisme n’existe plus au hockey.

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La triste scène de racisme survenue dans la Ligue de hockey ukrainienne (UHL) la semaine dernière a frappé l’imaginaire et été dénoncée aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Heureux que le geste du hockeyeur Andriy Deniskin à l’endroit de Jalen Smereck ait choqué autant de gens, Anthony Duclair tient à apporter un bémol : ce genre de situation n’arrive pas seulement en Ukraine.

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L’un des membres fondateurs de l’Alliance pour la diversité dans le hockey (Hockey Diversity Alliance [HDA]), qui vise à assurer l’inclusion dans le hockey, mais aussi l’éducation afin de conscientiser les jeunes sur les questions raciales et de diversité, Duclair a été choqué de voir la sanction imposée à Deniskin. 

L’UHL lui a imposé trois matchs de suspension ainsi que 10 additionnelles qui ne s’appliqueront pas s’il accepte de payer une amende équivalant à environ 2500 $.

« C’est une disgrâce, a mentionné l’attaquant des Panthers de la Floride lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal, lundi. En plus, ils ont congédié le directeur général de la ligue parce qu’il s’est prononcé contre le racisme. Quand je vois ça, je pense à tous les jeunes issus des minorités qui jouent au hockey. Ce type de comportement survient chaque jour. Les gens ont beaucoup réagi parce que la séquence en Ukraine a été captée sur vidéo, mais ça arrive plus souvent qu’on peut l’imaginer, surtout dans le hockey mineur. »

DU TRAVAIL À FAIRE

Duclair a parlé avec Smereck au cours des derniers jours. Les deux athlètes se sont connus dans l’organisation des Coyotes de l’Arizona.

« C’est une personne très respectueuse. Il est très déçu de la suspension. Il est là-bas, en Ukraine, seul et il n’a pas vraiment de soutien. De notre côté, on va le soutenir jusqu’au bout. Je respecte sa décision de ne pas jouer. Il n’y aura peut-être pas de résultats dans l’immédiat, mais j’espère que ça va faire bouger les choses. »

Et parlant de bouger les choses, l’ailier des Panthers reconnaît une certaine progression en Amérique du Nord. Mais on est encore loin de la coupe aux lèvres.

« Ça s’améliore, mais ce n’est pas parfait. À titre d’exemple, la semaine dernière, Matt Dumba et moi avons participé à une rencontre Zoom avec un enfant de 13 ans de l’Ohio qui a fait face à des commentaires racistes au hockey. Ça me touche parce que ça m’est aussi arrivé quand j’étais jeune. Ces jeunes ont l’impression de ne pas être à leur place. Celui à qui on a parlé avait même l’impression d’avoir fait une erreur parce qu’il avait été suspendu après s’être défendu. »

Engagement

C’est d’ailleurs pour cette raison que la HDA a été créée en juin 2020 par neuf joueurs de couleur, actifs ou retraités, dont Duclair, Dumba, Nazem Kadri et Wayne Simmonds.

« Avec mon statut de joueur de la LNH, je sens que j’ai une responsabilité quand j’entends que des gestes comme ça surviennent. Quand tu parles aux jeunes, souvent ils sont intimidés et ne parlent pas beaucoup, mais au moins ça leur lance un message clair. Souvent, les parents nous remercient parce qu’ils voient à quel point ça les touche. Chaque fois que j’ai l’occasion d’aider, je veux le faire parce que ça me rappelle ce que j’ai vécu dans ma jeunesse. »

Fier de son ami Jonathan Drouin  

Jonathan Drouin
Photo d'archives, Martin Chevalier
Jonathan Drouin

Anthony Duclair a patiné avec Jonathan Drouin avant le début de leurs camps d’entraînement respectifs, et son constat est clair : « Il a l’air incroyable. »

L’amitié entre les deux hockeyeurs remonte à leurs années de hockey mineur. Les deux étant issus du programme des Lions du Lac-Saint-Louis, ils ont grandi ensemble jusqu’à ce que leurs chemins se séparent dans la LHJMQ.

Ils continuent toutefois à patiner ensemble lors des saisons estivales.

« On ne pourra jamais remettre en doute son talent et sa vision du jeu. C’est un joueur spécial. Le Canadien aura une bonne équipe cette année et Jonathan va jouer avec de bons joueurs. Je m’attends à ce qu’il produise beaucoup. »

Même s’ils se côtoient moins, ils demeurent de grands amis. Duclair a d’ailleurs fait partie des privilégiés avec qui Drouin a partagé son histoire, avant de le faire sur la place publique il y a quelques semaines.

« J’ai été en contact avec lui lors des séries l’an dernier. De prendre cette pause, ç’a été une bonne décision pour lui afin de revenir avec force. La culture du hockey fait en sorte qu’on nous a enseigné à être tough. Ce que Jonathan a fait démontre que c’est correct de dire que tu vis certaines choses. Même si nous sommes des hockeyeurs professionnels, on a des sentiments. J’espère que ça va inspirer d’autres gens à parler ouvertement de ces choses-là. »

PASSIONNÉ

Duclair est conscient des critiques auxquelles a dû faire face son bon ami au cours des dernières saisons. Selon lui, il y a une chose que personne ne pourra jamais lui reprocher : sa passion pour le hockey.

« C’est un gars qui adore le hockey et jouer pour le Canadien. Je me rappelle quand on jouait ensemble, on parlait juste du jour où on jouerait ensemble à Montréal. C’est une grosse fierté pour un Québécois. »

De son côté, ce ne sera peut-être pas à Montréal, mais Duclair a obtenu une belle marque de confiance des Panthers, qui lui ont consenti un contrat de trois saisons qui lui rapportera 3 M$ annuellement.

Et selon lui, tous les espoirs sont permis en Floride cette saison.

« On a surpris beaucoup de gens en séries contre Tampa Bay l’an dernier. Cet été, on a ajouté quelques pièces importantes. On va essayer d’apprendre de l’expérience de l’an dernier. Chose certaine, c’est l’équipe la plus talentueuse avec qui j’ai joué. »

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