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Un candidat climatosceptique chez Québec 21?

Le parti de Jean-François Gosselin parle «d’un homme très coloré»

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Reprenant des thèses chères à la mouvance climatosceptique, un candidat de Québec 21 juge que l’être humain a peu d’emprise sur le climat, que l’ONU est infiltrée par Greenpeace et que la jeune militante écologiste suédoise, Greta Thunberg, est « instrumentalisée par les gens ».

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Une bonne partie de ces prises de position ont été publiées à la mi-août par Claude Duplessis, candidat de Québec 21 dans Saint-Louis–Sillery, lors d’une discussion sur le réseau social LinkedIn. « Nous faire croire que l’homme contrôle le climat est une utopie. Le GIEC n’est pas un comité d’experts, ce sont des représentants des pays. L’ONU est infiltrée par Greenpeace. La nouvelle religion [environnementaliste] est indigeste et tant mieux s’il fait chaud. On a eu un mois de juin assez ordinaire », a-t-il commenté. 

Interrogé hier par Le Journal, M. Duplessis, qui est ingénieur en géologie, ne s’est pas défilé. Il a tenu à expliquer, point par point, son raisonnement tout en rejetant fermement l’étiquette de climatosceptique. 

« Je suis un climatoréaliste dans le sens où je sais que le climat a changé avec le temps et ce n’est pas l’homme qui l’a fait. Ça s’est fait avec la nature elle-même, a-t-il assuré. Moi, je ne peux pas contrôler la température qu’il va faire à Munich dans un an parce que j’arrête de prendre ma voiture. »

Une nouvelle religion

Croit-il au réchauffement climatique ? « Un peu oui, admet-il du bout des lèvres. Mais pas comme il est décrit par les gens qui font la promotion que c’est la fin du monde parce que le climat change [...] Il y a une petite variation [...] Mais ce n’est pas aussi violent qu’on essaye de nous faire croire ».  

M. Duplessis convient par ailleurs qu’il ne possède pas de preuves du fait que l’ONU se trouve sous le joug de Greenpeace. « J’ai peut-être poussé ça un peu à l’extrême, a-t-il soutenu. Il faudrait vérifier et que quelqu’un se penche là-dessus. »

Dans un autre message publié sur LinkedIn il y a deux ou trois ans, M. Duplessis a comparé la COP21, conférence climatique organisée à Paris en 2015, à une « orgie ». Il a regretté le fait qu’on ait « trouvé une nouvelle religion [environnementaliste] pour continuer à extirper de l’argent à la plèbe ».

Le chef réagit

Appelé à réagir, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, nous a transmis une déclaration. 

« Tous les candidats de Québec 21 auront toujours le droit de s’exprimer et des fois je ne serai pas toujours d’accord à 100 % avec eux. Je comprends que dans ce cas-ci les écrits ont pu dépasser la pensée de Claude. C’est un homme très coloré », a-t-il affirmé.

Lors de la campagne municipale de 2017, M. Gosselin s’était lui-même défini comme « climatosceptique » dans un entretien avec La Presse. Il avait rapidement admis s’être mal exprimé. 

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