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Épreuve uniforme de français: les cégeps veulent une révision en profondeur

Épreuve uniforme de français: les cégeps veulent une révision en profondeur
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Devant des taux de réussite jugés décevants, la Fédération des cégeps réclame un chantier afin de revoir en profondeur l’épreuve uniforme de français. Et toutes les options sont sur la table.  

La Fédération a profité de son passage devant la commission parlementaire sur la réforme de la loi 101 pour faire cette recommandation au gouvernement Legault. 

L’ouverture du régime d’études collégiales dans le cadre du projet de loi 96 et le groupe de travail sur la réussite collégiale créé par Québec forment une occasion favorable pour régler cette doléance de longue date des cégeps. 

«Vous savez, on est le seul ordre d’enseignement qui exige, même s’il y a une réussite de tous les cours du parcours, d’avoir en plus une épreuve qui comporte des éléments qui ne sont pas enseignés au collégial, qui sont enseignés précédemment», souligne le président-directeur général de la Fédération, Bernard Tremblay. 

Le PDG estime qu’une réflexion doit avoir lieu sur «la place» de cet examen dans le parcours scolaire et «ce qu’on cherche à évaluer avec cette épreuve-là versus les enjeux de réussite que ça amène». 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Bernard Tremblay, président directeur-général de la Fédération des Cégeps sur QUB radio : 

Parcours exigeant

Le Journal soulignait récemment que le taux de réussite de l’épreuve uniforme de français au cégep est de 84%. La maîtrise de la langue est le principal écueil auquel se butent les étudiants. 

De plus, le réseau anglophone présente un meilleur taux de réussite que son pendant francophone. «Il y a une différence assez marquée pour que, statistiquement, ça veuille dire quelque chose, dit M. Tremblay. Ça veut dire que les deux épreuves ne doivent pas être nécessairement conçues de la même façon, alors qu’elles devraient, puisqu’elles sont dans le même parcours, être le reflet l’une de l’autre.» 

Bernard Tremblay fait également remarquer qu’un étudiant est déjà «sanctionné» tout au long de son parcours s’il fait des erreurs de français, en perdant des points sur ses travaux ou ses examens. 

«C’est tout ça qu’on souhaite qui soit regardé», dit M. Tremblay. 

Abolir l’épreuve?

Pour le moment, le PDG ne va pas jusqu’à réclamer l’abolition de l’épreuve uniforme de français. «Pas à ce stade-ci, je ne serais pas en mesure de vous dire ça. Je pense vraiment qu’il faut prendre la mesure des forces et des faiblesses de cette épreuve-là», explique-t-il. 

«Peut-être qu’il faut la réviser, peut-être qu’il faut la situer ailleurs, peut-être qu’il faut l’abolir», énumère Bernard Tremblay. 

Mais le PDG se dit conscient de la sensibilité de l’enjeu et de l’impression qui pourrait être donnée de vouloir augmenter le taux de réussite en abaissant les exigences. 

«Ce n’est pas notre objectif, assure-t-il. Notre objectif est de mettre en lumière les enjeux, et ces enjeux devraient être traités par des experts qui nous feront des recommandations. Pas dans un souci de faciliter le parcours, juste dans un souci de s’assurer que le parcours est bien construit et qu’il mène bien au résultat qu’on cherche.» 

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