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Une deuxième personne victime de racisme dans un même dépanneur de Québec

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Yassine Ben Abed, devant le dépanneur de la rue Jules-Verne, où il aurait été victime de propos racistes, samedi. Une famille attikamek y a aussi été injuriée le même jour.

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La police de Québec enquête présentement sur un deuxième cas de propos racistes lancés par la même caissière d’un dépanneur de Québec.

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Une deuxième personne soutient avoir été victime d’insultes racistes, et ce, la même journée où une famille attikamek a été injuriée.

Cette fois, un homme d’origine arabe se serait fait traiter de terroriste.

Vers 21 h samedi soir, Yassine Ben Abed s’est arrêté au dépanneur Proxi, de l’avenue Jules-Verne, pour y acheter des boissons énergisantes. Il indique que la caissière l’a ignoré quand il est entré dans le commerce et qu’elle s’est finalement dirigée à la caisse après de longues minutes.

Elle s’est mise à chuchoter et M. Ben Abed a entendu le mot «terroriste». Il lui a demandé de préciser sa pensée.

«Toi, tu fermes ta gueule, esti de terroriste [...] Va voir ta face, tu ressembles à un terroriste», lui aurait-elle lancé, raconte M. Ben Abed.

L’homme, qui habite à Deschambault-Grondines, s’est défendu. «Je lui ai dit: “Moi, je ne suis pas terroriste, mais toi, tu es raciste”», dit-il, avouant l’avoir envoyée promener en réaction à de telles insultes.

À sa sortie du commerce, l’homme a contacté le 911, mais comme les propos n’étaient pas de nature criminelle, on lui a répondu qu’il n’y avait rien à faire.

Le SPVQ a toutefois confirmé mardi qu’une enquête est en cours afin de déterminer si une infraction criminelle a été commise. 

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Congédiée

Yassine Ben Abed a pris le temps de déposer une plainte à la police de Québec. Tout comme la famille attikamek, il compte aussi s’adresser à la Commission des droits de la personne, qui a d’ailleurs rendu deux décisions récentes en semblable matière (voir plus bas).

L’entreprise Harnois Énergies, qui possède le dépanneur, a confirmé le congédiement de l’employée à l’origine des deux incidents.

«C’est la même personne et elle a été congédiée. C’est inadmissible. Nos employés sont au courant de nos politiques, mais nous allons répéter le message», a reconnu le porte-parole Félix Massé. Selon lui, le propriétaire était même déjà intervenu à l’endroit de la caissière en poste depuis moins d’un an.

Pour l’avocat François-David Bernier, les deux incidents sont assez graves pour faire l’objet de plaintes à la Commission des droits de la personne. Reste à voir par contre si les autorités policières pourront agir.

«Dans le combat contre le racisme, sur les questions de dénigrements, nous ne sommes pas tant équipés. Il n’y a pas grand-chose à faire. Honnêtement, ça n’aide pas la lutte au racisme», fait valoir Me Bernier.

DES INCIDENTS RACISTES PUNIS 

Le Tribunal des droits de la personne a récemment rendu deux décisions en matière de racisme.

24 septembre 2021 : Le Tribunal a ordonné à Véronique Bédard-Lafrance de verser plus de 15 000 $ à une famille musulmane pour dommages moraux et punitifs, à la suite de propos et gestes discriminatoires à son endroit. L’incident est survenu dans un restaurant de Sainte-Foy.

16 juillet 2021 : Le Tribunal a ordonné à Steve Poirier, vice-président de l’entreprise Toitures Poirier & Fils, de verser près de 4000 $ à Daniel Pena, qui est d’origine mexicaine, en dommages moraux et punitifs, à la suite de propos discriminatoires à son endroit. M. Pena était, à ce moment, livreur pour une autre entreprise. Il effectuait une livraison sur le chantier de M. Poirier lors de l’incident.

— Avec Jean-François Racine

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