/news/currentevents
Navigation

La prison à domicile pour un ex-prof abuseur

Il a commis des attouchements sexuels sur une élève

Dominic Morvan
Photo Pierre-Paul Poulin Dominic Morvan au palais de justice de Longueuil, le mois dernier.

Coup d'oeil sur cet article

Un ex-enseignant de mathématiques de la Rive-Sud qui a profité de la vulnérabilité d’une élève pour commettre des attouchements sexuels évite de se retrouver derrière les barreaux, mais devra purger une peine de 12 mois d’incarcération dans la collectivité.

«Peu importe la sentence, ce que j’espérais, c’est qu’il n’ait plus l’occasion d’être en contact avec des jeunes filles», a rapporté la victime de Dominic Morvan, que l’on ne peut nommer sous ordre du Tribunal. 

Au début des années 2000, l'enseignant de l’école secondaire de la Magdeleine, à La Prairie, a eu des comportements de séduction à l’égard de l’élève, qui avait 17 ans, a décrit la juge Magali Lepage, mercredi, au palais de justice de Longueuil.

«Ils se sont embrassés et ont échangé des caresses allant jusqu’à une fellation», a précisé la magistrate.

En mars dernier, l’homme de 44 ans avait plaidé coupable à une accusation d’exploitation sexuelle envers une mineure.

Alors qu’il entamait sa troisième année comme enseignant, Morvan savait que les gestes sexuels qu’il posait sur une élève allaient à l’encontre de l’éthique. S’il en assume aujourd’hui la pleine responsabilité, il ne croyait pas commettre un crime à l’époque, car la victime «consentait», relate-t-on dans le rapport présententiel.

Il abuse d’une attirance

«Il a abusé de l’attirance envers lui d’une jeune femme vulnérable afin d’assouvir ses besoins sexuels, a déploré la juge Lepage en rappelant la position d’autorité qu’il occupait. Il importe toujours aux adultes de s’abstenir [de commettre] des violences sexuelles envers des enfants.»

Difficultés dans ses relations amoureuses, dépression et sentiment de culpabilité: la survivante vit avec les conséquences et elle est encore en processus de guérison près de 20 ans plus tard.

La procureure de la Couronne, Me Mélissa Léonard, s’est abstenue de commenter la sentence, mais elle a tenu à rappeler que la poursuite demandait 24 mois d’emprisonnement dans un pénitencier. 

«À tout le moins, ça lance le message que même si le temps s’est écoulé, il y a une sentence donnée. La juge a également souligné le courage de la victime d’avoir dénoncé», a dit Me Léonard.

La survivante a également raconté au Journal à quel point le processus judiciaire avait été réparateur.

«C’est comme si on me dit que tous les mauvais sentiments que j’ai eus pendant toutes ces années à cause des agressions, j’avais le droit de les ressentir. J’encourage ceux à qui c’est aussi arrivé d’aller de l’avant et d’en parler», a rapporté la femme dans la trentaine.

En plus d’être inscrit au registre des délinquants sexuels, Dominic Morvan ne pourra pas chercher à occuper un emploi ou à faire des activités de bénévolat qui le placeraient en situation d’autorité vis-à-vis des personnes de moins de 16 ans pour les 15 prochaines années.