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Mort de Joyce Echaquan: du racisme tout court

Mort de Joyce Echaquan: du racisme tout court
Photo Agence QMI, Mario Durieux

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Entre une coroner qui parle de la nation québécoise et le premier ministre qui cite Le Petit Robert, je décroche !

J’ai beau croire en mon for intérieur que les Premières Nations sont victimes de racisme systémique au Québec, le débat est devenu tellement stérile, qu’il vaudrait mieux le mettre de côté.

La raison est fort simple : personne ne s’entend sur ce dont on parle. Et la coroner Géhane Kamel n’a certainement pas éclairci le débat dans le cadre de son rapport sur la mort de Joyce Echaquan.

Du racisme tout court

Les faits qu’elle expose sont pourtant limpides. Médecin, résident, infirmières, préposée aux bénéficiaires, ceux qui ont soigné Joyce Echaquan ont été aveuglés par leurs préjugés et leur racisme à certains égards.

Le fonctionnement de l’hôpital laisse certainement entrevoir des processus qui marginalisent les patients des Premières Nations, les mettent à risque. C’est sur CES axes qu’il faut agir. 

En quoi le fait que l’État québécois reconnaisse en général LE racisme systémique à l’égard DES autochtones va-t-il prévenir des drames comme celui de Joyce Echaquan ?

La coroner Géhane Kamel n’y a pas répondu. 

Voyez-vous, elle a décidé que c’était dans son mandat de nous parler de l’avenir de la nation québécoise et de ses communautés. « Il serait triste que son décès fasse en sorte qu’on n’ait rien compris, » a-t-elle expliqué après avoir retenu des sanglots.

Depuis quand les coroners deviennent-ils militants ?

Parlant de mort horrible et injuste, Géhane Kamel a-t-elle livré un plaidoyer aussi politique et chargé à la mémoire d’Hélène Rowley Hotte Duceppe, morte frigorifiée parce que ça coûte trop cher d’avoir des systèmes de surveillance adéquats dans des résidences pour personnes âgées ?

  • Écoutez La rencontre Latraverse-Dumont avec Emmanuelle Latraverse et Mario Dumont sur QUB radio:

Procès d’intention

Finalement, Joyce Echaquan est morte de racisme, morte de préjugés, morte d’un hôpital qui ne se préoccupe pas de soigner ses patients autochtones avec respect.

C’est inacceptable. C’est choquant. Il y a encore trop d’employés et de dirigeants qui ont des approches discriminatoires. Il faut tout faire pour que ça cesse. Voilà comment a répondu François Legault.

Admettre que le racisme est bien présent. Promettre d’agir mieux pour l’enrayer.

Qu’est-ce qu’on peut demander de plus au premier ministre ?

Ah, oui, reconnaître le racisme systémique ! Lequel ?

Celui qu’il invoque très maladroitement en citant Le Petit Robert ? Celui de la Commission des droits de la personne ? Celui de Dominique Anglade ? Ou celui du collectif antiraciste postcolonial de Québec solidaire ?

Quand personne ne s’entend sur la définition, quand le terme « racisme systémique » est trop souvent instrumentalisé par une gauche militante soucieuse de faire le procès de nos sociétés, peut-on vraiment espérer un débat éclairé ?

Car il y a une chose sur laquelle, enfin, tout le monde s’entend : le racisme, il existe encore au Québec. Les Premières Nations en font trop souvent les frais. Il me semble que c’est une base bien plus solide pour réparer les erreurs du passé.