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La vie hors-norme de Georges Schwartz

Il a été un pionnier dans le monde du soccer québécois et dans les médias

Georges Schwartz
Photo Dave Lévesque Georges Schwartz a connu une vie très remplie et a décidé d’en raconter des grands pans dans son autobiographie intitulée Contestataire.

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Le nom de Georges Schwartz n’évoque peut-être rien pour les plus jeunes, mais c’est un pionnier du paysage sportif québécois à plus d’un égard.

Aujourd’hui âgé de 91 ans, il a décidé d’écrire ses mémoires en 2020, un processus qui a mené à la publication de son autobiographie intitulée Contestataire, parue au cours de l’été.

« J’ai vécu tellement d’événements assez exceptionnels que j’ai trouvé que ça valait la peine de la raconter. Il y a beaucoup de livres qui sont publiés dernièrement où les personnes se regardent le nombril. »

Le ton est donné par cet homme vif d’esprit qui n’a jamais eu peur de prendre position, que son opinion soit populaire ou pas. Il n’a jamais craint la controverse.

Vie mouvementée

Le livre, publié à compte d’auteur, se lit comme un roman et est parsemé d’anecdotes passionnantes.

Né en 1929, il a survécu à la Seconde Guerre mondiale, une partie de sa famille n’est jamais revenue d’Auschwitz et c’est à 21 ans qu’il prend le chemin de Montréal où il commence à jouer au soccer presque immédiatement dans la Ligue nationale de soccer du Québec, un circuit essentiellement montréalais.

« Il y avait 1000 à 2000 spectateurs au parc Jeanne-Mance, ils étaient collés sur le terrain. La balle ne pouvait pas sortir et c’était un très mauvais terrain. »

Implication

À l’époque, le soccer est encore un sport marginal et est surtout l’affaire des anglophones, ce qu’il décide de changer.

« Je suis devenu président de la Fédération québécoise de soccer, raconte-t-il. J’ai été le premier président francophone de l’histoire. Le français est entré à la fédération qui était jusque-là 110 % anglophone. »

« Je suis devenu vice-président de l’Association canadienne, responsable de l’équipe nationale et je suis devenu membre d’un comité de la FIFA. J’étais le premier Canadien à le faire. »

Parallèlement à ça, il mène une carrière de joaillier et ouvre une première boutique. Certaines de ses œuvres lui ont valu des prix.

Comme il est un homme de défi, il entreprend une carrière en journalisme, commençant par une chronique sur le soccer dans La Patrie.

Ça le mènera aux portes de Radio-Canada où il fera ses débuts en 1960 et il y restera jusqu’en 1989, passant ensuite au Réseau des sports qui venait d’être lancé.

« J’ai été le premier à parler de foot à la télé, il n’y en avait pas avant. J’ai commencé en noir et blanc, on était au début des années 1960. La télévision avait dix ans et c’était encore assez amateur. »

Georges Schwartz participe à la couverture des Jeux olympiques de 1964, 1976, 1984 et 1988. Il signe aussi une série documentaire consacrée au sport olympique entre 1965 et 1967.

Pionnier 

On peut facilement parler de lui comme un pionnier du journalisme sportif québécois, mais aussi un pionnier dans le monde du soccer.

« Oui, j’ai joué un rôle de pionnier. Ce n’était pas difficile de l’être puisque j’étais tout seul », soutient-il en riant.

« Si j’étais resté en France, je n’aurais pas eu cette carrière. La société française est encore très stratifiée.

« En joaillerie, je n’ai pas fait la carrière que j’aurais faite à Paris, mais en sports j’ai fait une carrière que je n’aurais jamais faite en France. »