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Refus d’ouvrir la loi 101: la CAQ va plus loin que le PQ, dit Jolin-Barrette

Le ministre Simon Jolin-Barrette
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le ministre Simon Jolin-Barrette

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Les délibérations du gouvernement Bouchard montrent que la CAQ agit là où le PQ a tergiversé, estime le ministre responsable de la réforme de la loi 101, Simon Jolin-Barrette. 

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«Contrairement à ce que prétend le Parti québécois, le seul parti qui agit et qui prend conscience de l’importance du déclin du français, c’est le gouvernement de la Coalition avenir Québec», a commenté le ministre dans les corridors de l’Assemblée nationale.  

M. Jolin-Barrette réagissait à un reportage de notre Bureau parlementaire qui démontre que le gouvernement Bouchard a choisi de ne pas ouvrir la Charte de la langue française, en 1996. La ministre de la Culture de l’époque, Louise Beaudoin, estime aujourd’hui que son gouvernement aurait dû aller de l’avant avec une telle mesure.  

«Au moment, en 1996, où le PQ avait la possibilité d’agir, Mme Beaudoin a refusé de le faire, a ajouté Simon Jolin-Barrette. Nous, avec le projet de loi 96, on agit d’une façon paramétrique sur les différents secteurs de la société. La langue française est en déclin, et on a des mesures costaudes pour redresser la barre.»  

L’actuel chef péquiste rappelle plutôt que les troupes caquistes avaient bloqué le projet de loi 14, lorsque le gouvernement Marois était au pouvoir. «On rappellera que la CAQ a saboté les efforts du gouvernement Marois pour bonifier la loi 101: ils jugeaient alors que ça allait trop loin», affirme Paul St-Pierre Plamondon.  

«Il a aussi fallu que le PQ leur mette de la pression pendant deux ans sur l'urgence linguistique pour qu’ils se réveillent, et maintenant ils se contentent de demi-mesures, ajoute-t-il dans une déclaration écrite. Or les démographes et autres experts de la langue française jugent que ce projet de loi est insuffisant pour freiner le déclin.» 

Immigrants : mesure «impraticable» 

Les consultations sur la réforme de la loi 101 se sont conclues jeudi, après avoir entendu une cinquantaine de groupes.  

Parmi les derniers intervenants, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes s’est opposée à la volonté de Québec de s’adresser uniquement en français avec les nouveaux arrivants qui sont ici depuis plus de six mois. 

«Il y a beaucoup de démarches à faire quand on arrive au pays et on s’entend que, souvent, ça prend beaucoup plus que six mois, ces démarches auprès des services publics, notamment quand les personnes ont des statuts non permanents», a commenté son directeur général, Stephan Reichhold.  

Interdire de s’adresser aux nouveaux arrivants en français «risque de couper la communication et l’interaction entre le nouvel arrivant et l’État», dit-il.  

De plus, un tel système relèverait d’un roman de Kafka, tellement il serait «impraticable», déplore M. Reichhold. Même un délai plus long serait difficilement applicable, croit-il.  

«Le préposé à l’accueil dans une institution, il va falloir qu’il épluche les documents d’immigration de la personne pour voir s’il a le droit de lui parler en français ou en anglais ou dans une autre langue», a-t-il illustré. 

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