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Québec annonce la modernisation de la formation en soins infirmiers

Québec annonce la modernisation de la formation en soins infirmiers
PHOTO COURTOISIE / Caporal Genevieve Beaulieu / FORCES ARMÉES CANADIENNES

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La formation collégiale en soins infirmiers va être modernisée afin de mieux répondre aux besoins de cette profession, qui est marquée par une importante pénurie de main-d’œuvre.

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Le ministère de l’Enseignement supérieur se lance dans un vaste chantier afin d’actualiser le programme de Techniques de soins infirmiers et avec l’espoir, à terme, d’attirer plus d’étudiantes et d’étudiants.

La modernisation fait suite aux enjeux mis en lumière par le Groupe de travail national sur les effectifs en soins infirmiers, mis sur pied le printemps dernier par Québec.

«Notre réseau d'enseignement supérieur a un rôle central à jouer pour lutter contre la pénurie de main-d'œuvre que nous vivons dans plusieurs secteurs. Je suis convaincue que la modernisation du programme de formation collégiale en soins infirmiers, combinée à la volonté gouvernementale d'améliorer les conditions et la qualité de vie au travail des employés du domaine, permettra d'attirer et de former toute une nouvelle génération de travailleuses et travailleurs de la santé, en leur fournissant une formation adaptée aux réels besoins du milieu», a dit dans un communiqué la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, vendredi.

Rappelons qu’il y a deux semaines, le gouvernement Legault a indiqué qu’il entend donner des primes allant de 12 000 $ à 18 000 $ aux infirmières pour les attirer et les garder dans le réseau public de la santé. Aussi, du personnel administratif sera embauché dans les prochains mois pour remplir la paperasse qui accapare trop de temps auprès des infirmières.

La profession d’infirmière connait une importante pénurie et la vaccination obligatoire à compter du 15 octobre fait en sorte que des découvertures de services sont attendues dans plusieurs régions du Québec.

À la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), on a expliqué que la révision du programme de Techniques en soins infirmiers permettra de ne pas rendre le baccalauréat obligatoire.

«On est satisfait de constater que la ministre a été réceptive aux demandes de la Fédération de réviser le programme de Techniques en soins infirmiers plutôt que de rendre le baccalauréat obligatoire. Cette révision, qui se faisait attendre depuis une vingtaine d’années dans le réseau, va permettre une meilleure adéquation entre la formation en soins infirmiers et les nouveaux besoins du milieu de la santé, sans toutefois nuire à l’accessibilité à la profession et aggraver la pénurie de main-d’œuvre, comme l’aurait engendré la demande de l’OIIQ», a dit le président de la FECQ, Samuel Vaillancourt.

La Fédération des cégeps se réjouit elle aussi de la modernisation du programme collégial en soins infirmiers, rappelant qu’il est offert depuis plus d’un demi-siècle dans 46 des 48 cégeps de la Belle Province. Entre l'hiver 2011 et l'hiver 2020, 36 721 DEC en soins infirmiers ont été décernés.

«Pour nous, la ministre vient de prendre position dans un débat sur la formation infirmière qui avait trop duré, en réaffirmant la pertinence du programme offert dans le réseau collégial public. [...] Seul le ministère pouvait, comme nous l'avons maintes fois réclamé, revoir en profondeur ce programme d'études. C'est donc une excellente nouvelle, tant pour les jeunes qui choisissent cette profession que pour l'avenir des services offerts à l'ensemble de la population québécoise», a souligné le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

De son côté, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) a salué la modernisation annoncée, mais en se demandant ce «que cache» ce terme.

«Pour le bien de la profession infirmière et de la qualité des services à la population québécoise, la ministre a le devoir de consulter toutes les parties prenantes, à commencer par celles et ceux qui forment les futures infirmières, c'est-à-dire les profs de cégep», a dit Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

La FNEEQ-CSN rappelle que l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) «milite» pour l'abolition du DEC qualifiant en soins infirmiers, ce qui est à ses yeux une «prise de position irresponsable en temps de pénurie inégalée de personnel infirmier».

Enfin, la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ) ont mentionné dans un communiqué conjoint «[accueillir] positivement l'annonce de la modernisation de la formation collégiale en Soins infirmiers, mais exigent sans plus tarder un engagement ferme de la ministre McCann en faveur du maintien du DEC qualifiant».