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Appuyer sur pause avec Salomé Leclerc

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Autrice-compositrice-interprète et femme-orchestre, Salomé Leclerc frappe fort sur ce quatrième album folk rock coréalisé avec Louis-Jean Cormier. 

Salomé Leclerc 

Photo courtoisie

★★★★★

Mille ouvrages mon cœur

En pandémie (ou presque)

Bien que créé au cours des derniers mois, Mille ouvrages mon cœur est davantage un LP de confinement que de pandémie. Pause oblige, l’artiste a foulé ses carnets de notes plutôt que la scène. 

« En attendant », t’sais.

D’où ce LP plus éthéré et lumineux, misant plus sur l’aventure intérieure que le sempiternel constat sur le monde actuel qui accompagne bon nombre d’albums « post-COVID 19 » (un genre musical en devenir ? À suivre).

Anyway, qui ouvre le bal, est si personnel qu’on se croit de trop, tant Salomé Leclerc semble y réciter une lettre destinée à un être cher, voire une page de son journal intime. « Avant de t’écrire que j’allais quand j’allais pas, [...] j’ai pensé crier, mais j’ai pas fait ça » poursuit-elle, dans la même veine, sur Avant les éclats.  

Bref, côté textes, la principale se distingue à nouveau en arrivant à entremêler l’expérience collective des derniers mois au confidentiel, voire au secret. 

Le meilleur des deux mondes

Également à saluer : la cohabitation des mondes créatifs des deux artistes derrière la réalisation. Bien que « la touche Cormier » se fait évidemment entendre, elle s’avère subtile, Leclerc demeurant – au final – les deux mains sur le gouvernail sur ce très, très grand album. 

À titre de référence, les mélomanes appréciant Cormier, bien sûr, mais aussi l’interprétation de Catherine Durand et l’éternel petit nuage de pluie qui accompagne Antoine Corriveau vont adorer. Idem pour celles et ceux qui vibrent en écoutant le rock champ gauche de PJ Harvey, voire Bat For Lashes.

Au risque de me répéter : un très, très grand album.

 

Maude Audet 

Photo courtoisie

★★★

(More) Translations

La chanteuse folk poursuit la traduction de ses propres pièces sur cet album qui – vous l’aurez deviné – est la version « deluxe » de Translations paru plus tôt cette année. L’effet de surprise s’étant évidemment dissipé (on y ajoute que deux nouvelles chansons – Violet Room et Carry Me Again, reprises de Juste un peu de temps et Quatre nuages), le travail d’orfèvre de Mme Audet demeure alors que – pour une raison qui m’échappe encore – ces adaptations dans la langue de Joni Mitchell m’interpellent plus que ses œuvres originales. 

 

Safia Nolin 

Photo courtoisie

★★★★

Mourir au large

À quelques jours de livrer son très attendu LP SEUM (à paraître le 29 octobre), l’autrice-compositrice-interprète propose ce maxi qui rassemble les deux pièces dévoilées à ce jour pour ce LP ainsi qu’une nouvelle déclinaison. Comme les simples précédents, Mourir au large est offerte en penchant folk capté à l’extérieur avec bruits ambiants (version « sunrise ») et rock indie flirtant avec le grunge (facette « sunset ») qui allumera au passage les nostalgiques de Liz Phair et Rilo Kiley, notamment. Vivement l’album, bref !

Tricky Woo 

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Rééditions de Rock and Roll Music Part One, The Enemy is Real et Sometimes I Cry

Miracle ! L’étiquette locale Blow The Fuse sort son grimoire de nécromancie pour exhumer trois albums de Tricky Woo en formats vinyle et numérique. Groupe culte du garage rock montréalais de la fin des années 90, début 2000, Tricky Woo s’est également distingué au Canada (nomination aux Junos), en Angleterre (via une critique élogieuse du magazine NME) et aux États-Unis (en se retrouvant sur les trames sonores de séries comme Dawson’s Creek). Les fans seront conquis. Les mélomanes appréciant The Hives, eux, vont adorer. 

COUP DE ❤  

Los Norte Americanos 

Photo courtoisie

★★ 1/2

– Tijuana Bach (2021 Remaster from the Original Alshire Tapes)

Je profite à nouveau du volet Coup de cœur pour vous proposer un ovni : Tijuana Bach, une réinterprétation « easy listening » (traduction libre : pop orchestrale) de Bach (!) inspirée également de la musique mariachi (!!!). Tout d’abord parue en 1970, l’œuvre – déposée cette semaine sur les plateformes d’écoute en ligne – s’avère délicieusement kitsch et plaira par la bande aux fans des trames sonores de Mark Mothersbaugh pour les films de Wes Anderson.