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Cultiver le plaisir des mots

Sophie Faucher
Photo courtoisie, Andréanne Gauthier

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La comédienne Sophie Faucher a sélectionné une quarantaine de courts récits, adaptés des chroniques qu’elle fait entendre à la radio, dans un livre illustré par son ami Pierre Brassard, La vie, ma muse. Habile conteuse, elle rend hommage à la beauté de la Gaspésie, à l’inspirante Kim Yaroshevskaya, et raconte des anecdotes personnelles loufoques. Mais avant tout, elle cultive le plaisir des mots et présente ses histoires avec humour et émotion.

Sophie Faucher écrit depuis plusieurs années des chroniques qu’elle fait entendre à la radio, notamment à l’émission Parasol et gobelets, animée par Pierre Brassard sur les ondes d’ICI Première. Elle a donc choisi une quarantaine de ces textes pour ce recueil, une quarantaine de morceaux qui font sourire, qui émeuvent, qui sont à la fois personnels et universels. 

Elle y parle de sa passion pour les concombres, d’un Woodstock à sa maison de campagne, de l’arrivée de ses parents français au Québec, de sa fille, du magasinage d’une boule pour attacher la remorque de sa chaloupe, de dégâts d’eau, du départ des enfants. La vie, quoi !

« L’idée m’est venue pendant la pandémie, en faisant du ménage dans mes papiers, en me disant : mon Dieu, j’en ai accumulé plein de textes et de chroniques, depuis le temps, confie Sophie Faucher. Pierre Brassard dessine merveilleusement. Ça a été un bonheur de faire ce livre. On a eu beaucoup de plaisir. »

Elle s’est inspirée des fêtes du calendrier, des moments forts de l’année, de sa famille, de belles rencontres, d’aventures et de mésaventures, dont son mémorable voyage de pêche à la truite avec son amie Linda. « C’est au gré de la vie, au gré de ce qui peut m’inspirer, de ce qui peut me choquer. »

Enfant timide

Sophie Faucher entretient un rapport très fort à l’écriture, depuis longtemps. Elle explique qu’enfant, elle était extrêmement timide. « Je sais que les gens ont de la misère à croire ça... J’ai tenu un journal intime pendant sept ans, tous les jours. C’est pas d’un intérêt énorme, mais c’est quand même drôle : “Bonjour, aujourd’hui il a fait beau...” Je commençais beaucoup avec la météo. » Ensuite, elle a écrit une pièce de théâtre sur la peintre mexicaine Frida Kahlo, La casa azul. Elle a aussi été chroniqueuse, animatrice. « Des chroniques, j’en ai fait. Et ce sont des choses qui sont rédigées. Et donc le rapport à l’écriture, c’est un plaisir. C’est une façon de me défouler sur papier ou alors d’approfondir une idée, ou de me déclarer. »

Elle aime écrire. Et elle a toujours aimé écrire. Depuis quelques années, elle écrit aussi des livres pour enfants. « Il y en a quatre qui sont publiés et il y en a déjà deux autres qui sont en route. C’est quelque chose de parallèle à mon métier de comédienne qui me plaît beaucoup, quand j’ai une bonne histoire qui me trotte dans la tête. »

  • Sophie Faucher est comédienne, auteure, animatrice et chroniqueuse.
  • En 2001, elle a écrit la pièce La casa azul, mise en scène par Robert Lepage et restée à l’affiche pendant deux ans en tournée internationale.
  • Elle a créé le spectacle Frida Kahlo : correspondance et le spectacle Maria Callas.
  • Elle a signé quatre albums pour enfants.
  • Pierre Brassard est humoriste, acteur et animateur et s’est fait connaître dans le groupe Les Bleu Poudre.
  • Il a illustré plusieurs livres pour enfants écrits par sa conjointe, Isha Bottin.

EXTRAIT

<b>La vie, ma muse</b><br />
Sophie Faucher, illustrations­­­ de Pierre Brassard<br/>
Éditions­­­ Édito, 192 pages
Photo courtoisie
La vie, ma muse
Sophie Faucher, illustrations­­­ de Pierre Brassard
Éditions­­­ Édito, 192 pages

« Le lendemain matin, constat des dégâts. Une zone de guerre. Gros petit-déjeuner communautaire. Mon mari, pas vraiment présent aux croissants, a le regard fixé sur son gazon, en train d’imaginer un plan de réhabilitation de son terrain. Les étudiants sont partis assez vite ce dimanche matin. On se demande pourquoi... Mon mari en dépression nerveuse me dit : “Le gazon est ferraille...” Et le voilà parti pour ressemer les zones sinistrées et passer l’aspirateur dans les platebandes pour enlever les touffes de poils de chien. Maniaque, je vous disais.

Il n’y a plus eu de Woodstock à la campagne. Le gazon s’en est remis et est à nouveau im-pec-ca-ble. »