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L’album qui a fait de Marilyn Manson l’ennemi numéro un

Heavy MTL
Photo d’archives

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Seize mois après s’être fait connaître avec une reprise des Eurythmics, Marilyn Manson s’extirpe des beaux et doux rêves suggérés par Annie Lennox pour devenir l’ennemi numéro un en Amérique. Lancé le 8 octobre 1996, le sulfureux opus Antichrist Superstar a 25 ans. Sorti à l’été 1994, Portrait of an American Family, le premier opus de la formation américaine, avait connu un succès d’estime. Le groupe originaire de Fort Lauderdale a ensuite attiré l’attention en se produisant en première partie de Nine Inch Nails.

Au retour de cette tournée, Marilyn Manson entre en studio et enregistre le EP Smells Like Children. Le simple Sweet Dreams (Are Made of This), une reprise des Eurythmics, tourne en boucle sur MTV, Much Music et Musique Plus.

Antichrist Superstar a été enregistré dans des conditions très particulières à La Nouvelle-Orléans. Il y avait beaucoup de drogues consommées et les heures de sommeil étaient rarissimes. L’objectif était de mettre en place un environnement hostile et violent afin de coller à l’ambiance des nouvelles chansons de Marilyn Manson.

Album concept, Antichrist Superstar tourne autour d’un être surnaturel qui prend possession de tout le pouvoir de l’humanité, pour créer un personnage conduit par le ressentiment, la misanthropie et le désespoir et qui utilise son statut pour détruire le monde.

The Beautiful People, le premier simple, lancé quelques semaines avant la parution de l’album, attire l’attention. 

Saccadé, explosif et puissant, le vidéo-clip tourne en boucle. Il obtient trois nominations au gala MTV Video Music Awards de 1997. La pièce a été écoutée 210 millions de fois sur Spotify. L’album, qui connaît un énorme succès, monte jusqu’à la troisième place du palmarès Billboard 200. Sept millions d’exemplaires avaient été vendus, en 2011, à l’échelle planétaire.

Acte délibéré

Le 3 octobre, cinq jours avant le lancement de l’album, Marilyn Manson lance, au State Theater de Kalamazoo, dans l’État du Michigan, sa tournée Dead of the World. Une série de 175 spectacles qui passera par l’Europe, le Japon, l’Océanie et les Amériques.

La folie s’installe. Les organisations religieuses n’aiment pas Marilyn Manson. On le qualifie de sataniste. Elles feront tout en leur pouvoir pour faire obstacle aux spectacles. 

Marilyn Manson arrache et brûle des pages de la Bible. Il provoque à outrance et fait les manchettes des journaux.

Les salles où il se produit reçoivent des appels à la bombe et des manifestations ont lieu avant les spectacles. Ses concerts, selon les détracteurs, impliquent de la bestialité, des viols et de la distribution gratuite de stupéfiants. « C’est ce que je voulais. On n’appelle pas un disque Antichrist Superstar sans s’attendre à ce que des gens te détestent. Je voulais faire quelque chose qui secouerait l’ordre établi. Je voulais, comme mes héros, Salvador Dali et Jim Morrison, secouer le monde. J’étais conscient que des gens allaient prendre ça au premier niveau, que d’autres allaient explorer et aller plus loin et que cette dichotomie créerait le chaos », a-t-il dit, dans une entrevue, publiée en 2017 dans le quotidien The Guardian.

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