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L’État québécois gonfle comme une balloune

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Photo Hugo Duchaine Le gouvernement caquiste veut embaucher 3000 agents administratifs pour délester les infirmières de la paperasse. Donc pour… rédiger des rapports !

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Déjà, avant la pandémie, il devenait évident que la CAQ raterait sa promesse de réduction de la taille de l’État. Mais depuis, le gouvernement québécois a un mot à la bouche : EMBAUCHE. L’État déjà obèse devra ajouter quelques trous à sa ceinture.

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Au sixième jour de la campagne électorale en 2018, François Legault promettait de couper 5000 fonctionnaires en quatre ans. Il paraissait facile de sabrer « la grosse bureaucratie », en éliminant des cols blancs « qui écrivent des rapports ». Il devait y avoir un beau 380 millions $ d’économie.

Pourtant, rien qu’entre 2019 et 2020, le nombre de fonctionnaires des ministères et organismes a gonflé de 3 %, poursuivant une tendance à la hausse. Mais ce n’est rien. Devant le constat de faillite sans nom des CHSLD durant la première vague, François Legault a entrepris de regarnir leurs effectifs de 10 000 nouveaux et nécessaires préposés aux bénéficiaires. Il le fallait, pour redonner un minimum de dignité aux soins apportés à nos aînés sans défense.

Puis, face au constat implacable de dérive dans les hôpitaux, une autre opération est lancée pour réembaucher 4300 infirmières ayant déserté, désabusées et épuisées, au profit du privé ou d’une retraite hâtive. Et en plus, pour que les nouvelles infirmières puissent se consacrer véritablement aux patients, le gouvernement caquiste veut embaucher 3000 agents administratifs pour les délester de la paperasse. Donc pour... rédiger des rapports ! Exactement ce que Legault s’engageait à réduire.

Et en Éducation

Cette semaine, c’est Jean-François Roberge qui promettait des efforts pour l’embauche de professionnels supplémentaires, orthophonistes, psychologues et autres. Il le faut, sinon des parents d’enfants privés de services dans les écoles doivent se tourner vers le privé.

Et, je vous le donne en mille, le ministre de l’Éducation a dit : « On est en train de travailler sur un allégement bureaucratique [...] pour que ce soit encore plus intéressant pour les professionnels de venir travailler dans le réseau public. » Faudra-t-il embaucher aussi des agents administratifs pour les assister ? Le gouvernement n’a pas répondu à notre question.

Les besoins paraissent sans fin. Il faut plus d’enseignants, plus d’éducatrices en garderie. Il n’y a aucun doute.

Toujours plus

Et c’est sans compter les promesses d’embauche de nouveaux inspecteurs dans les résidences pour personnes âgées, pour éviter la maltraitance. D’autres pour appliquer les nouvelles normes en santé et sécurité au travail. C’est un peu comme ça, à chaque nouvelle loi, de nouveaux inspecteurs. Il y a sans cesse de nouveaux besoins. Tout ça a un coût.

En y pensant, il me revient en mémoire l’entrevue que m’avait accordée le chef péquiste Jean-François Lisée avant la débâcle du scrutin de 2018, en fin de campagne, dans son splendide bureau de la tour Ville-Marie.

« Vous savez bien, on ne peut pas baisser vos impôts et vos taxes et donner des services de qualité à vos enfants et vos aînés, vous le savez, au fond », m’avait-il dit, méthodique et impassible, comme un psy qui vous révèle une vérité enfouie dans les tréfonds de la conscience.

Même si la CAQ est arrivée au pouvoir en bénéficiant de coffres remplis, qui lui ont permis de rapidement accorder la baisse de réduction du fardeau fiscal promise, Lisée prédisait que, de l’argent « on va en manquer ». Les électeurs l’ont envoyé aux douches.

Il fallait aussi donner une bouffée d’oxygène aux familles, qui avaient subi une importante hausse de tarifs de garde sous les libéraux, et qui se retrouvaient dans bien des cas pris à la gorge.

Mais les Québécois méritent qu’on leur en donne pour leur argent, quand on leur prend la moitié de leurs revenus en impôts et taxes.

François Legault se dit de la « gauche efficace ». Il faudra dans ses actions qu’il insiste sur le deuxième mot.