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«Mourir peut attendre»... Un James Bond de son temps

«Mourir peut attendre»... Un James Bond de son temps
Photo courtoisie

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Reporté à de multiples reprises en raison de la pandémie, ce 25e James Bond, le dernier de Daniel Craig, le voit affronter un méchant, incarné par Rami Malek, désireux de tuer la population mondiale à l’aide d’armes bactériologiques. Et Bond ne serait pas Bond, du moins dans cette itération, sans la présence de Madeleine Swann, jouée par Léa Seydoux, avec laquelle il vit une histoire d’amour contrariée.

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«Mourir peut attendre», réalisé par Cary Joji Fukunaga, connu pour la série «True Detective» de HBO, a pris le box-office d’assaut depuis sa sortie en Grande-Bretagne la semaine dernière. «Nous avons essayé de présenter les choses d’une nouvelle manière, a ainsi indiqué le cinéaste sur le tapis rouge de la première londonienne. C’est tout ce qu’on attend d’un film de James Bond. Et plus encore.» 

Les femmes au centre

Pour la première fois, les cinq longs métrages dans lesquels Daniel Craig a tenu le rôle de 007 sont reliés ensemble par le scénario. Le «plus», on le trouve dans l’hommage aux anciens James Bond – les lieux de tournage n’ont pas été choisis par hasard –, dans la conclusion de la relation entre l’agent secret et la femme qu’il aime ainsi que dans un scénario plus fouillé qu’à l’habitude et auquel a collaboré Phoebe Waller-Bridge – oui, une femme! – créatrice de la populaire série «Fleabag». 

«J’ai rencontré Barbara, Michael [NDLR: les producteurs] et Daniel devait me contacter après. J’avais lu le scénario, qui était déjà excellent. Lors de la réunion, nous avons parlé de la manière dont le scénario pouvait évoluer, ce qu’ils attendaient. Puis, lorsque j’ai rencontré Daniel avec Barbara, nous avons discuté des avenues qu’il voulait explorer pour Bond, la psychologie du personnage et ce qui était important pour lui dans ces films.» 

«Daniel m’a dit qu’il avait beaucoup aimé ‘Fleabag’ et ‘Killing Eve’ et pour moi, cela a été indicateur du fait qu’il voulait que le scénario soit un peu tordu, mais qu’il contienne aussi des nuances au niveau des personnages», a-t-elle expliqué sur le tapis rouge. 

Daniel Craig lors de la première londonienne de «Mourir peut attendre»
Photo Wenn, Mario Mitsis
Daniel Craig lors de la première londonienne de «Mourir peut attendre»

«Mourir peut attendre» s’ouvre sur le voyage de Bond et Madeleine dans le sud de l’Italie. «Le personnage de Madeleine a beaucoup changé, a indiqué Léa Seydoux, vue dans ‘007 Spectre’, le long métrage précédent. Cette fois-ci, Madeleine est plus accessible, on voit sa vulnérabilité. C’est une nouveauté puisque c’est la première fois qu’on voit un personnage féminin [...] complexe.» 

«Au début du film, il y a une scène d’elle, enfant, avec sa mère. C’est à ce moment qu’on constate qu’elle est comme James Bond, qu’elle est endommagée. On comprend mieux leur relation, ce qu’ils partagent et ce qu’ils ont en commun», a dit la Française de 36 ans. 

Dans ce nouvel opus, James Bond est à la retraite – il se retrouvera face au Safin de Rami Malek en travaillant pour la CIA à la demande de son ami Felix Leiter (Jeffrey Wright) – et son matricule 007 a été donné par M (Ralph Fiennes) à... Nomi, une agente du MI6 jouée par Lashana Lynch. 

«Toutes les femmes qu’on voit dans le film sont un reflet des femmes qui font aujourd’hui partie de la société, indiquait l’actrice sur le plateau de tournage de ce nouveau blockbuster. On voit différents niveaux et différentes facettes de force, qu’il s’agisse de femmes indépendantes, qui ne s’en laissent pas compter, qui doutent d’elles-mêmes, et qui sont des femmes dans le monde du travail. C’est rare de voir des personnages féminins être elles-mêmes, sans qu’elles soient mises en opposition les unes contre les autres.» 

Le Bond d’une génération

«Nous avons entamé le processus il y a cinq ans», a souligné Barbara Brocoli en se remémorant les 18 mois de report en raison de la pandémie de la Covid-19. «Lorsque nous avons su que c’était le dernier James Bond de Daniel, nous avons tout mis sur la table de manière à développer le meilleur film de la série. Le service et le sacrifice personnel sont des éléments clés du Bond de Daniel.» 

L’une des rares productrices à la tête d’une franchise milliardaire, Barbara Brocoli, lors du premier tour de manivelle en Jamaïque, à quelques encablures de la plage sur laquelle Ursula Andress était sortie de l’eau en bikini, avait abordé de front l’épineux sujet du sexisme inhérent du personnage de 007. 

«Le mouvement #MeToo est arrivé au bon moment, il était attendu depuis si longtemps! Cela a eu un impact immense dans le monde et j’en suis ravie. Tout ce que nous faisons doit refléter cela et oui, le film va incorporer cette réalité. La diversité et l’inclusion sont des éléments qui me sont chers, car il est indispensable que nous fassions des films qui reflètent le monde dans lequel nous vivons.» 

En 15 ans, Daniel Craig a su moderniser le personnage des romans de Ian Fleming, créé en 1953 et apparu pour la première fois au grand écran dans «James Bond contre Dr. No» en 1962. 

«Il est le James Bond de ma génération, a commenté Léa Seydoux. La première fois que j’ai vu un James Bond au cinéma, c’était ‘Casino Royale’. J’ai immédiatement trouvé qu’il rendait son personnage plus humain et plus complexe en explorant ses paradoxes, ses défauts et ses imperfections. Je crois que c’est pour cette raison que les spectateurs peuvent s’identifier à lui, parce qu’il est plus humain.» 

Le principal intéressé, acteur de théâtre et révélé au grand écran dans «Lara Croft: Tomb Raider» en 2001, a décidé de ranger définitivement son smoking d’agent secret à 53 ans après 15 ans. 

Plutôt que de s’appesantir sur cette page qui se tourne et la fin d’un rôle iconique, Daniel Craig a préféré, au milieu du strass et des paillettes de la première londonienne, non loin du prince William et de Kate, faire part de son émotion. 

«C’est un immense effort collaboratif. Il n’existe rien d’autre de comparable dans l’industrie du cinéma. Barbara Brocoli est aussi à la tête d’une franchise familiale. Nous faisons tous partie de cette famille, nous prenons soin les uns des autres et c’est ce qui me manquera le plus.» 

«Je suis tellement nerveux à l’idée de le montrer au public! Le film est le résultat de tellement de travail. J’en suis extrêmement fier!», a-t-il répondu à la question de savoir s’il pensait que les cinéphiles adhéreraient à «Mourir peut attendre». 

Je suis soulagé. MGM et Universal ont tenu bon et nous pouvons voir ‘Mourir peut attendre’ sur grand écran. C’est la raison pour laquelle nous faisons des films de James Bond.» 

Et le box-office semble lui donner raison, car en Grande-Bretagne, les ventes de billets sont supérieures à celles de «007 Spectre» et sont comparables à celles de «007 Skyfall»... le James Bond le plus rentable de l’histoire et le seul à avoir dépassé le milliard de recettes en 2012! 

«Mourir peut attendre» est sur les écrans de la province depuis le vendredi 8 octobre.