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12 scientifiques devenus stars: ils réclament un financement stable

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Photo Didier Debusschère Le Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval a inauguré le tout premier laboratoire de niveau de confinement 3 dans la Capitale-­Nationale, en janvier 2020.

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Propulsés à l’avant-scène en vulgarisant la pandémie, les scientifiques espèrent maintenant que leur présence et cette notoriété auront sensibilisé les gouvernements à l’importance du financement de la science.

Pour l’ensemble des experts rencontrés par Le Journal, la pandémie est l’exemple parfait de l’importance d’investir de façon constante dans la recherche, notamment dans tout ce qui touche de près ou de loin la santé.

Les nouvelles vedettes
de la pandémie

«Si le gouvernement ne comprend pas aujourd’hui l’importance d’investir, je ne sais pas ce que ça prendra», martèle l’immunologue Denis Leclerc, qui tente lui-même de faire financer un projet de « fabrique à vaccins provinciale».

Les résultats, eux, sont pourtant là. «Chaque dollar investi en prévention fait sauver au moins 10 $», souligne le Dr Leclerc.

Dr Denis Leclerc
Photo Stevens LeBlanc
Dr Denis Leclerc

Malgré ces résultats, le financement demeure le nerf de la guerre. Les scientifiques dont Le Journal a dressé le portrait ont tous une équipe sans qui l’avancement de leurs travaux serait largement amputé par l’aspect administratif de la chose scientifique.

«Je ne fais à peu près que ça dans mes semaines. On passe l’essentiel de notre temps à remplir des demandes de subventions, à chercher de l’argent», soupire Denis Leclerc. 

Faible taux de réussite

Et les succès sont de plus en plus rares. (voir plus bas)

«La recherche vient avec son lot de stress, principalement au niveau du financement, parce que les sommes sont importantes et le taux de réussite est faible. La moyenne du taux de succès est d’environ 15 % à 18 % des demandes de financement», précise le virologue de l’INRS, Alain Lamarre.

Dr Alain Lamarre
Photo Martin Alarie
Dr Alain Lamarre

Tous prient donc les gouvernements de ne pas tourner la page trop rapidement lorsque la pandémie sera derrière nous. Le bien connu «Je me souviens» du Québec devra prendre tout son sens.

«La santé publique est souvent le parent pauvre, parce qu’on travaille sur le long terme, et que les gouvernements, eux, élus aux quatre ans, ont besoin de résultats rapides», analyse Roxane Borgès Da Silva. «Mais là, on ne pourra pas oublier.»

Roxane Borgès Da Silva
PHOTO AGENCE QMI, MARIO BEAUREGARD
Roxane Borgès Da Silva

Pas seulement pour la COVID

Et attention de ne pas s’intéresser qu’à la saveur du jour. Parce qu’après la COVID-19, un autre événement prendra le devant de la scène et reléguera les autres aux coulisses.

«On l’a vu dans la dernière année, des fonds pour la recherche sur la COVID, oui, il y en avait, mais pour la recherche générale en santé, il n’y a pas eu de hausse et même que des fonds ont été déviés vers la COVID», indique le virologue Alain Lamarre, précisant que pour l’instant, ce n’est pas la recherche en général qui bénéficie de l’attention liée à la pandémie.

«J’ai fait deux interventions aux Communes pour rappeler l’importance de la recherche fondamentale. [...] Il ne faut pas seulement investir dans le truc du moment», insiste le chercheur qui espère voir le Canada se repositionner sur l’échiquier mondial du financement scientifique.

DE RARES RÉUSSITES 

Évolution du taux de réussite des demandes de financement aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)

2000
33 % sur 1260 demandes

2005
27 % sur 3511 demandes

2010
17 % sur 4545 demandes

2015
14 % sur 3575 demandes

2020
16 % sur 2130 demandes

Source : IRSC


► Selon des données de l’OCDE, le Canada est le seul pays du G7 à avoir vu le pourcentage de ses dépenses intérieures brutes en recherche et développement baisser entre 2000 et 2019. 

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