/investigations
Navigation

Qui sera le prochain patron de la Sûreté du Québec?

Notre Bureau d’enquête vous présente la liste des candidats pressentis pour succéder à Martin Prud’homme

Coup d'oeil sur cet article

La course à la direction de la Sûreté du Québec est lancée, pour la première fois depuis 2014, à la suite du départ de Martin Prud’homme en août dernier sur fond de saga judiciaire. Les intéressés ont jusqu’au 18 octobre à 16 h 30 pour se manifester. Au cours des derniers jours, notre Bureau d’enquête a multiplié les conversations avec des acteurs bien informés des milieux policiers et politiques. Nous vous dressons aujourd’hui une liste de certains candidats potentiels, avec les arguments qui pourraient jouer en leur faveur et en leur défaveur.

• À lire aussi: Y a-t-il des volontaires pour diriger la Sûreté?

• À lire aussi: Martin Prud'homme annonce sa retraite de la Sûreté du Québec

André Santerre  

Photo courtoisie

Directeur général adjoint de la SQ, responsable des mesures d’urgence

POUR   

  • Il possède 17 ans d’expérience en gestion des relations de travail à la SQ. À ce titre, il est un habitué des pourparlers avec le syndicat des policiers. Cette expérience sera vue d’un bon œil au ministère.      

CONTRE   

  • Il n’a pas une expérience très variée en matière d’enquêtes d’envergure.      

 

Yves Trudel  

Photo d'archives

Président-directeur général de l’Autorité des marchés publics (AMP)

POUR   

  • L’actuel grand patron de l’organisme qui certifie les entreprises qui souhaitent conclure des marchés avec l’État, âgé de 63 ans, présente un bon curriculum vitae qui comporte des postes de gestion à la SQ, à l’Autorité des marchés financiers et chez Hydro-Québec.      

CONTRE   

  • Il est associé au clan de l’ancien directeur de la SQ Mario Laprise, dont le type de gestion ne faisait pas l’unanimité.   
  • Joint au téléphone, Yves Trudel nous a affirmé catégoriquement n’avoir aucun intérêt pour le poste. Il dit vouloir terminer son mandat de sept ans à l’AMP, qui prend fin en juin 2027.      

 

Jocelyn Latulippe  

Photo d'archives

Directeur, sûreté et contrôle à la Société de transport de Montréal

POUR   

  • Cet ancien militaire a de longs états de service à la SQ. À partir de 2015, il a été chef adjoint à la police du Canadien National (CN).   
  • Il est reconnu pour sa rigueur, un trait de personnalité provenant de ses années dans l’armée.   
  • Selon nos informations, il est très intéressé à retourner à la SQ, à l’âge de 56 ans.      

CONTRE   

  • Il n’est plus à la SQ depuis 6 ans déjà. Aussi, depuis son départ en 2015, il n’est pas resté longtemps dans les divers postes qu’il a occupés, ce qui pourrait jouer en sa défaveur.      

 

Jimmy Potvin  

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Directeur général adjoint au ministère de la Sécurité publique

POUR   

  • Son poste au ministère de la Sécurité publique, où il a été nommé par l’actuel gouvernement, lui donne l’avantage de bien connaître la machine administrative et les rouages du ministère.   
  • Réputé être un bourreau de travail et un bon gestionnaire. C’est lui que la SQ avait désigné pour remettre de l’ordre après le cafouillage de l’A13 lors d’une tempête de neige.      

CONTRE   

  • Il a notamment été directeur des technologies et des acquisitions, et directeur de la division sécurité routière à la SQ. Il a moins d’expérience dans les enquêtes d’envergure que d’autres candidats.   
  • Certains lui reprochent un manque de tact.   
  • Selon nos informations, il a déjà eu des frictions avec l’Association des policiers provinciaux du Québec. Or, l’opinion du syndicat des policiers de la SQ a un certain poids dans le choix final.      

 

Pierre Brochet  

Photo d'archives, Agence QMI

Directeur de la police de Laval et président de l’Association des directeurs de police du Québec

POUR   

  • Selon nos informations, il étudie la possibilité de poser sa candidature, mais apprécie beaucoup son poste actuel et serait réticent à quitter son équipe à Laval. Il est très apprécié de son état-major.   
  • Il a transporté la police de Laval dans une nouvelle ère, tirant définitivement un trait sur l’époque de l’ex-maire corrompu Gilles Vaillancourt.   
  • Il a l’expérience dans les courses à la direction d’un corps de police. Il a tenté sans succès d’obtenir le poste de directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en 2010, avant de décrocher le poste à Laval trois ans plus tard.      

CONTRE   

  • On met en doute ses habiletés de communicateur avec le grand public, mais on lui reconnaît le fait qu’il entretient de très bons liens avec ses policiers.      

 

Robert Pigeon  

Photo Stevens LeBlanc

Directeur de la police de Québec jusqu’en juin dernier

POUR   

  • Il a une riche carrière derrière la cravate, ayant notamment œuvré comme enquêteur spécialisé en matière de crime organisé à la SQ, et directeur des enquêtes de la commission Charbonneau.   
  • Ses relations avec la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault sont très bonnes.      

CONTRE   

  • Il a longtemps été identifié comme ayant des visées sur le poste à la SQ, mais selon nos informations, il n’aurait à ce jour plus d’intérêt pour occuper ces fonctions. Nos sources indiquent qu’il se verrait bien travailler comme sous-ministre sur un éventuel comité de refonte des services policiers au Québec.      

 

Sylvain Brouillette  

Photo courtoisie, SPVM

Directeur Sûreté aéroportuaire aéroport ADM

POUR   

  • Il a occupé d’importantes fonctions de gestion, notamment comme directeur adjoint au SPVM. Selon certaines sources, il pourrait être intéressé par le poste de patron de la SQ.      

CONTRE   

  • Son allégeance de carrière à la police de Montréal pourrait être un frein à sa candidature, car les relations de travail entre les policiers du SPVM et de la SQ n’ont jamais été au beau fixe.      

Frédérick Gaudreau  

Photo d'archives, Agence QMI

Commissaire à la lutte contre la corruption

POUR   

  • C’est le candidat le plus probable. Selon nos sources, l’actuel patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) est très intéressé par le poste.   
  • Il est très respecté par ses employés à l’UPAC et bien en vue au ministère de la Sécurité publique.   
  • Âgé de 46 ans, il est relativement jeune, et on sait que le gouvernement Legault veut un directeur qui se rendra au bout de son mandat de 7 ans.      

CONTRE   

  • Il a moins d’expérience en gestion que d’autres candidats sur cette liste.   
  • Depuis qu’il est à l’UPAC, il n’a pas fait de vagues pour ses coups de filet, mais plutôt pour les enquêtes qu’il a dû fermer et qui avaient débuté sous l’ancienne administration de Robert Lafrenière.   
  • Son mandat de reconstruire le lien de confiance du public envers l’UPAC et de rétablir l’expertise à l’interne n’est pas terminé. Toutefois, cela ne serait pas un problème si l’UPAC devait perdre son statut de corps policier à part entière et être rapatriée dans le giron de la SQ, comme envisagé actuellement au gouvernement du Québec.      

 

Patrick Bélanger  

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Directeur général adjoint à la SQ, responsable de la surveillance du territoire

POUR   

  • Il a gravi les échelons de façon régulière au cours des dernières années et est très respecté dans les milieux policiers.   
  • Ses expériences sont variées : sur le terrain, en matière de gestion de ressources financières et matérielles, ainsi qu’en matière de renseignement et sécurité intérieure.    
  • Un poste de DG serait une suite logique compte tenu de son CV.   
  • Il sonde présentement ses appuis à l’interne et ne cache pas son vif intérêt et ses intentions de déposer sa candidature.      

CONTRE   

  • Sa candidature plutôt traditionnelle pourrait ne pas cadrer avec la volonté de sang neuf exprimée par les partis à l’Assemblée nationale.      

 

Johanne Beausoleil  

Photo courtoisie, Sûreté du Québec

Directrice par intérim de la SQ

POUR   

  • En haut lieu à la SQ et au gouvernement, on considère cette gestionnaire de carrière comme ayant fait ses preuves. Québec pourrait vouloir la garder en poste pour assurer une certaine continuité, elle qui dirige la SQ par intérim depuis 2019.   
  • Le fait qu’elle soit une femme est également un atout. Tous les partis politiques s’entendent pour dire qu’une candidature atypique, par rapport aux hommes qui sont majoritaires dans les milieux policiers, serait la bienvenue.      

CONTRE   

  • Le fait qu’elle soit une civile la désavantage au niveau du respect que peut lui porter sa base policière. Si elle devait hériter du poste de directrice en titre, ce ne serait toutefois pas la première fois qu’un civil est nommé à ces fonctions. Florent Gagné avait été dans une situation similaire de 1998 à 2003.      

 

Fady Dagher  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Directeur de la police de Longueuil

POUR    

  • Il est une candidature atypique en raison de ses origines libanaises.   
  • Ses prises de position sur la nouvelle réalité policière (nécessité de se rapprocher des minorités et des personnes vulnérables, notamment) font l’unanimité.   
  • Il a un CV bien garni : policier au SPVM de 1992 à 2017, dont les trois dernières à titre d’inspecteur-chef, il a une bonne expérience dans la prise en charge des services d’ordre lors d’opérations majeures.      

CONTRE   

  • Il est davantage reconnu comme gestionnaire d’un service de police en milieu urbain. La SQ n’a pas les mêmes défis en raison du profil sociodémographique du territoire qu’elle dessert, sauf dans les communautés autochtones.    

À VOIR AUSSI