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Intoxication aux stupéfiants: «record absolu» de surdoses à Québec

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La capitale est aux prises, depuis le début de l’année, avec un «record absolu» de surdoses de drogues, du jamais-vu, selon le directeur général de Point de repères.

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«Ça fait 30 ans que je n’ai pas vu autant de monde magané dans le centre-ville. Tu te promènes à Québec, ce n’est pas drôle», lance avec découragement Mario Gagnon, à la tête de Point de repères, un organisme communautaire spécialisé en toxicomanie. 

Les données fournies par le CIUSSS de la Capitale-Nationale lui donnent raison : entre les mois de janvier et septembre derniers, pas moins de 404 signalements ont été retenus pour des surdoses non mortelles liées aux stupéfiants, soit en moyenne quelque 45 surdoses par mois.

C’est neuf fois plus que la moyenne observée en 2019, alors que l’on comptait environ cinq surdoses non mortelles par mois sur le territoire de la Capitale-Nationale. Pour l’ensemble de l’année 2019, 59 cas semblables ont été répertoriés.

L’arrivée de la pandémie a concordé avec une hausse importante des données dès le printemps 2020, avec une moyenne de 13 surdoses non mortelles par mois. Au total, 155 signalements ont été notés pour l’ensemble de l’année. Malgré cette augmentation notable, ces statistiques demeurent bien en deçà de celles de 2021.

Le nombre de décès liés aux surdoses, heureusement, se situe légèrement en dessous des moyennes de 2019 et 2020, alors que l’on compte environ trois décès par mois cette année.

Piètre qualité

Ces intoxications sont liées à tous les types de consommation, selon M. Gagnon. «C’est beaucoup des méthamphétamines, de la cocaïne. Des opioïdes, il y en a beaucoup. Mais méthamphétamines et GHB, depuis une couple de mois, c’est intense. C’est malade», déplore-t-il.

Le phénomène s’explique notamment par la piètre qualité des stupéfiants sur le marché. Avec la pandémie, les produits se font plus rares et se vendent à un prix plus élevé. Pour conserver une marge de profit intéressante, les revendeurs n’hésitent pas à couper la drogue avec des produits plus forts, dont le fentanyl. 

«Les gens prennent ce qui se vend. Et ils surconsomment, avance M. Gagnon. Avant, on avait une mauvaise batch, on disait : attention à telle affaire. Maintenant, on a le même discours pour toutes les drogues.»

En petites quantités

Pour éviter les surdoses, Mario Gagnon n’a qu’un message : consommer à petites doses, ne pas consommer seul et avoir de la naloxone à proximité, un antidote qui renverse temporairement les effets d’une surdose aux opioïdes.

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