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Saison 2021-2022 du Canadien: le casse-tête de Marc Bergevin

Saison 2021-2022 du Canadien: le casse-tête de Marc Bergevin
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«Comme équipe, on doit faire face à l’adversité – et j’ai comme l’impression que ça ne nous lâche pas – mais on va s’en sortir.»

C’est ce que Dominique Ducharme a laissé tomber jeudi.

Mais cette fois, l’adversité propose aux joueurs du Canadien et à leur entraîneur-chef un défi si exigeant qu’on doit se demander si les effectifs en place possèdent les ressources nécessaires pour tenir le coup.

La saison dernière, le CH a réalisé l’improbable.

Cette fois, on lui demande, dès le départ, de réaliser l’impensable.

Et l’adversité exige que Ducharme et son groupe compétitionnent au même niveau que les meilleures formations de la section Atlantique. Mais pourront-ils s’affranchir sans leur joueur d’exception?

Celui qui a changé la donne il y a quelques mois, Carey Price, s’absente pour une période d’au moins 30 jours, créant une onde de choc, non seulement à Montréal et au Québec, mais également à travers la Ligue nationale de hockey. Dans le meilleur des scénarios, il sera de retour avant la fin de novembre ou début de décembre (en incluant sa remise en forme).

Que s’est-il donc passé?

Marc Bergevin dit qu’il n’a jamais soupçonné un tel scénario.

Price n’avait laissé paraître aucun indice, bien que cette histoire de grippe ou de virus ne passait pas.

L’absence de Carey Price pour au moins 30 jours représente un défi de taille pour le Canadien.
Photo d'archives, Martin Chevalier
L’absence de Carey Price pour au moins 30 jours représente un défi de taille pour le Canadien.

Maintenant, on essaie de comprendre. Il s’agit d’une décision qui aura d’importantes répercussions. Son épouse, Angela, soutient qu’il s’agit d’un problème de santé mentale. Les dirigeants du Canadien s’abstiennent de tout commentaire sur le sujet.

Mais on reconnaît le courage du gardien. Et avec raison. Il s’en remet à un programme que parrainent la LNH et l’Association des joueurs, un programme créé pour venir en aide aux joueurs éprouvant des difficultés.

Une accumulation?

Les événements des dernières années ont-ils finalement provoqué chez Price une profonde réflexion entraînant le doute?                     

  • Depuis quelques années, il a subi un nombre incalculable de blessures.                     
  • Il a été critiqué en plusieurs occasions parce que ses performances ne justifiaient pas toute la confiance que lui a témoignée l’organisation du Canadien.                     
  • Avant les deux dernières campagnes, lors desquelles le Canadien a obtenu un laissez-passer pour les éliminatoires – non pas en raison des résultats sur la surface de jeu, mais bien à la suite des modifications de la LNH à cause de la COVID-19 –, ça n’allait pas du tout.                       
  • La pandémie a-t-elle laissé des traces ? Comme le disait Ducharme, qui n’a pas été affecté la COVID-19?                     
  • Cet été, après un remarquable parcours pendant les séries, le gardien n’a pu profiter pleinement de ses courtes vacances, subissant une intervention chirurgicale à un genou.                     
  • Cette blessure tarde à guérir. Après chaque entraînement, aux dires de Bergevin, son genou enfle.                     
  • Le fait d’avoir fait chou blanc en finale de la Coupe Stanley, à 34 ans, une opportunité qu’il n’aura peut-être plus l’occasion de revivre, a-t-il laissé des traces?                     
  • Porter le chandail du Canadien demande une incroyable force de caractère. Certains s’y acclimatent rapidement, parvenant à conjuguer les efforts dans un marché qu’on ne retrouve pas ailleurs. Price a toujours réussi à contourner les obstacles, mais il y a parfois des limites.                                          

Qui sait? Sauf qu’il démontre beaucoup de courage.  

«Il est à espérer qu’il reviendra en bonne forme, a soutenu Bergevin. On va l’appuyer, on va l’aider.»

Le marché de Montréal

Évidemment, le dossier Price et l’absence de Jonathan Drouin, la saison dernière, n’aideront peut-être pas le Canadien dans le recrutement de patineurs. Jouer pour Montréal représente un défi de taille. 

Il faut bien le reconnaître.

Quand vient le temps de pressentir un joueur autonome, la question revient souvent à la table des négociations. Plusieurs ont refusé des offres intéressantes parce que Montréal possède une réputation qui fait peur.

Bergevin a pris soin de préciser : «Quand ça va bien, il n’y a pas un meilleur endroit pour poursuivre une carrière. Quand ça ne va pas, c’est bien différent...» 

Pour l’instant, l’important c’est de s’assurer que Carey Price, l’homme, va retrouver la forme.  

Et ne l’oublions pas, il a lui aussi des responsabilités envers sa femme et ses enfants.  

Dans la bonne direction

De plus en plus d’athlètes demandent de l’aide en santé mentale.  

C’est tant mieux.

Personne n’est à l’abri d’un problème de santé mentale et le monde du hockey fait un pas important pour soutenir ses athlètes. 

Jadis, on disait à des joueurs qui éprouvaient des ennuis mentaux qu’il n’y avait rien là, qu’ils n’avaient qu’à prendre quelques calmants et que tout rentrerait dans l’ordre.

Maintenant, les hockeyeurs savent qu’ils peuvent s’en remettre à des spécialistes grâce à un programme de la LNH et de l’Association des joueurs. Ils n’ont plus à se cacher.

Même s’il n’est pas passé par le programme d’aide, Drouin a gagné le respect des joueurs de la Ligue, et une supervedette comme Carey Price va sûrement convaincre certains athlètes qui hésitaient à demander de l’aide à se manifester.

Et ce qui est encore plus fascinant, c’est que ça va au-delà du sport. 

Un défi de taille pour Marc Bergevin                      

Marc Bergevin était émotif, jeudi, lors du point de presse au sujet de la santé de son gardien numéro un.
Photo Martin Chevalier
Marc Bergevin était émotif, jeudi, lors du point de presse au sujet de la santé de son gardien numéro un.

Ainsi donc, il n’y aura aucune mise à jour au sujet du contrat de Marc Bergevin avant la fin de la saison.

C’est plutôt clair.

On ne dit pas s’il y aura des négociations entre Bergevin et Geoff Molson, le propriétaire et président de l’organisation, ce qu’on affirme c’est que ce sera silence radio.

Ne posez pas de questions...

Le Canadien amorcera la prochaine saison avec un directeur général écoulant la dernière année d’une entente de cinq ans. 

«J’aime ce que je fais, a souligné Bergevin. Je fais mon boulot, j’ai le mandat de voir aux opérations quotidiennes de l’équipe. Je prends toujours des décisions dans le but d’améliorer l’organisation, rien ne va changer. Il s’agit de la dernière année de mon contrat et je vais faire mon boulot.»

On ne doutera jamais de la sincérité et de l’honnêteté de Bergevin. 

C’est la raison pour laquelle, même si Molson et son «homme de confiance» demeurent sur leur position, le Canadien sera entre bonnes mains.

Bergevin possède un curriculum vitae qui va lui permettre d’élargir ses horizons, comme il le souhaite. Si ce n’est pas à Montréal, ce sera ailleurs.

Émotif

Entre-temps, on a vu un directeur général qui ne craint pas de laisser voir ses états d’âme. 

Quand on lui a demandé quelle fut sa réaction quand Carey Price, à qui il voue une admiration sans bornes, lui a annoncé qu’il s’absentait, Bergevin s’est retiré dans un silence qui nous a fait voir un DG émotif.

Il y a quelques années, on ne voyait pas un directeur général aussi démonstratif.

Bergevin est un passionné. Il dirige son organisation avec la même fougue qui le caractérisait dans son rôle de joueur dans la LNH.

Il a toujours relevé les défis.

Et on s’attend à ce qu’il sorte un lapin de son chapeau.

Inquiétude

Il compose bien avec la pression. 

«Je suis bien conscient qu’il y a des hauts et des bas. Par contre, je n’ai pas peur de la pression», a-t-il assuré jeudi.

Et ce, même si le début de saison du Tricolore s’annonce pour le moins inquiétant.

La situation est préoccupante maintenant que Bergevin a perdu son joueur d’exception et qu’il s’apprête à compétitionner dans une section Atlantique très bien équilibrée. 

Tout ce qu’il avait planifié pour la prochaine saison, ça ne tient plus pour au moins deux mois. Il devra maintenant revoir son modèle d’affaires.

Avec Joel Edmundson sur la touche, tout comme Mike Hoffman, et surtout Carey Price, ça soulève bien des interrogations. Un bon début de saison est comme une garantie pour une participation aux séries. Un départ raté, ça remet tout en perspective.

Sortir un lapin de chapeau

Bergevin ne pourra pas remplacer Price. Il ne pourra pas trouver un gardien supérieur à Jake Allen pour occuper le poste de gardien numéro un.

Il travaille à l’intérieur d’une masse salariale qui l’invite à la plus grande prudence.

Mais on doit toujours se méfier du directeur général du Canadien. Par le passé, il a pris des décisions étonnantes. Il est constamment en discussion avec ses homologues de la Ligue et, plus que jamais, il cherchera à colmater les brèches.

Cependant, le joueur d’exception ne sera pas sur place pour le début de la saison.

Notre dossier complet sur le CH :

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