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Poussé dans un escalier: enquête sur la mort d’un septuagénaire handicapé

Pierre Bernier, 73 ans, voit encore son frère Jacques (en mortaise) quand il regarde l’escalier où ce dernier a été trouvé ensanglanté, le 11 septembre dernier, à Huberdeau. Il est décédé 22 jours plus tard de ses blessures
Photos Jonathan Tremblay et courtoisie Pierre Bernier, 73 ans, voit encore son frère Jacques (en mortaise) quand il regarde l’escalier où ce dernier a été trouvé ensanglanté, le 11 septembre dernier, à Huberdeau. Il est décédé 22 jours plus tard de ses blessures

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HUBERDEAU | La Sûreté du Québec enquête sur la mort gratuite d’un septuagénaire handicapé qui aurait été poussé en bas d’un escalier en fer forgé durant une altercation avec un jeune homme, le mois dernier.

Plongé dans un coma depuis près d’un mois, Jacques Bernier, 71 ans, est décédé il y a une semaine à l’hôpital de Sainte-Agathe-des-Monts.

Le 11 septembre dernier, le résident d’Huberdeau dans les Laurentides était assis comme à son habitude sur la première marche de l’escalier extérieur de son logement, situé sur la rue Principale.

Celui que plusieurs surnommaient « Gros Jack » était bien connu dans la petite municipalité, puisqu’il y résidait depuis son enfance. L’homme vivait avec un handicap au bras depuis son adolescence. Il était d’ailleurs reconnu pour lancer des remarques aux passants. 

Le jour du drame, il aurait ainsi interpellé deux individus qui venaient de passer plusieurs heures à consommer de l’alcool dans un resto-bar situé à moins de 300 mètres de sa demeure.

Une dispute éclate

La situation aurait dégénéré lorsque, vers 22 h, les hommes seraient revenus chez le septuagénaire et auraient causé un vacarme. Ils seraient montés jusqu’à son balcon et une dispute aurait alors éclaté. Jacques Bernier aurait été rudoyé au moins une fois à l’intérieur de son appartement, a-t-on appris.

L’aîné aurait été poussé et aurait déboulé la quinzaine de marches de son escalier en fer forgé, selon nos informations.

Les deux suspects se seraient alors enfuis, laissant la victime gisant au sol.

Toujours selon plusieurs témoignages, ceux-ci seraient ensuite retournés au resto-bar. 

L’un d’eux se serait même vanté de son « exploit » à des gens sur place.

« On a été appelé à intervenir pour une dispute entre deux personnes. Un homme a fait une chute lors de l’altercation et s’est cogné la tête », confirme Marc Tessier, sergent à la Sûreté du Québec (SQ).

Gravement blessé, Jacques Bernier a été transporté d’urgence à l’hôpital Sacré-Cœur, à Montréal. 

Il a ensuite passé 22 jours à l’agonie avant de décéder. 

En attente

À ce jour, aucune arrestation n’a encore été effectuée dans cette affaire.

« L’enquête a été transférée au département des crimes contre la personne. On attendait l’évolution du dossier. Enquêteurs et procureurs vont maintenant se rencontrer pour analyser le dossier », poursuit le sergent Tessier. 

Une famille choquée par ce geste gratuit  

Des proches de Jacques Bernier sont dégoûtés par le geste crapuleux du suspect qui s’en serait pris à un homme âgé et vulnérable.

« Je le vois encore là », souffle Pierre Bernier, 73 ans, en fixant l’endroit où son frère a été découvert.

Jacques Bernier, un « vieux garçon » passionné de chasse et pêche, passait le temps en buvant du café-Brandy dans les marches de son escalier, et faisait souvent de petites remarques aux passants.

« Mais il n’était pas méchant pour autant. Tout le monde le connaissait ici, sauf ces deux-là », a confié au Journal une résidente de la petite municipalité, en parlant des deux hommes qui se seraient chicanés avec la victime juste avant le drame.

Geste gratuit

« Peu importe ce qu’il a dit, tu t’arrêtes pas à ça. Tu passes tout droit. C’est gratuit, s’en prendre à une personne de cet âge. S’il avait eu ses deux bras [fonctionnels], il aurait peut-être pu se tenir », déplore M. Bernier, en faisant référence au handicap à un bras de son frère.

Jacques Bernier provient d’une famille de 10 enfants, soit 5 garçons et 5 filles. Ils n’en reviennent pas que le premier d’entre eux à décéder soit parti ainsi.

Dernière conversation

« Il venait de m’appeler. Il a oublié ce qu’il voulait me dire. Il a dit à demain et il a raccroché en riant. C’est la dernière chose qu’il m’a dite, se remémore avec difficulté son frère, le décrivant comme un homme sociable et généreux. Il va nous manquer, c’est sûr. »

« Je ressens un dégoût, une rage. Pourquoi ils ont fait ça ? », demande son autre frère, Raymond Bernier, 66 ans.

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