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Transcender les murs de la chambre

5 questions à François St-Amant, réalisateur-coordonnateur et scripte-éditeur d’Entre deux draps

Entre deux draps
Photo courtoisie, Noovo Une scène d’Entre deux draps avec les comédiens Guillaume Girard et Karine Gonthier-Hyndman.

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Alors que la pandémie frappait et nous forçait à la distance, Entre deux draps nous a introduits candidement dans des conversations de chambre à coucher. Créée par l’humoriste Matthieu Pepper, la série est réalisée par François St-Amant (Med, Like-moi, Les magnifiques, LOL) maître dans l’art du sketch. Incursion dans un univers intime qui n’a pourtant rien d’un huis clos et qui nous ressemble totalement à bien des égards.


Quel est le principal défi d’une comédie à sketches ?

C’est de vraiment réussir à raconter une histoire punchée en une minute trente. Tu n’as pas le droit à l’erreur. On a une période de lecture où on ne travaille pas l’interprétation, mais l’efficacité des textes. Tout le monde participe. On n’abandonne jamais un sketch. On le peaufine. Les comédiens se l’approprient. J’aime mieux serrer davantage le texte à cette étape que de tourner trois minutes et de resserrer par la suite au montage. Quand ça rit sur le plateau, c’est bon signe. Avec Matthieu (Pepper – le créateur de la série), on jase après chaque scène, on forme un team. C’est rigoureux, mais les acteurs ont aussi la liberté d’improviser et il arrive souvent qu’on garde ces moments. Karine (Gonthier--Hyndman) qui va chercher un petit chapeau alors qu’elle sort en collant, ce n’était pas prévu. Il n’y a aucun ego. 


Être dans un seul lieu, est-ce parfois contraignant ?

Ce projet-là est arrivé alors que je me disais, après 15 ans, que j’avais fait le tour des émissions à sketches et que je voulais passer à la série. Louis Morissette (qui en est le producteur) m’a dit : « Arrange-toi pour que ça n’ait pas l’air de sketches ». C’était un beau défi. Avec le directeur photo Gontran Chartré, on a travaillé les nuances à l’éclairage pour ne pas avoir l’air d’être en studio. On évite les plans champ contre champ (filmer une même scène sous deux angles opposés). Et j’aime les textes parce qu’on touche autant des sujets plus profonds comme la peur de vieillir ou le consentement que pour ou contre le bidet ou est-ce qu’on peut tous diriger un orchestre. 


Tourner avec de vrais couples, est-ce un avantage ?

En pandémie, ça nous a permis de ne pas avoir à se soucier de la distanciation. Seuls Matthieu et Fayolle (Jean Jr) devaient être à deux mètres. Avec les couples, la chimie était déjà là. Et tous arrivaient tellement préparés parce qu’en vivant ensemble ils pouvaient se pratiquer n’importe quand. Ça nous a permis de découvrir aussi les talents de comédien de Guillaume Girard. On serait peut-être passé à côté d’un bon acteur. Je referais l’expérience n’importe quand. D’ailleurs, pour Pillow Talk (l’adaptation anglophone), on est allé chercher aussi de vrais couples.


L’émission est à heure de grande écoute, mettez-vous des limites ?

Des fois, je nous trouve un peu edgy pour 19 h 30. Mais le diffuseur nous laisse aller loin. On sait qu’il y a des discussions sur le sexe sans jamais être axées sur le sexe. C’est un humour qu’on n’est pas habitué de voir. Le ton est différent. Et les gens s’identifient beaucoup aux personnages, aux dialogues, aux situations. Certains sketches ouvrent des discussions sur le plateau !


Maintenant que les mesures sanitaires sont allégées sur les plateaux, à quoi peut-on s’attendre cette saison ?

C’est certain que pour Thomas (Matthieu), un célibataire endurci qui date des filles, il fallait être créatif ! La vaccination permet plus de rapprochements. On va aussi voir plus souvent ses parents. J’ai eu un gros coup de cœur pour Micheline Bernard et Martin Drainville. Ils ont une douzaine de sketches et j’en aurais pris plus.


► Entre deux draps, les mercredis 19 h 30 sur Noo