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Pas de nouveaux emplois dans le privé depuis 2018

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Le premier ministre du Québec François Legault s’adresse aux journalistes lors d’un point de presse afin de faire l’annonce du retour de Pierre Fitzgibbon comme ministre de l’Économie, le 1er septembre dernier.

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En trois années de pouvoir sous le gouvernement de François Legault, le nombre d’emplois dans le secteur public a bondi de 118 700. Ce qui représente un bond magistral de 13 %.

Cela vient confirmer ce que mon collègue Rémi Nadeau soulignait samedi : « L’État québécois gonfle comme une balloune ». Et par conséquent, le gouvernement caquiste va rater sa promesse de réduction de la taille de l’État.

Selon les données de septembre 2021 (non désaisonnalisées) de Statistique Canada, il y a actuellement au Québec 1 035 000 de Québécois qui travaillent dans le secteur public, soit pour le compte du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral, des municipalités, des sociétés d’État. En septembre 2018, soit juste avant l’arrivée au pouvoir de François Legault, le secteur public au Québec comptait 916 300 employés à sa charge.

Les plus importantes augmentations d’emploi ont eu lieu dans les services de l’enseignement et dans les administrations publiques. Étonnamment, les soins de la santé et de l’assistance sociale enregistrent jusqu’à présent une hausse relativement faible.

Mais, comme on sait, le gouvernement Legault souhaite embaucher massivement dans le secteur de la santé, question de régler le problème de pénurie de main-d’œuvre dans les CHSLD, les hôpitaux, etc.

LE POIDS DU PUBLIC

Dans l’ensemble du marché du travail au Québec, le secteur public compte pour 23,8 % de la main-d’œuvre comparativement à 21,6 % juste avant l’élection du gouvernement Legault.

En Ontario, le secteur public compte aujourd’hui pour seulement 20 % de la totalité des emplois recensés par Statistique Canada. 

Pour vous montrer à quel point le secteur public occupe au Québec une place de plus en plus importante dans notre marché du travail, il faut savoir que cette création de 118 700 emplois dans le secteur public représente finalement la totalité des emplois qui ont été créés depuis septembre 2018.   

  • Écoutez l'entrevue avec Vincent Geloso, professeur adjoint d’économie au King’s University College au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Pierre Fitzgibbon
Photo d’archives, Stevens Leblanc
Pierre Fitzgibbon

PAS FORT... LE PRIVÉ

Depuis son élection en octobre 2018, le gouvernement caquiste de François Legault a réussi jusqu’à présent à créer 117 100 emplois. Cela représente une augmentation de 2,8 % par rapport au nombre d’emplois rapportés en septembre 2018 par Statistique Canada.

Le décompte des emplois créés au Québec en trois ans est le suivant. Le nombre de travailleurs dans le secteur public a augmenté de 118 700. 

Mais dans le secteur privé, il s’est perdu 1600 emplois. En effet, alors que le nombre d’employés dans les entreprises augmentait de 42 900, le nombre de travailleurs autonomes, lui, chutait de 44 500.

PAS DE QUOI PAVOISER

Le gouvernement Legault n’a vraiment pas de quoi se péter les bretelles.

Avec son 2,8 % d’augmentation du nombre d’emplois en trois années, le Québec traîne légèrement de la patte sur l’ensemble du Canada qui affiche une croissance de l’emploi de 2,9 %.

Mais là où le Québec accuse un important retard en matière de création d’emploi au cours des trois dernières années, c’est par rapport à l’Ontario, notre principal compétiteur provincial sur la scène économique.

Depuis septembre 2018, le nombre d’emplois en Ontario a enregistré une hausse de 4,5 %. C’est 1,7 point de pourcentage de plus qu’au Québec. Tout un écart en faveur de l’Ontario, faut-il convenir.

PRIX DE CONSOLATION

En guise de consolation, il faut cependant souligner que le taux de chômage au Québec est nettement plus faible. En septembre, il était de 4,9 % au Québec, comparé à 6,3 % dans l’ensemble du pays et à 7,0 % en Ontario.

Dernier point et non le moindre. Où en est-on rendu avec le rattrapage des emplois qu’on avait momentanément perdus en mars et avril 2020 à cause de la pandémie de la COVID-19 ?

Sur les 825 900 emplois perdus lors de ces deux terribles mois, nous en avons récupéré jusqu’à présent 791 900, soit 96 %.


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CROISSANCE 2018 À 2021