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Pression «insoutenable» sur les centres de désintox

Des intervenants sont partis pour aller aider le réseau de la santé

GEN-APortrait de Martin Lafortune directeur générale de l’Exode
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le directeur général de La Maison L’Exode, Martin Lafortune, a fermé indéfiniment l’un de ses pavillons, faute d’argent et d’intervenants.

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Plusieurs centres de désintoxication ont dû fermer leurs portes depuis le début de la pandémie, incapables d’offrir des salaires compétitifs pour recruter des intervenants.

« C’est insoutenable », affirme Alexandre Ratté, directeur général adjoint de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID). Il confirme que plusieurs ressources ont dû cesser temporairement leurs activités par manque de personnel.

Selon les regroupements consultés, au moins 260 employés sont actuellement manquants dans les ressources d’hébergement en dépendance.

« À l’interne, les équipes sont fatiguées. Pour venir pallier ce manque-là, les intervenants ont la charge double », soutient Amélie Lemieux, présidente de la Coalition des organismes communautaires en dépendance.

Ça allait déjà mal

Déjà fragiles, ces centres ont été frappés de plein fouet par la pandémie. 

Afin de respecter les mesures sanitaires, plusieurs établissements ont dû réduire leur capacité d’accueil d’au moins 40 %, charcutant du même coup le financement auquel ils ont droit.

« Présentement, les organismes survivent artificiellement via les programmes [d’aide] fédéraux », insiste Alexandre Ratté.

D’ailleurs, durant la première vague, le gouvernement avait appelé la population à aller donner un coup de main dans le réseau de la santé, avec un taux horaire supérieur à celui offert par les centres. Cela a compliqué les efforts de recrutement.

Par exemple, à Montréal, un des pavillons de La Maison L’Exode qui accueillait 300 personnes par an n’a pu rouvrir que temporairement après une éclosion, faute de fonds pour séduire des intervenants. 

« Le réseau de la dépendance a toujours été l’enfant pauvre du domaine social », déplore le directeur général Martin Lafortune.

La disparition de ces services ajoute de la pression aux autres organismes qui tentent de tenir le coup, conçoit-il.

Dans certains secteurs, on compte des listes d’attente allant jusqu’à environ un mois pour obtenir des services.

L’ensemble des intervenants consultés par Le Journal admettent qu’il faudra trouver de nouvelles façons de financer les organisations.

Dans Lanaudière, l’organisme Vilavi offre des logements sociaux et possède des unités pour les personnes autistes, en plus d’offrir de l’aide aux personnes souffrant de dépendance. Ce modèle a empêché sa fermeture durant la pandémie, croit son directeur général, Bruno Ferrari.

Il a toutefois fait face à un nombre astronomique de départs dans les deux dernières années. 

« Les conditions sont extrêmement difficiles », reconnaît M. Ferrari.

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