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6 semaines dans le coma: un père de famille miraculé de la COVID-19 doit maintenant traîner de l’oxygène

Un homme a passé 3 mois aux soins intensifs et vit désormais avec des séquelles aux poumons

GEN - RUIZ JOSÉ RICARDO
Photo Martin Alarie Âgé de 57 ans, José Ricardo Ruiz a passé quatre mois à la Cité-de-la-Santé, à Laval, dont trois aux soins intensifs. Il a aujourd’hui un diagnostic de fibrose pulmonaire et doit traîner de l’oxygène en tout temps.

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Se qualifiant de miraculé de la COVID-19 après avoir passé quatre mois à l’hôpital, dont six semaines dans le coma, un père de famille de 57 ans, qui doit désormais traîner une bonbonne d’oxygène en tout temps, rêve encore de rejouer au soccer.

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«Je vais au parc voir mon équipe et j’ai tellement envie de courir après le ballon comme un fou. Je dois rejouer, même si ça prend le temps que ça prend», promet José Ricardo Ruiz. 

Assis dans son sofa, cet adepte de soccer et de la course à pied doit aujourd’hui traîner une bonbonne d’oxygène en tout temps. Atteint de la forme grave de la COVID-19 en février dernier, un de ses poumons a été affecté. 

Essoufflé au moindre effort

Ayant un diagnostic de fibrose pulmonaire depuis, M. Ruiz est essoufflé au moindre effort. La nuit, il est toujours branché à la machine. 

GEN - RUIZ JOSÉ RICARDO
Photo Martin Alarie

«Je dois l’accepter, je n’ai pas le choix. Ça me donnerait quoi? Je suis positif», s’encourage le Lavallois.

Gérant d’une entreprise d’entreposage, le père de famille a été infecté au travail. Après quelques jours, son état a décliné. «Je n’arrivais plus à respirer», se rappelle-t-il.

Transporté en ambulance à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé le 27 février dernier, l’homme ne pensait certainement pas en ressortir quatre mois plus tard, le 23 juin dernier. Intubé, il a passé six semaines dans le coma. «C’était vraiment comme les montagnes russes. On ne savait pas ce qui allait arriver», dit Adriana Ruiz, sa fille, âgée de 30 ans.   

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Photo Martin Alarie

Elle-même infirmière à cet hôpital, elle lui rendait visite tous les jours. «Ils lui donnaient le maximum et il n’y avait pas de changement. Le mois de mars a été vraiment dur», confie-t-elle, les yeux dans l’eau.  

D’ailleurs, M. Ruiz fait partie des 10 patients atteints de la COVID-19 (sur 250) qui ont été soignés le plus longtemps aux soins intensifs de cet hôpital depuis le début de la pandémie. «C’est un miracle d’avoir survécu six semaines dans le coma», croit M. Ruiz, ému en repensant à tout ce qu’il a traversé. 

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Photo Martin Alarie

Au bout de deux mois, il a enfin été extubé. «Il fallait que je m’accepte. Quand on se voit comme ça, on frappe le mur», avoue M. Ruiz, originaire du Salvador. 

Après quatre longs mois à l’hôpital, dont trois aux soins intensifs, l’homme a été transféré dans un centre de réadaptation. Il devait tout réapprendre: marcher, manger, prendre sa douche, etc.

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Photo courtoisie

«La seule chose que je pouvais bouger, c’était ma tête. J’ai tout réappris, comme un enfant», dit celui qui n’a encore jamais fait une marche à l’extérieur depuis l’hospitalisation.  

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La vraie vie

Le 6 août dernier, M. Ruiz est finalement revenu à la maison. Bien que guéri, il garde plusieurs séquelles: toux, fatigue, insomnie, perte d’appétit. À l’hôpital, l’homme avait perdu 55 livres. 

«J’en ai repris seulement 25, ça, c’est le côté positif», rigole-t-il. 

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Photo Martin Alarie

Doublement vacciné contre la COVID-19, M. Ruiz ne comprend pas les gens qui refusent de se protéger. «C’est la vraie vie. Si quelqu’un a des doutes, venez me voir. Je vais vous dire ce que ça fait», dit celui qui n’était jamais allé à l’hôpital de sa vie auparavant.  

Récemment, M. Ruiz a recommencé à travailler à temps partiel. Une étape qui le motive à continuer. 

GEN - RUIZ JOSÉ RICARDO
Photo Martin Alarie

«J’ai la force», assure-t-il.

Médecins et infirmières devenus «des amis»  

Malgré le tableau très sombre, l’équipe des soins intensifs a tout fait pour sauver M. Ruiz, et la patience a été payante. 

«Il a eu besoin de tellement d’oxygène... On se disait: “Comment il va faire pour survivre?” On n’a jamais abandonné et il n’a jamais abandonné», relate le Dr Joseph Dahine, le chef par intérim des soins intensifs à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval. 

«On n’a pas abandonné parce qu’il était jeune, et il n’y a jamais eu d’autre organe qui a lâché. On a appris à être patients», ajoute-t-il. 

En plus de recevoir une panoplie de médicaments, on a placé M. Ruiz sur le ventre, pour qu’il s’oxygène mieux. D’ailleurs, la combativité du patient joue dans le processus de guérison, croit le Dr Dahine.

«Quand on explique aux patients la montagne devant eux, on ne veut pas leur vendre du rêve, dit-il. On veut qu’ils gardent espoir, mais [on ne veut] pas leur vendre de l’espoir», dit-il.

D’ailleurs, le personnel développe une relation très forte avec ces patients, bien qu’ils ne puissent pas parler à cause de l’intubation.

«Ils sont tellement vulnérables, ils ont tellement besoin de nous, ça nous garde humbles et encore plus attentionnés», confie-t-il. 

«Ils étaient tellement gentils, c’était devenu des amis», confie M. Ruiz, qui est retourné les voir cet été, après avoir eu son congé. 

Vidéo du Real Madrid 

En juin dernier, alors que M. Ruiz était déprimé, l’équipe des soins intensifs a réussi à joindre la direction du Real Madrid, en Espagne, le club de foot préféré de M. Ruiz. On lui a fait parvenir une vidéo et un drapeau. 

L’équipe des soins intensifs de l’hôpital a joint la direction du Real Madrid, le club de foot préféré de M. Ruiz, en juin dernier. On lui a fait parvenir un drapeau et une vidéo, ce qui lui a remonté le moral.
Photo courtoisie
L’équipe des soins intensifs de l’hôpital a joint la direction du Real Madrid, le club de foot préféré de M. Ruiz, en juin dernier. On lui a fait parvenir un drapeau et une vidéo, ce qui lui a remonté le moral.

«On a fait aller nos contacts. Il revenait de tellement loin, il y avait tellement de choses pour lesquelles il devait se réjouir, dit le Dr Dahine. C’est une autre façon de les soigner dans leur humanité.» 

«Ça, c’était quelque chose, témoigne M. Ruiz, ému. C’était tout un cadeau de la part des soignants, je n’oublierai jamais ça de ma vie.» 

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