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Gosselin veut un 3e... et un 4e lien entre Québec et Lévis

Gosselin veut un 3e... et un 4e lien entre Québec et Lévis
Photo d'archives Stevens Leblanc

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Le candidat à la mairie de Québec Jean-François Gosselin demande un tunnel pour les bus entre les centres-villes de Québec et de Lévis et un autre lien autoroutier interrives, à l'est. 

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Le chef de Québec 21 a fait cette déclaration inattendue mercredi, en matinée, lors d’une annonce à Val-Bélair. Non seulement demande-t-il au gouvernement Legault d'étudier la construction d'un tunnel uniquement réservé au transport en commun qui relierait les centres-villes de Québec et de Lévis, mais encore souhaite-t-il qu’on se penche en plus sur la construction d'une autre infrastructure autoroutière — pont ou tunnel — qui joindrait la rive nord et la rive sud en passant à l'est du territoire et par l'île d'Orléans.  

«La portion autoroutière, nous on pense que ça devrait aller vers l’est. Et en tant que maire de Québec, ça serait vers ça que je militerais pour travailler avec le gouvernement.»  

Même s’il n’a pas utilisé l’expression «quatrième lien», le chef de Québec 21 a répondu par l’affirmative à plusieurs reprises lorsque les journalistes lui ont demandé si son projet consistait bien à bâtir deux nouvelles infrastructures, soit deux tunnels, soit un tunnel et un pont. 

Protéger le centre-ville 

Il estime que c’est aussi la volonté des citoyens. «Je l'entends énormément sur le terrain, a-t-il affirmé. Les gens nous disent: "On est pour le tunnel Québec-Lévis. On n'est pas certain pour la sortie autoroutière en plein centre-ville de Québec".»  

Il considère que le tunnel est la seule option envisageable pour joindre les deux centres-villes. «Dans l’est, je laisse le ministère des Transports décider si c’est un tunnel ou un pont.»  

Sur les coûts de deux infrastructures majeures et la capacité de payer des Québécois, il avance que deux liens au lieu d’un tunnel «massif» qui laisse passer les bus et les véhicules peuvent constituer une solution moins chère. «Mais encore là, je ne suis pas un ingénieur. On laisse ça au gouvernement de décider. C’est des choix que le gouvernement aura à faire entre un gros tunnel ou des petits tunnels.» Le projet du gouvernement est estimé entre 6 et 10 milliards $.  

Au sujet des citoyens de l’île d’Orléans, qui pourraient être affectés par la construction d’un pont, il affirme: «Je représente les citoyens de la Ville de Québec. Les élus de l’île d’Orléans représenteront leurs citoyens.» 

Plus tard, M. Gosselin a lui-même contacté Le Journal pour tenter de nuancer ses propos. Il a voulu ajouter qu’une autre solution serait de faire dévier le trafic automobile venant du tunnel principal dans un tunnel qui déboucherait dans l’est de la ville.   

Il assure que cette proposition n’est pas faite dans le but de sauver des votes dans son fief de Beauport.   

En mai 2020, M. Gosselin avait dit qu’il était nécessaire de s’interroger sur la pertinence de mégaprojets très dispendieux comme le troisième lien, dans le contexte de la pandémie. Il affirme maintenant que puisque le gouvernement a choisi tout de même d’aller de l’avant, il se range derrière son choix.  

Il «en fume du bon» 

Réagissant à cette sortie, la candidate Jackie Smith a affirmé que «M. Gosselin en fum[ait] du bon». «C'est ridicule, on n’a pas besoin d'un 3e lien, encore moins d'un 4e

Elle estime que son adversaire réagit aux sondages qui lui accordent moins de 20% des intentions de vote.  

«Je pense que c’est un geste électoraliste pour pitcher des idées farfelues et non basées [sur la science] du tout pour essayer de patiner et de plaire à sa base électorale», a soutenu la candidate.   

Le ministre des Transports, François Bonnardel, n’a pas voulu sauter dans le débat et s’est contenté de dire: «Je ne commenterai pas les propositions des candidats à la mairie de Québec. On a proposé un projet qui est plus qu’intéressant avec le REC [Réseau express de la Capitale]. Il reçoit l’aval de plusieurs personnes. On a vu les sondages qui le confirmaient.»  

Rousseau se fait moqueur 

Appelé à réagir mercredi après-midi, en marge d’un point de presse, Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec (DQ), s’est fait moqueur. «C’est une reconnaissance de la vision de Démocratie Québec. M. Gosselin adopte une partie de notre programme. J’ai une excellente influence. Il y a là une évolution dont je me réjouis», a-t-il soutenu en parlant de l’idée de réserver le 3e lien au transport en commun.  

Interrogé quant à un éventuel quatrième lien situé à l’est, M. Rousseau a ajouté que c’était «prématuré» et qu’il n’y avait «aucune étude sérieuse qui en montr[ait] le besoin». 

De façon générale, le chef de DQ juge que M. Gosselin «a un déficit de crédibilité» lorsqu’il est question de transport en commun.  

Marchand s’attaque à Gosselin 

Bruno Marchand, chef de Québec Forte et Fière (QFF), s’est également attaqué à la crédibilité du chef de Québec 21.  

«M. Gosselin veut passer à Infoman. Je pense que c’est ça son objectif, a-t-il raillé. Le gouvernement a un projet qu’il essaye de définir et on est déjà rendu à un lien supplémentaire! Qui va le payer? C’est quoi les coûts? C’est quoi la rigueur?»  

Le chef de QFF a ajouté que «ça décrédibilise l’ensemble du projet que M. Gosselin présente notamment son tunnel». Bruno Marchand pense d’ailleurs que le premier ministre François Legault a dû «s’étouffer avec sa gorgée de café» mercredi matin, en écoutant la proposition de Québec 21.  

Pour le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, ardent défenseur du projet de troisième lien proposé par le gouvernement, l’idée de M. Gosselin vient «mélanger les affaires». «Le scénario à l’est avait été regardé par le gouvernement. [...] Pour nous, le gouvernement avait pris une décision et on est d’accord. À moins que le gouvernement dise: "On trouve ça génial". Mais je ne pense pas que ça va être le cas.»   

– Avec la collaboration de Vincent Larin et de Taïeb Moalla

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