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L’avenir de la démocratie se joue maintenant

L’avenir de la démocratie se joue maintenant
Photo AFP

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La catastrophe politique anticipée par de plus en plus d’analystes semble être en train de se réaliser. Les États-Unis se dirigent vers des majorités républicaines au Sénat et à la Chambre des représentants aux élections mi-mandat de 2022. Avec pour conséquence que Trump ou un de ses avatars reprenne la Maison-Blanche en 2025.

Depuis sa défaite de 2020, Trump n’a eu comme tâche que de délégitimer la présidence de Biden et de tenter des manœuvres pour renverser le gouvernement légitime des États-Unis.

Il y a urgence nationale à agir contre lui. Pourtant on dirait que, jusqu’ici, personne ne semble agir.

Pourquoi Trump n’est-il pas encore inculpé pour les crimes qu’il a commis ? De l’évasion fiscale à la falsification électorale en passant par l’incitation à l’insurrection et des crimes sexuels, Trump est l’objet de dizaines d’enquêtes pénales et civiles. Un exemple. Son avocat, Michael Cohen, est allé en prison il y a trois ans parce qu’il a acheté, à la demande de Trump, le silence d’une prostituée, pardon, d’une star porno. Dans le cas de Trump, l’enquête se poursuit...

Trump peut-il bloquer l’enquête sur le 6 janvier ?

Entre-temps, Trump renforce ses liens avec les forces séditieuses qu’il a déchaînées contre le Capitole.

Steve Bannon, l’ancien stratège de la Maison-Blanche sous Trump, défie une assignation à comparaître émise par le comité du Congrès sur l’insurrection du 6 janvier.

Trump a invoqué le privilège exécutif pour l’empêcher de témoigner même si ce privilège ne couvre pas Bannon : il a quitté l’exécutif bien avant d’avoir discuté avec Trump du rassemblement du 6 janvier.

Les dirigeants du comité d’enquête sur l’insurrection déclarent qu’ils ne permettront à aucun témoin de défier une assignation et vont rapidement demander au Département de la justice (DOJ) de porter plainte pour outrage criminel au Congrès. Le comité, s’il ne veut pas perdre toute crédibilité, doit rapidement agir contre Bannon. Trump va-t-il laisser son proche collaborateur, qu’il a déjà gracié, aller en prison ? Des manifs sont à prévoir. Et il y a les élus républicains qui ont facilité l’insurrection.

Tout se passe comme si Donald Trump était le vrai vainqueur de l’élection qu’il a perdue : il a réussi à convaincre des dizaines de millions de républicains qu’il a gagné. Pendant ce temps, les démocrates, malgré leur contrôle, ténu il est vrai, du Congrès et du Sénat, se disputent sur leur programme : ils ne réussissent pas à le faire adopter, comme s’ils étaient déjà dans l’opposition.

Une coalition GOP-Démocrates contre le trumpisme

Le Renew America Movement, regroupant plus de 150 politiciens conservateurs, anciens gouverneurs, sénateurs, membres du Congrès, appelle les républicains encore lucides à s’allier aux démocrates pour éviter la transformation des États-Unis en une autocratie trumpienne. Le RAM veut, dans un premier temps, s’allier aux démocrates et envisage éventuellement de créer un nouveau parti de centre droit.

Sa stratégie pour les élections de 2022 est de créer une coalition démocrate-républicaine anti-Trump dans les circonscriptions où le candidat pro-Trump pourrait être battu. Deux douzaines de candidats démocrates, indépendants et républicains anti-Trump pourraient ainsi être élus.