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Les éducatrices en garderie ont raison

Preschool teacher with children playing with colorful wooden didactic toys at kindergarten
Photo Adobe stock Pourquoi les éducatrices devraient-elles être moins bien payées qu’une femme de ménage ?

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Il paraît que nos enfants sont la prunelle de nos yeux.

Il paraît que nos enfants sont la fondation sur laquelle nous construisons la société de demain.

Il paraît que l’encadrement qu’ils reçoivent en bas âge est la pierre d’assise de leur capacité d’apprendre, de s’émerveiller, de s’épanouir le reste de leur vie.

Il paraît aussi que les éducatrices en garderie sont des professionnelles.

Si tout cela est vrai, pourquoi sont-elles payées comme des gardiennes de bas étage ?

Le bras de fer qui les oppose au gouvernement dans la négociation de leur prochaine convention collective impose de sérieuses remises en question.

Choix de société

Il semble que nos chiots achetés à grands frais pendant la pandémie et le lustre de nos comptoirs de cuisine valent plus que l’encadrement de nos petits.

Vous trouvez que j’exagère ?

Une éducatrice en CPE gagne 18,98 $ l’heure en entrant dans la profession et peut espérer finir à 25,15 $.

Donc, l’éducatrice qui veille sur nos enfants 8 h par jour, gagne la même chose qu’un commis de bureau ou encore la fille du coin embauchée pour faire marcher toutou le midi. Miracle, en fin de carrière, notre éducatrice aguerrie peut espérer toucher le même salaire que ma femme de ménage.

Vous trouvez ça normal ? 

Certes, le gouvernement Legault promet un certain rattrapage. 

N’empêche, l’éducatrice en début de carrière demeurerait tout de même moins rémunérée que les préposés aux bénéficiaires en CHSLD. Joie, au sommet de l’échelle, elle pourrait espérer se comparer à sa caissière préférée chez Costco !

Bravo ! Au Québec on a vraiment les valeurs à la bonne place.

Pandémie 101

On parle beaucoup du mur que s’apprête à frapper le réseau de la santé avec la tempête parfaite qu’offrent la pénurie de main-d’œuvre et le vaccin obligatoire.

Après 19 mois de pandémie, force est de constater que le problème est bien plus large.

Depuis des années, le Québec s’est fait accroire qu’il pouvait se payer son super État-providence et des baisses d’impôts. Le meilleur, toujours moins cher.

Cent millions pour régler le déséquilibre fiscal avec Ottawa ? Merci ! Octroyons des baisses d’impôts au lieu de financer les services publics.

Des garderies à 8 $, oui ! Surtout lorsqu’il s’agit de mal payer les éducatrices.

Baisses de taxes scolaires ? Bien sûr, pas grave si nos enseignants sont parmi les moins bien payés au pays.

Faut-il se surprendre que soudainement, le système croule sous son propre poids ? 

Après le stress, la surcharge de travail, le masque, les protocoles sanitaires, tant mieux si les infirmières, éducatrices, préposées, enseignants osent revendiquer leur droit au ras-le-bol.

La COVID-19 aura été la goutte qui fait déborder le vase.

À quelque chose, malheur est bon. Osons espérer que la pandémie nous aura appris que des anges gardiens, ceux de nos parents, de nos enfants, de nos malades, ça se paie.