/finance/news
Navigation

Pénurie de main-d'œuvre: seriez-vous prêt à travailler avec un ex-détenu?

Coup d'oeil sur cet article

Seriez-vous prêt à engager un ex-détenu pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre qui touche tout le Québec présentement? C’est le choix qu'Anne-Marie Villeneuve a décidé de faire et elle ne le regrette aucunement.

«Pour nous ça été très bénéfique surtout quand on pense que présentement on vit une pénurie de main-d’œuvre. Ça nous a permis de combler des besoins au niveau du personnel, mais aussi de faire vivre à ces personnes des expériences de travail très enrichissantes. Pour eux, ceci les aide à réintégrer la société parce qu’ils ont le droit à cette chance-là», mentionne Anne-Marie Villeneuve, directrice des ressources humaines du Groupe TAQ Division Alliance.

Pourtant 70% des employeurs réticents à embaucher d’ex-détenus.

«La réticence est motivée par la peur parce que souvent les gens pensent que lorsqu’on a commis un délit dans sa vie, on va commettre des délits tout le temps. Et vous savez au Québec, il y a un homme sur 10 qui a un casier judiciaire. Un casier judiciaire, ça peut être pour une ivresse au volant, ça peut être pour consommation de cannabis quand on avait 19 ans, mais ça va rester toute notre vie. Quand on fait une demande d’emploi, on se fait juste poser la question, est-ce que vous avez un casier judiciaire? Mais c’est quoi que tu as fait», explique Daniel Benson, ancien détenu et conférencier.

Par contre, les sondages montrent que lorsque les employeurs décident d’engager ces employés, ils sont dans la plupart des cas très contents.

«Je voulais aussi mentionner que 89% des employeurs, qui ont engagé des personnes judiciarisées, sont satisfaits de ces embauches-là», mentionne Daniel Benson.

La directrice des ressources humaines du Groupe TAQ Division Alliance souhaite rassurer les autres employeurs qui veulent engager ces hommes et femmes qui pourraient les aider à passer au travers de cette crise de main-d’œuvre.

«On est aussi accompagné quand on embauche une personne judiciarisée, on travaille avec un organisme et des intervenants qui nous aident et qui aident aussi la personne. Pour nous ç’a été très positif», mentionne Anne-Marie Villeneuve.