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Lithion veut vaincre les géants

L’État québécois vient d’injecter deux autres millions dans la jeune entreprise d’ici

Lithion Recycling
Photo courtoisie Benoit Couture, président, et Bruno Bacon, ingénieur-chef de l’usine de Recyclage Lithion, ont pu développer leur expertise avec la firme de génie Seneca Experts-Conseils. L’usine pilote de Recyclage Lithion est située dans l’arrondissement Anjou, à Montréal.

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Une firme québécoise qui a développé un procédé unique gardé secret pour recycler 95 % des batteries de voitures électriques espère battre les gros joueurs asiatiques sur leur propre terrain.

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« Il y a les brevets, mais aussi l’expertise opérationnelle qui est importante et les secrets industriels », explique au Journal Jean-Christophe Lambert, responsable du développement des affaires chez Recyclage Lithion.

« On a créé des boîtes noires où l’on ne donne pas nécessairement accès à tout à ceux qui achètent notre licence », ajoute-t-il.

TVA Nouvelles a appris jeudi que Québec a accordé une subvention de 2 millions de dollars à Recyclage Lithion pour peaufiner les procédés de son usine pilote où l’on réussit à récupérer 95 % d’une batterie au lithium-ion.

« Les Asiatiques sont plus avancés en termes de volume, mais nous, on veut mettre en place de nouvelles usines avec des technos plus propres et plus performantes », a souligné Jean-Christophe Lambert de Recyclage Lithion.

Alors que l’on brûle souvent le lithium en tentant de recycler la batterie, Recyclage Lithion a trouvé comment le préserver pour pouvoir le réutiliser dans une nouvelle batterie.

« On utilise un procédé chimique. On met les matériaux dans une solution et on peut les récupérer les uns après les autres », explique Recyclage Lithion, qui aura sa première usine opérationnelle fin 2022.

Nouvelles obligations

Pour le gouvernement Legault, cette usine de recyclage est stratégique dans la filière batterie et pour appuyer sur l’accélérateur, Québec va obliger d’ici 36 mois tous les constructeurs automobiles à avoir une chaîne de recyclage.

« Ce n’est pas une taxe, on s’entend bien, c’est réellement les producteurs qui auront à mettre en place cette filière-là de récupération pour un véhicule de 40 000 $, on parle probablement d’un frais supplémentaire de 175 $ », a expliqué le ministre de l’Environnement Benoit Charette à TVA Nouvelles.

Aujourd’hui, il y a plus de 117 500 véhicules électriques immatriculés au Québec, on vise 1,5 million (hausse de 30 %) d’ici 2030. En 2027, on estime qu’il faudra traiter plus de 16 000 ensembles de batteries électriques, 73 000 en 2030.  

« On a le nickel, on fait la cathode, l’anode, l’hydroxyde, on fait la cellule, on va jusqu’au bout, on gagne les séries mondiales », a imagé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à TVA Nouvelles.

« Si on se rend jusqu’au bout pour les cellules requises, juste au Canada, Ontario, Québec, on parle de 7 à 10 milliards, c’est un succès incroyable », a-t-il dit. 

Fin septembre, le mastodonte américain GM avait mis en garde le gouvernement Legault de vouloir se mettre à recycler trop rapidement des batteries de véhicules électriques qui sont encore utilisables.

RECYCLAGE LITHION    

  • Siège social-usine : Anjou  
  • Fondation : 2018  
  • Employés : 20  
  • Fonds publics reçus : 6,8 M$  
  • Usine pilote : 10 000 pieds carrés  
  • Usine commerciale : 20 000 pieds carrés    

Source : Recyclage Lithion


L’usine de Recyclage Lithion aura un potentiel de récupération de 7500 tonnes de batteries au lithium-ion, l’équivalent de 20 000 véhicules électriques annuellement.