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«Flips» de son candidat: Denis Coderre s’en remet à l’OACIQ

Le candidat à la mairie conserve dans son équipe Antoine Richard qui a réalisé de profitables flips immobiliers

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Photo Agence QMI, Joël Lemay L’aspirant maire Denis Coderre juge que son candidat à la mairie de Verdun, Antoine Richard (en mortaise), est qualifié pour diriger un arrondissement de Montréal.

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L’aspirant maire de Montréal Denis Coderre s’en remet au chien de garde des courtiers immobiliers du Québec pour juger si son candidat dans l'arondissement de Verdun a usé de pratiques interdites dans le cadre de transactions immobilières.  

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Mercredi, notre Bureau d’enquête révélait qu’Antoine Richard, candidat dans Verdun pour le parti Ensemble Montréal, avait fait deux reventes rapides de propriétés, communément appelées des «flips», en 2019 et en 2020, qui lui ont rapporté 471 000$. 

Dans le cadre de ces transactions, M. Richard a posé deux gestes interdits par les règles qui encadrent sa profession. 

Il a utilisé le site de publication Centris pour vendre sa propriété et il a fait une publicité pour la vente d’une propriété dont il n’était ni le propriétaire ni le courtier. 

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Dans ce second cas, Antoine Richard a lui-même admis en entrevue qu’il n’avait «pas le droit» de faire cette annonce. 

Jeudi, l’ex-maire de Montréal a indiqué qu’il ne voulait pas se «substituer» à l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) pour juger des pratiques de son candidat. 

«Pour toutes les questions autres que vous me poserez là-dessus, je pense que c’est à l’ordre [OACIQ] à travailler en conséquence», a répondu Denis Coderre.

La veille, M. Coderre n’avait pas répondu à nos questions spécifiques sur les pratiques «interdites» de son candidat, concentrant sa déclaration écrite sur les «flips» qui, eux, ne sont pas défendus, mais plutôt non recommandés. 

L’OACIQ n’a pas voulu confirmer si Antoine Richard faisait l’objet d’une enquête de son syndic ou non, «en raison de la confidentialité du processus».

Le comité de discipline du chien de garde des courtiers n’est pas reconnu pour rendre des décisions rapidement. Dans ses plus récents avis de suspension, les fautes commises remontent souvent à quatre ou cinq ans et les enquêtes datent aussi de plusieurs années. 

«De façon transparente»

Questionné à savoir s’il jugeait Antoine Richard qualifié pour diriger un arrondissement, le chef d’Ensemble Montréal a répondu «oui». Celui-ci demeurera donc candidat avec Ensemble Montréal.

«J’ai eu une discussion très sérieuse avec Antoine et je suis satisfait des réponses. Il a divulgué [son intérêt] dans un formulaire. Ça a été fait de manière transparente et à la satisfaction de l’ensemble des partenaires. Je suis correct avec ça», a plaidé M. Coderre.

Rappelons toutefois qu’Antoine Richard a prétendu en entrevue ne pas avoir évalué les propriétés avant de les acheter. Nous avons par la suite obtenu un courriel dans lequel le candidat fournissait une estimation du prix de vente d’une des demeures. 

Aussi, M. Richard a dit en entrevue qu’il avait acheté ce condo «sans financement». Ce qui est faux, puisqu’il a obtenu un prêt hypothécaire de 150 000$ pour la propriété. 

Bien qu’il n’ait jamais été élu, Antoine Richard n’en est pas à ses premiers pas en politique. Il a été directeur de campagne pour le maire sortant de Verdun, Jean-François Parenteau, aux élections de 2017.

Il a aussi aidé à plusieurs campagnes électorales de la députée provinciale de Verdun et ex-ministre du Développement durable, Isabelle Melançon.