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«Les oiseaux ivres», un film sublime

Le choix du Canada aux Oscars, prend l’affiche vendredi

Les oiseaux ivres
Photo courtoisie, Films Opale Jorge Antonio Guerrero et Hélène Florent dans une scène du film Les oiseaux ivres qui prend l’affiche vendredi au Québec.

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Neuf ans après la sortie de Roméo Onze, son très prometteur premier long métrage, le cinéaste Ivan Grbovic effectue un retour en force derrière la caméra avec Les oiseaux ivres, une œuvre sublime à l’univers foisonnant qu’on peut déjà ranger parmi les plus beaux films québécois de l’année. 

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Choisi pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international, Les oiseaux ivres relate le parcours de Willy (Jorge Antonio Guerrero), un ancien chauffeur d’un cartel de drogue mexicain qui tente depuis des années de retrouver son amour perdu, Marlena. Du désert du Mexique à la campagne québécoise, sa quête le fera atterrir sur la ferme d’un couple d’agriculteurs québécois (Claude Legault et Hélène Florent), où il se fera engager comme travailleur saisonnier.

Ivan Grbovic a coécrit le scénario des Oiseaux ivres avec sa conjointe, Sara Mishara, une des meilleures directrices photo au Québec, qui a aussi signé les images du long métrage. Sans surprise, le couple a mis beaucoup d’emphase sur les qualités visuelles de son film, soignant chaque plan et chaque cadrage comme une œuvre d’art. Certaines scènes baignant dans la lumière rougeâtre d’un coucher de soleil sont belles à couper le souffle. 

La poésie est aussi omniprésente dans le film à travers des scènes de réalisme magique magnifiques. On pense notamment à cette séquence onirique splendide qui montre une formule 1 roulant dans les rues désertes de Montréal. 

Récit ambitieux

Tourné en français et en espagnol, Les oiseaux ivres s’attarde notamment à la relation complexe entre les travailleurs saisonniers étrangers et les agriculteurs qui les embauchent pour la saison des récoltes. Mais alors que d’autres cinéastes se seraient efforcés de traiter le sujet avec le plus de réalisme possible, Ivan Grbovic et Sara Mishara ont plutôt utilisé ce contexte comme toile de fond pour construire un récit romanesque et ambitieux, autour de portraits de personnages sensibles et humains. Claude Legault et Hélène Florent livrent d’ailleurs des performances émouvantes sous les traits de ce couple d’agriculteurs qui bat de l’aile. 

Le problème de l’exploitation sexuelle est aussi effleuré dans le film à travers le personnage de la fille du couple d’agriculteurs (Marine Johnson), qui se fait recruter comme escorte pour la fin de semaine du Grand Prix de Montréal. 

Parce qu’il aborde des thèmes universels comme l’immigration et le choc des cultures, Les oiseaux ivres semble être un choix judicieux pour représenter le Canada dans la course aux Oscars. Souhaitons que ce beau film d’Ivan Grbovic réussisse à se frayer un chemin jusqu’à Hollywood...  

  • Les oiseaux ivres ★★★★☆    

Un film d’Ivan Grbovic

Avec Jorge Antonio Guerrero, Claude Legault, Hélène Florent et Marine Johnson. À l’affiche...

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