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COVID-19: «C’était un véritable casse-tête» - Pierre Gervais

Le gérant de l'équipement du CH est bien heureux que la pandémie soit pratiquement derrière nous

GEN - PIERRE GERVAIS
Photo Martin Alarie Gérant de l’équipement chez le Canadien, Pierre Gervais a eu à se laver les mains souvent pendant la pandémie quand il devait aiguiser les lames ou réparer les patins.

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Plus de 21 000 spectateurs. Pour la première fois depuis le 10 mars 2020, le Centre Bell sera rempli au maximum de sa capacité, samedi soir. Il s’agira sensiblement d’un retour à la normale après 19 mois qui auront paru une décennie.

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Il est important d’insister sur le mot « sensiblement » en raison des restrictions sanitaires toujours en vigueur et de l’exigence d’une preuve de double vaccination. N’empêche, ça fera du bien aux partisans aussi bien qu’aux joueurs.

Travaillant pour le Canadien depuis 35 ans, Pierre Gervais, gérant de l’équipement, peut déjà témoigner des bienfaits d’un retour à la routine d’antan. Disons que le protocole de retour au jeu de la LNH ne leur a pas rendu la tâche facile, à ses adjoints et lui.

« La bulle à Toronto a été un choc. Les masques, les gants, la distanciation. Les joueurs étaient dans 3 ou 4 vestiaires différents. Il a fallu tout repenser », a raconté le Trifluvien d’origine à l’auteur de ces lignes il y a quelques jours.

« Entre chaque paire de patins que j’aiguisais, je devais me laver les mains. Même si je portais des gants. C’était très, très contraignant. Dans le feu de l’action, sur le banc des joueurs, ce n’était pas toujours évident », a-t-il poursuivi.

Un camp à l’année

Gervais estime que le fait que les éclosions aient été rares au sein de l’équipe (il n’y a eu que quelques cas isolés) démontre que le protocole a été bien appliqué et qu’il valait la peine d’être suivi. 

N’empêche que, comme il l’a lui-même indiqué au cours de l’entrevue, « c’était un véritable casse-tête. »

« Ça n’a pas augmenté mon nombre d’heures, mais ça a compliqué mon travail. Par exemple, pour la distribution des chandails, la réparation d’équipement ou l’aiguisage de patins. Habituellement, les joueurs sont tous au même endroit. Là, ils étaient éparpillés par groupes de cinq ou six. Il fallait faire le tour des vestiaires. C’était comme si c’était un camp d’entraînement à l’année. »

De plus, l’équipe a dû engager une compagnie qui venait désinfecter et faire le ménage du vestiaire trois fois par semaine. L’équipe avait également loué des machines à ozone et des fusils pour asperger les équipements de produits désinfectants.

« Chaque fois qu’on utilisait cette machine, il fallait fermer le vestiaire pendant deux heures. »

Confiné à l’intérieur

Toutefois, ce qui l’a affecté le plus, ce sont les matchs dans les autres villes ; en particulier la bulle torontoise que la LNH avait mise en place pour les séries éliminatoires de 2020.

« Ça a été un choc. Ça a été tough », a admis Gervais. 

« Je suis un gars d’extérieur, j’aime être dehors. À Toronto, on n’avait rien, à part une terrasse sur le côté de l’hôtel. On a été là un mois. Tu as beau lire et regarder des films, ça vient long. »

Sans être aussi difficiles mentalement, la dernière saison et le dernier parcours éliminatoire furent tout aussi particuliers. Surtout la demi-finale et la finale, où le Canadien disputait des matchs en sol américain.

« On n’avait pas le droit d’aller dehors. C’est bien beau être à Vegas, mais quand tu es pris dans ta chambre... L’aréna était à trois coins de rue, mais il fallait prendre l’autobus quand même », a-t-il raconté.

Plus de 3000 matchs

L’hiver dernier, le Canadien a souligné les 3000 matchs de Gervais en diffusant une vidéo en son honneur sur l’écran géant du Centre Bell.

La journée même, il avait confié au confrère Pierre Houde, de RDS, qu’il ne songeait pas à atteindre le plateau de 3500 matchs.

« Je ne sais pas encore combien de temps il me reste. Je vais prendre une décision bientôt. La COVID, ça n’a pas aidé, mais il n’y a pas que ça. Je m’aperçois que j’ai fait le tour du jardin. Les radis et les carottes, je sais pas mal où ils sont », a-t-il illustré dans un éclat de rire devant le représentant du Journal. 

D’ailleurs, il n’y aura pas de Jeux olympiques pour Pierre Gervais cette année. Après Salt Lake City, Turin, Vancouver et Sotchi, il a décidé de laisser la place à un autre. « Je n’ai plus l’énergie et le cœur pour faire ça. D’ailleurs, les Jeux de Vancouver devaient être mes derniers. Mais Steve Yzerman [directeur général d’Équipe Canada] m’a appelé pour Sotchi. Il n’était pas à l’aise d’aller là avec des plus jeunes, avec des gars qui n’avaient pas l’expérience en Europe », a mentionné Gervais, qui avait également l’expérience de championnats du monde en République tchèque et en Autriche en plus d’avoir accompagné le Canadien en Russie au début des années 1990.

« Cette année, je vais aller dans le Sud à la place. »

Ça risque d’être le plan de plusieurs personnes.

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