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Imposer la vaccination... une étape à la fois

Infirmières
Photo d'archives En date d’aujourd’hui, cela signifie que la Capitale-Nationale, Laval et Lanaudière seraient des régions plus susceptibles de se voir imposer la vaccination obligatoire.

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Il faudrait assurément que tous les employés de la santé soient vaccinés, et le report de l’ultimatum laisse un goût amer. Pour que la menace ne soit pas vaine le 15 novembre aussi, le gouvernement Legault envisage d’enfoncer le clou graduellement en commençant par certaines régions qui risquent moins des bris de services.

François Legault et Christian Dubé y ont songé mardi en soirée. Ils auraient voulu imposer le passeport vaccinal aux travailleurs du réseau et suspendre sans solde les récalcitrants au moins dans certaines régions, dès vendredi comme prévu. Mais trop d’entre elles se seraient retrouvées fragilisées. 

Dans presque chaque secteur du Québec, le retrait de travailleurs non vaccinés constituait une problématique insoluble à court terme. Par exemple, dans la métropole, ce sont les hôpitaux pédiatriques comme Sainte-Justine et l’Hôpital de Montréal pour enfants qui se seraient retrouvés en risque élevé de rupture de services. Leurs salles d’urgence sont déjà bondées en raison des nombreux cas de problèmes respiratoires.

Du côté de la Capitale-Nationale, ce n’était pas les hôpitaux qui inquiétaient, mais les CHSLD.

Possible de s’adapter

« Ça devenait difficile de discriminer des régions, mais plus le temps passe, plus on voit où sont les problèmes et on peut s’adapter », nous dit une source ayant pris part aux discussions, tard en soirée mardi, avant que Christian Dubé décide de capituler pour le moment.

« Si on est capable de combler des trous à certains endroits, là on pourrait avoir une approche régionale », ajoute la même source, selon qui cette option est sérieusement envisagée.

En date d’aujourd’hui, cela signifie que la Capitale-Nationale, Laval et Lanaudière--- seraient des régions plus susceptibles de se voir imposer la vaccination obligatoire. À l’inverse, l’Estrie, l’Abitibi et l’Outaouais sont considérés comme « très fragiles ».

Les employés d’une région qui sont suspendus ne pourraient pas se rendre dans un autre secteur pour continuer de travailler impunément puisque les ordres professionnels retireront leur droit de pratique.

Pendant ce temps, les renforts s’ajoutent lentement. L’opération séduction au moyen de primes a permis d’ajouter jusqu’ici 1756 infirmières à temps plein dans le réseau tellement sur le fer qu’il est pris en otage par 4 % d’irréductibles non vaccinés.

Le cul-de-sac

Dans l’état-major du gouvernement, on pense qu’inévitablement, beaucoup d’entêtés finiront par céder à contrecœur.

Parce qu’ils subiront non seulement l’impact financier d’une éventuelle suspension sans solde et du non-versement de la prime versée aux employés à temps plein, mais aussi l’impact d’un cocktail d’autres restrictions.

Ils ne pourront plus aller au restaurant ni au cinéma ni dans les salles de spectacles, et encore moins voyager au-delà de la frontière ou prendre l’avion.

Une autre option pourrait être d’accepter à compter du 15 novembre les employés qui ont reçu au moins une dose de vaccin, et de barrer la route uniquement à ceux qui ont tout refusé.

Il faudrait que la situation évolue significativement, parce qu’en date de mardi dernier, le noyau de purs et durs sans aucune dose s’élevait à 14 000 personnes dans le réseau.

La volte-face de Christian Dubé donne la nausée. Et celui à qui nous étions prêts à attribuer le titre d’homme de l’année après le succès de la campagne de vaccination en juin semble plier sous le poids d’un système plombé par le manque d’effectifs. 

Mais plier n’est pas casser. Il a jugé que son plus grand test de crédibilité n’était pas sur la date du 15 octobre, mais plutôt sur le changement de culture qu’il tente d’imposer dans un réseau devenu dépendant du temps supplémentaire obligatoire.

Tout de même, espérons que pour la prochaine manche, le 15 novembre, ses menaces n’aient pas l’air de paroles en l’air. 

En vrac  

Le PQ n’avait pas tort...

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Capture d'écran, TVA Nouvelles

Le 6 octobre, le PQ demandait de repousser la menace de suspension des employés non vaccinés parce qu’il craignait les bris des services en santé. « Le remède pourrait être pire que le mal », disait Joël Arseneau, qui a été attaqué durement par François Legault pour ces propos. Or, Christian Dubé a été forcé d’admettre--- que le risque était trop grand et a reculé. 

Le masque de la semaine

Infirmières
Capture d'écran, TVA Nouvelles

Aux côtés du ministre de la Santé, de passage dans son fief d’Abitibi vendredi, le ministre de la Forêt, Pierre Dufour, a affiché ses couleurs dans le respect des consignes sanitaires, arborant un masque... d’orignaux !