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Intrigue auprès d’un détenu

Quebec
Photo Stevens LeBlanc L'écrivain Richard Ste-Marie

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Pour la cinquième enquête du sergent-détective Francis Pagliaro, Stigmates, l’écrivain Richard Ste-Marie propose une incursion dans le dur univers carcéral. L’enquêteur vedette y rencontre un détenu suicidaire qui lui remet un étrange dessin. L’écrivain à succès présente une enquête enlevante, mais aussi une exploration de la nature humaine dans tout ce qu’elle a de plus déconcertant. 

Dans le roman, Richard Ste-Marie trace le parcours de Gaétan Rivard, un ancien pharmacien détenu à la prison de Donnacona. Très près de la date de sa libération, il vient de tenter de se suicider. Puisque Pagliaro le connaît bien, le ministère de la Sécurité publique lui demande d’enquêter pour voir ce qui a pu le pousser à commettre ce geste. 

Pagliaro ouvre le dossier à nouveau, replongeant dans les meurtres de Florence Lussier et de son fils, Jérémie, commis 21 ans plus tôt. À l’époque, l’aveu de culpabilité de Rivard avait facilité le travail des policiers. Mais l’affaire n’est peut-être pas aussi simple.

<strong><em>Stigmates</em><br>Richard Ste-Marie</strong><br>Éditions Alire<br>360 pages<br>En librairie le 16 septembre
Photo courtoisie
Stigmates
Richard Ste-Marie

Éditions Alire
360 pages
En librairie le 16 septembre

Partir d’un fait réel

Richard Ste-Marie, 75 ans, explique en entrevue que ce roman est parti d’un fait réel. « Le policier qui rend visite à un gars en prison, c’est vrai. C’est vrai, ça m’a été raconté par mon frère, qui était procureur de la Couronne. Ça fait longtemps – une cinquantaine d’années. Un psychiatre avait demandé à un policier de rendre visite à un gars qui s’automutilait, en prison, comme pour se punir. Ce bonhomme était en prison pour un crime, mais ne voulait pas avouer un autre crime atroce. Le psychiatre prétendait que s’il finissait par l’avouer, il arrêterait de s’automutiler. »

L’écrivain s’est servi de cette histoire comme amorce. Il explique avoir eu des informations supplémentaires en discutant avec une spécialiste en dermatologie, dont certains patients étaient détenus. 

« Il y a beaucoup de maladies de peau en prison, à cause du stress. En préparant mon livre, j’ai beaucoup lu sur l’automutilation et en prison, le pourcentage est plus grand. » Il a recueilli des informations lui permettant d’étoffer son intrigue.

L’écrivain raconte avoir fait une visite dans une prison, dans le cadre d’une émission de radio. « J’ai pas beaucoup aimé ça. C’était pas vraiment drôle. Malgré les sourires, on voit la détresse, on voit la douleur. Ce sont des criminels, mais ils souffrent. Des fois, ça transparaît dans leur santé. »

Richard Ste-Marie a construit son intrigue à partir de là. « Je travaille sans plan, c’est assez improvisé. Quand j’étais musicien, j’étais plus un improvisateur qu’un exécutant. L’écriture m’a pris presque trois ans – j’avais commencé en mars 2018. »

Il note qu’un thème récurrent revient – comme dans tous ses livres. « Il n’y a pas pire prison que celle qu’on se fait soi-même. Dans deux de mes autres livres, c’est aussi le thème sous-jacent. C’est le leitmotiv qui est en dessous de mon histoire de crime. » 


  • Richard Ste-Marie a pris sa retraite de l’enseignement en 2000, après une carrière de 30 ans à l’École des arts visuels de l’Université Laval.
  • Ses œuvres ont été présentées dans plus de 70 expositions personnelles et collectives au Canada et à l’étranger.
  • Il est aussi musicien et il a été animateur à CKRL de 2002 à 2010.
  • Son roman L’inaveu a été finaliste 2012 du Prix Saint-Pacôme du roman policier.