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Le droit des réfugiés: dépassé et trop généreux

Le droit des réfugiés: dépassé et trop généreux
Photo AFP

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La Pologne a décidé de ne plus recevoir de réfugiés sur son territoire et de construire un mur pour les empêcher d’entrer. Une douzaine de pays membres de l’Union européenne demande de l’aide financière de cette dernière pour construire des murs autour de leurs frontières.

Des défenseurs des réfugiés s’indignent de l’illégalité de tels gestes. Et pourtant, l’Europe est en train de se transformer en forteresse. Derrière ces actions se cachent des problèmes que plusieurs feignent de ne pas voir. D’une part, le droit des réfugiés est fondé sur une vision idéaliste et chrétienne du monde qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. D’autre part, le blocage des frontières européennes marque l’échec des politiques de décolonisation. Cet échec met en danger l’Europe elle-même.

1. D’où vient le droit des réfugiés ? 

À l’origine, le droit des réfugiés est fondé sur les traumatismes subis pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier chez les Juifs, mais aussi chez d’autres populations déplacées de force en Europe. La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que toute personne a le droit de quitter n’importe quel pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. En cas de persécution, toute personne peut revendiquer le droit d’asile dans un autre pays. Ces principes ont servi de fondement à la Convention relative au Statut des réfugiés signée à Genève en 1951. Cette convention visait au départ les réfugiés victimes d’événements politiques d’avant 1951. Cette restriction tombera en 1967.

2. Pourquoi le droit des réfugiés a-t-il été élargi ? 

L’élargissement du droit des réfugiés s’est fait à un moment où les économies occidentales étaient en pleine gloire. De plus, une certaine culpabilité face à la colonisation incitait les anciens pays colonisateurs à se montrer généreux face au reste du monde. Ainsi un droit qui était très limité au départ est-il devenu universel.

3. Quels sont les problèmes du nouveau droit des réfugiés ? 

Les problèmes sont apparus après les crises du pétrole des années 1970. Les pays occidentaux se sont retrouvés avec d’importants surplus de main-d’œuvre. D’autre part, le droit des réfugiés a été élargi à un moment où les religions avaient beaucoup moins d’importance qu’à présent et où les moyens de communication étaient faibles. À cette époque, l’assimilation des immigrants et des réfugiés était donc plus facile et plus rapide. Cette assimilation deviendra plus difficile et plus lente dans les années subséquentes.

4. En quoi l’échec des politiques des réfugiés marque-t-il l’échec de la décolonisation ? 

Les anciennes colonies sont devenues indépendantes il y a plus de 60 ans. Malheureusement, la plupart des pays décolonisés ont été ravagés par la corruption et par l’incompétence de leurs élites. Même si les vieilles puissances sont responsables d’une partie des problèmes rencontrés par les anciennes colonies, les flux migratoires de réfugiés sont aussi et pour beaucoup le résultat de politiques internes ineptes. La décolonisation a produit des États médiocres incapables de s’occuper adéquatement de leur propre population.

5. Faut-il réformer le droit des réfugiés ? 

Certains juristes naïfs s’étonnent que plusieurs pays violent le droit des réfugiés. Ils oublient que le droit international est fondé sur des rapports de force et que ceux-ci ont changé. Ignorer la nouvelle faiblesse relative des pays occidentaux mène à de graves problèmes. Le droit des réfugiés doit être modifié et se montrer moins généreux, ne serait-ce que pour endiguer les attentes irréalistes des populations migrantes.