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Le pari audacieux de Daniel Bélanger

Daniel Bélanger
Photo d'archives Le chanteur Daniel Bélanger en juillet 1992

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Après le succès de l’album Quatre saisons dans le désordre, Daniel Bélanger a choisi de s’éloigner des textures rock pour embrasser des sonorités électros. Un pari audacieux à l’origine d’un classique de la musique québécoise.  

Réussite sur toute la ligne, l’opus Rêver mieux, qui fête ses 20 ans, a remporté cinq Félix, dont ceux d’album de l’année dans la catégorie pop-rock, de meilleur vendeur et d’interprète masculin. 

Daniel Bélanger avoue qu’il était moins inspiré par le rock lorsqu’il a entrepris le processus de création de son troisième album solo. Le rock et le grunge qu’il écoutait ont été remplacés par du trip-hop.

« Il y avait, à l’époque, toute une mouvance de musique électronique qui m’attirait beaucoup », a-t-il fait remarquer, lors d’un entretien téléphonique.

L’auteur-compositeur et interprète raconte que son intérêt pour la musique électronique remonte au début des années 1980. 

« Ces sonorités m’intriguaient. J’aurais aimé les explorer, mais je n’avais pas les moyens, à ce moment, de m’acheter tout ce que ça prenait pour faire de la musique électronique », a-t-il confié.

Vingt ans plus tard, après deux albums qui ont été des succès, les choses avaient changé. Il avait les moyens et les ressources autour de lui pour plonger dans cet univers.

Daniel Bélanger avait la conviction qu’il pouvait concilier les sonorités électros avec ses racines folk.

La pochette de l'album <em>Rêver mieux</em> de Daniel Bélanger.
Photo courtoisie
La pochette de l'album Rêver mieux de Daniel Bélanger.

En studio

La présence d’éléments acoustiques sur l’album Exciter de Depeche Mode, lancé au printemps 2001, attire son attention. 

« Il y avait une drive de fou et je sentais que je pouvais concilier ça avec mes origines et mes racines. J’avais l’impression que je pouvais m’inscrire dans cette mouvance avec ma propre histoire. Le défi était de voir si je pouvais m’inscrire à travers la qualité de trip-hop que j’entendais où que j’étais pour être une espèce de sous-produit », dit-il.

Les Te quitter, Fous n’importe où, Dans un spoutnik, Une femme, un homme, un train et une gare, Intouchable et immortel, Rêver mieux, avec des paroles écrites dans des gares et des aéroports et les longs passages instrumentaux présents sur l’album, ont séduit les amateurs de musique. 

Les nouvelles sonorités de Daniel Bélanger auraient pu être brutales et fatales pour les fans de la première heure. La présence de guitares acoustiques a permis cette transition.

« Ce n’était pas vraiment épeurant. C’était dans la continuité de ce que je faisais et qui n’était pas, encore, établi aux yeux de tous. Mes racines étaient toujours là comme une espèce de gouvernail. »

En studio, le temps ne comptait pas. Daniel Bélanger, les musiciens et le réalisateur Carl Bastien pouvaient prendre tout leur temps.

« Nous étions créatifs. On essayait toutes sortes d’affaires. À un moment donné, on a pris un congé de quelques mois pour se décoller le nez de la vitrine. Nous sommes ensuite retournés en studio et tout a débloqué. C’est comme si on avait trouvé la signature et le cadre de l’album. Les pièces du casse-tête se sont rapidement mises en place », a-t-il relaté.

Créativité

Interrogé sur l’importance de cet opus dans sa discographie, Daniel Bélanger qualifie Rêver mieux d’essentiel. L’auteur, compositeur et interprète a plusieurs pièces préférées sur cet album.

« C’est quelque chose qui fluctue au fil des années. J’aime beaucoup Une chanson pour moi et je trouve que j’ai eu de bonnes idées pour Chante encore. J’aime bien cette pièce parce que j’ai échantillonné Toulouse. Ça me rend d’autant plus fier. Ça m’a donné l’occasion de chanter avec Judi Richards. Pour Air pur, je me demande comment j’ai réussi à composer ça », a-t-il indiqué.

Daniel Bélanger précise que le réalisateur Carl Bastien a compris ce qu’il voulait faire avec cet opus. 

« Il a pris mon intuition et il l’a réalisée. Il a pris de plus en plus sa place et il y est allé à fond. Tout le monde était à la même place et tout le monde avait de bonnes idées. Il y avait beaucoup de créativité », a-t-il évoqué.