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«La contemplation du mystère»: une chasse mystique

La contemplation du mystère
Photo courtoisie, Fun Films Emmanuel Schwartz incarne un jeune homme angoissé et anxieux dans La contemplation du mystère.

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Que ce soit pour le théâtre ou pour le cinéma, Emmanuel Schwartz a toujours été attiré par des personnages complexes qui lui permettent d’explorer les zones d’ombre de l’âme humaine. Le rôle qu’il joue dans le drame psychologique La contemplation du mystère ne fait pas exception. « C’est un genre d’Hercule métrosexuel, un héros tragique urbain », détaille l’acteur de 39 ans.

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Ce personnage intrigant autour duquel est construit le premier long métrage du réalisateur Albéric Aurtenèche, c’est Éloi, un jeune homme angoissé qui doit se rendre dans le patelin de son père pour assister à une étrange cérémonie organisée en hommage à ce dernier par les chasseurs du coin. 

En tentant d’en savoir plus sur l’accident de chasse qui a provoqué la mort de son père un an plus tôt, Éloi découvrira un univers mystique peuplé de personnages louches, dont une jeune femme passionnée de chasse (Sarah-Jeanne Labrosse) et un mystérieux chasseur surnommé l’Indien (Reda Guerinik)...

Même s’il était déjà familiarisé avec le travail d’Albéric Aurtenèche pour avoir déjà collaboré avec lui dans le court métrage Sigismond sans images, il y a quelques années, Emmanuel Schwartz dit avoir été séduit par l’audace et l’originalité du scénario de La contemplation du mystère

« Quand quelqu’un te propose un scénario, tu espères toujours secrètement que ce sera quelque chose qui est singulier comme ça », confie l’acteur en entrevue au Journal

« Il y a dans La contemplation du mystère une sorte de “réalisme magique”, pour emprunter un terme à la mode. C’était vraiment un terrain de jeu intéressant. »

Le réalisateur Albéric Aurtenèche donne des directives à Emmanuel Schwartz sur le plateau de tournage de La contemplation du mystère.
Photo courtoisie, Fun Films
Le réalisateur Albéric Aurtenèche donne des directives à Emmanuel Schwartz sur le plateau de tournage de La contemplation du mystère.

Éclater les normes

Se disant « tanné de voir toujours les mêmes films » sortir au cinéma, Albéric Aurtenèche a pris plaisir à faire éclater les normes en tentant d’amener le spectateur dans un univers inattendu, à la frontière du fantastique. 

« J’essaie de faire des films que j’aimerais voir et qui m’attireraient en tant que spectateur, glisse-t-il. Mais je veux aussi faire un cinéma qui essaie des choses. Je ne veux pas m’asseoir sur des formes déjà convenues parce que ça m’ennuie. Mais essayer des choses, ça veut aussi dire possiblement se planter. Je suis très content du résultat, mais j’ai hâte de voir comment le film sera perçu par les spectateurs. »

À la base, Albéric Aurtenèche n’avait aucun intérêt pour la chasse. C’est en entendant parler, il y a plusieurs années, d’un ami de sa famille qui participait à des messes organisées par l’ordre des chevaliers de Saint-Hubert que sa curiosité a été piquée. 

« Mon rapport à la chasse provient de cette gang-là qui célèbre un rapport à la chasse qui est avant tout mystique », explique le réalisateur montréalais d’origine française.

« Cet univers me permettait d’aborder la question du rapport à la mort. Je voulais aussi insérer un peu de magie à cette histoire-là pour faire douter le spectateur de la réalité de ce qu’il est en train de voir. Il y a un peu d’ironie dans tout cela. »

Une dose de cynisme 

Si le personnage d’Éloi est en quelque sorte son alter ego, Albéric Aurtenèche ne cache pas qu’il a écrit le rôle spécialement pour Emmanuel Schwartz.  

« Emmanuel correspondait bien au cynisme du personnage et à son humour un peu décalé. Je dois dire aussi que je l’imaginais très bien en train de se dépêtrer dans la forêt comme un urbain mal à l’aise dans ce contexte-là ! » lance-t-il en riant.

Emmanuel Schwartz admet lui aussi avoir un « rapport miroir » avec le personnage d’Éloi. 

« J’ai touché à un arc de chasse pour la première fois deux semaines avant le début du tournage et j’avais mal à l’épaule en me réveillant le lendemain ! Ça donne une idée à quel point je n’étais pas acclimaté avec ce monde-là. Mais je pense que cela a bien servi le personnage au final », de conclure l’acteur. 


La contemplation du mystère prend l’affiche le 22 octobre.