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Le Québec en perte de poids politique au Canada

Stéphane Perrault,
directeur général des
élections du Canada.
Photo tirée de Facebook Stéphane Perrault, directeur général des élections du Canada.

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Le poids politique du Québec, au Canada, ne peut se dissocier de sa densité démographique. Les deux facteurs vont de pair... Tous les 10 ans, plus la population augmente, plus on révise les contours des circonscriptions et plus on dispose de sièges à la Chambre des Communes. 

Mais il y a belle lurette que la dissolution du poids démographique du Québec, donc politique, s’est enclenchée au Canada. Peu de temps après la « Confédération », le Québec représentait pourtant le tiers de la population canadienne ! En 1993, cette part est tombée sous la barre de 25 %...

Depuis le début des années 70, les données de Statistique Canada indiquent une tendance à la stagnation, voire à la diminution du poids démographique du Québec au sein du Canada, alors que sur la même ligne du temps, elle est en progression en Ontario, en Colombie-Britannique ou en Alberta.

Face au déclin

Les récentes projections démographiques de Statistique Canada confirment que le poids démographique du Québec devrait poursuivre sa baisse et se situer à peine au-dessus de 20 % dans une vingtaine d’années. 

Tous les dix ans donc, par suite d’un recensement, une révision générale du découpage des circonscriptions fédérales est de mise au Canada dans le but de les mettre en accord avec leur poids démographique. C’est une figure imposée de la Constitution canadienne. L’exercice est mené sous la houlette du directeur général des élections du Canada.

À la lumière de son communiqué de presse qu’il a publié vendredi dernier, Stéphane Perrault, le directeur général des élections du Canada, nous informait donc que le Québec, qui compte actuellement 78 sièges sur 338 à la Chambre des Communes, en perdrait un. En effet, la population du Québec stagne, alors qu’en moyenne, celle des provinces canadiennes augmente. 

Des sièges supplémentaires seront donc octroyés aux provinces qui s’inscrivent dans une hausse de leur population à l’instar de l’Ontario, mais pas au Québec où on doit composer, notamment avec un faible taux de fécondité et un seuil d’immigration non compétitif avec celui du reste du Canada.

Une action collective

Conséquemment, au fil du temps, la nation québécoise verra son pouvoir d’influence politique s’étioler au sein du Canada. C’est une réalité qu’il faut anticiper. Elle oblige une action collective non partisane et des choix stratégiques constructifs et crédibles pour éviter l’effacement politique et culturel en Amérique, possiblement dans quelques générations.

Comme pour les changements climatiques, quand on commencera collectivement à prendre cet enjeu au sérieux, il sera fort probablement trop tard. Au sein du Canada, le Québec deviendra alors une entité électorale folklorique négligeable dominée par les décisions politiques qui se prendront notamment à Toronto.

Si nous procrastinons, cela prendra une ou deux générations pour ne plus voir respecter l’authenticité de nos choix, notamment sur des enjeux relatifs à l’environnement, la langue, la culture ou les valeurs sociales.

À quoi auraient donc servi toutes nos luttes de résistance ou de survie depuis si longtemps ?

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