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Maison Chevalier: des opposants veulent l'annulation de la vente au Groupe immobilier Tanguay

La Maison Chevalier
Photo Stevens LeBlanc La Maison Chevalier

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La vente de la Maison Chevalier au Groupe immobilier Tanguay continue de faire des remous puisque les opposants demandent au gouvernement d’annuler la transaction.

Dans une lettre adressée à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, près de 200 intervenants passionnés de l’histoire et du patrimoine de Québec demandent que ce joyau reste la propriété de l’ensemble des Québécois. 

«Sa vente à des intérêts privés nous surprend donc considérablement et nous déçoit», est-il écrit dans la missive. 

L’ex-ministre de la Culture et des communications au Parti québécois, Agnès Maltais, a fait appel à la ministre Nathalie Roy pour «assumer ses responsabilités véritables» dans ce dossier. 

«Elle doit reculer et le faire avec honneur comme l’a fait récemment le ministre de la Santé, Christian Dubé, parce qu’il s’en allait dans un mur. Elle s’enfonce dans un mur et elle est en train de brader notre patrimoine.» 

Réjean Lemoine, historien, Pierre Lahoud, historien et photographe, Agnès Maltais, ex-ministre de la Culture et des Communications, Alex Tremblay Lamarche, président de la Société historique de Québec, Joseph Gagné, historien postdoctorant à l’Université de Windsor, Frédéric Brunet, représentant de la compagnie théâtrale La Vierge folle et Jean Rousseau, candidat à la mairie pour Démocratie Québec.
Photo Stevens LeBlanc
Réjean Lemoine, historien, Pierre Lahoud, historien et photographe, Agnès Maltais, ex-ministre de la Culture et des Communications, Alex Tremblay Lamarche, président de la Société historique de Québec, Joseph Gagné, historien postdoctorant à l’Université de Windsor, Frédéric Brunet, représentant de la compagnie théâtrale La Vierge folle et Jean Rousseau, candidat à la mairie pour Démocratie Québec.

Place Royale

La solution, selon elle, serait de céder la Maison Chevalier à la Société de développement des entreprises culturelles qui administre déjà plusieurs bâtiments de Place Royale.  

«Je demande à Mme Roy d’assumer ses responsabilités de ministre de la Culture et je vais faire plus, je vais demander au Groupe Tanguay de reculer. C’est des gens qui ont une fierté qui ont toujours été associés à la ville de Québec. Aujourd’hui, ils sont en train d’affronter la ville, ça n’a aucun sens», a affirmé Mme Maltais. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Agnès Maltais sur QUB radio: 

Inacceptable

Le conseiller municipal de Démocratie Québec et candidat à la mairie, Jean Rousseau, considère que la vente de ce bâtiment est inacceptable. Il a fait appel aux autres partis politiques municipaux pour se joindre à sa voix afin que la ministre revienne sur sa décision.  

«Je demande au Groupe Tanguay de repenser cette transaction et de se retirer. Le Groupe Tanguay est un citoyen corporatif modèle dans la grande région de Québec. Pourquoi viendrait-il entacher sa réputation en procédant à l’acquisition de ce bâtiment extraordinaire», a lancé M. Rousseau. 

«Cette décision doit être revue. Nous devons faire changer cette position, car elle est inacceptable. C’est un trésor qui nous appartient à tous», a ajouté M. Rousseau qui est lui-même résident du Vieux-Québec.  

La Maison Chevalier
Photo Stevens LeBlanc

La Maison Chevalier, disent-ils, est l’un des rares bâtiments publics de Place Royale que l’on peut admirer de l’intérieur. On sait que le Groupe immobilier Tanguay a acquis le bâtiment historique afin d’y aménager son siège social.  

«Ce n’est pas un siège social. C’est un site important dans notre mémoire collective. On veut qu’il reste accessible. On veut que l’intérieur, qui a été restauré à grands frais ,reste tel qu’il est», a affirmé M. Rousseau qui demande au maire Régis Labeaume d’intervenir pour faire cesser la vente.  

Le président de la Société historique de Québec, Alex Tremblay Lamarche, n’est pas contre l’investissement du privé dans le secteur patrimonial. 

«Tous les bâtiments patrimoniaux ne peuvent pas être la propriété de l’État. L’État a déjà des charges qui sont très lourdes, mais là, on n’est pas face à n’importe quel bâtiment patrimonial. On est face à celui qui est la carte d’affaires de Place Royale. On est face à celui qui est l’image de la ville de Québec. (...) Il faut que ce bâtiment-là reste accessible au public», a dit M. Lamarche. 

Réactions de la ministre

Loin de donner espoir aux revendications de ce groupe, la ministre Nathalie Roy s’est plutôt réjouie de l’arrivée du nouvel acquéreur lorsque jointe par Le Journal.  

«Quand on est amoureux du patrimoine, la priorité, c’est que le patrimoine soit préservé et protégé. Cette maison-là, elle est toujours protégée et mon rôle, c’est de s’assurer qu’elle va le demeurer et elle le sera. La mesure de protection qui est accordée à cette maison, ça demeure peu importe le propriétaire qui aura des obligations extrêmement élevées pour s’occuper de cette demeure», a-t-elle affirmé.  

Mme Roy rappelle que le Parti libéral a coupé 2,3 M$ de subventions qui devaient aller à la Maison Chevalier, entre 2013 et 2018.  

«Ils en ont fait du coup un immeuble excédentaire pour le Musée de la civilisation. Ils l’ont vidé de son contenu et ils y ont cessé les activités muséales en septembre 2016. Ce bâtiment devenant excédentaire, ils ont autorité en juin 2018 que le Musée de la civilisation le mettre en vente. Ça fait trois ans que l’immeuble est en vente. Maintenant, il y a un acquéreur et on peut se réjouir du fait que c’est un acquéreur québécois qui a les reins solides et qui a beaucoup de moyens pour respecter la loi sur le patrimoine culturel et justement nous assurer que l’intégrité du bâtiment soit préservée et que l’entretien en soit fait. C’est extrêmement important», a ajouté Mme Roy. 

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