/opinion/columnists
Navigation

Prudence avec les sondages

GEN-VOTE-MUNICIPAL-MONTREAL
Photo d’archives

Coup d'oeil sur cet article

La campagne électorale municipale s’annonce peut-être plus corsée qu’on pourrait le croire à Québec même si les derniers sondages placent la dauphine de Régis Labeaume avec une confortable avance. Sur le terrain, on sent que le nouveau venu en politique, Bruno Marchand, dérange, malgré sa troisième position dans les intentions de vote.

Marie-Josée Savard fait bien de ne rien tenir pour acquis. En politique, tout peut arriver. Il faut donc travailler fort sans pavoiser lorsque nos adversaires sont loin dans le rétroviseur. Il reste 20 jours avant le jour J et encore beaucoup d’indécis.

M. Marchand était à la tête de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches. Il est avantageusement connu dans le milieu communautaire, un rassembleur et un excellent communicateur. Il n’a pas peur de ses idées, il est capable de les assumer, de les défendre et semble s’amuser dans la joute partisane.

En fait, sa personnalité est assez proche de celle de Marie-Josée Savard. Les deux semblent plutôt calmes, conciliants, très empathiques et à l’écoute des autres, mais on sent beaucoup de rivalité entre les deux. Lorsque Marie-Josée Savard attaque, elle s’en prend surtout à Bruno Marchand et vice-versa.

Québec vs Montréal

Contrairement à Montréal, où les deux candidats qui s’affrontent ont dirigé la ville et sont connus de tous, à Québec, ils manquent tous de notoriété. Celui qui en avait le plus au départ est probablement le chef sortant de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, mais il a un déficit de crédibilité.

Il ne s’est pas aidé cette semaine en s’accrochant les pieds dans un 4e lien. Il a tout fait pour rectifier le tir, mais de la part d’un aspirant maire, ça ne faisait pas sérieux. Quant à son projet de métro léger pour remplacer le tramway, ça ne lève pas autant qu’il l’aurait souhaité.

Cela dit, en politique, les électeurs ont la mémoire courte. Une bonne semaine peut facilement en éclipser une mauvaise, et de la notoriété, ça peut se gagner rapidement. Rappelez-vous Valérie Plante en 2017, qui la connaissait ? C’est son célèbre slogan de précampagne, « L’homme de la situation » qui l’avait fait connaître.

Des affiches plus visibles

D’ailleurs, un des candidats à la mairie de Québec, Jean Rousseau, qui est en 4e position dans les intentions de vote, vient de lancer une campagne sur panneaux géants pour justement se faire connaître. Enfin, on peut voir un visage ! Les autres affiches sont tellement petites qu’on a de la misère à les identifier.

Mais au-delà de son visage, il a aussi décidé de se positionner très clairement sur l’enjeu de la surtaxe, le seul candidat qui n’en propose aucune.

Réussira-t-il à se démarquer suffisamment ? Avouons-le, le défi est grand, mais sa personnalité rassurante pourrait gruger des votes à la meneuse. Pour l’instant, la forte avance de Marie-Josée Savard est surtout attribuable à la popularité de l’administration sortante et à sa grande prudence. Si les autres font preuve d’un peu plus d’audace, ils pourraient encore faire bouger l’aiguille des sondages.

N’oublions pas qu’en 2007, environ 20 jours avant la 1re victoire de Régis Labeaume, rien ne laissait présager qu’il deviendrait maire de Québec. La cheffe du Renouveau municipal de Québec, Ann Bourget, dominait la course à la mairie avec 33 % des intentions de vote, soit deux fois plus que M. Labeaume, qui en récoltait 16 %. Il reste justement 20 jours. Tout pourrait changer.