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Vaste offensive pour améliorer la santé psychologique des étudiants à l’UL

Le nombre de demandes au centre d’aide a doublé en deux ans

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, en compagnie de Louix-Xavier Lamy, secrétaire exécutif de l'AELIÉS, et de Cyndelle Gagnon, présidente de la CADEUL, les deux principales associations étudiantes de l'Université Laval, lors du lancement de la campagne de sensibilisation sur la santé psychologique des étudiants.
Photo Daphnée Dion-Viens La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, en compagnie de Louix-Xavier Lamy, secrétaire exécutif de l'AELIÉS, et de Cyndelle Gagnon, présidente de la CADEUL, les deux principales associations étudiantes de l'Université Laval, lors du lancement de la campagne de sensibilisation sur la santé psychologique des étudiants.

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Une vaste offensive pour améliorer la santé psychologique des étudiants est lancée sur le campus de l’Université Laval, où le nombre de demandes au centre d’aide a doublé en deux ans.  

Les associations étudiantes ont lancé lundi la campagne Du soutien, y en a pour sensibiliser la communauté à l’importance d’aller chercher du soutien psychologique lorsque l’anxiété de performance ou l’isolement semblent insurmontables. 

Selon une enquête réalisée par l’Union étudiante du Québec en 2019, près de 60% des répondants ont affirmé vivre un niveau élevé de détresse psychologique, mais seulement la moitié d’entre eux ont demandé de l’aide. 

«Le but de la campagne c’est de dire : « C’est normal, vous avez le droit de le faire. Faites-le», affirme Cyndelle Gagnon, présidente de la CADEUL, qui représente les étudiants de premier cycle. 

Toujours selon la même enquête réalisée en 2019, 7% des étudiants universitaires ont des idées suicidaires, ce qui représente un étudiant sur 14. «La problématique est réelle, présente. Il faut agir», ajoute Mme Gagnon. 

Un peu partout sur le campus, des affiches ont été placardées pour inciter les étudiants à se confier. «S’ouvrir est la seule façon de s’en sortir». «Tu peux pas tout garder en dedans», peut-on lire sur plusieurs portes et casiers. 

La santé psychologique des étudiants, déjà «catastrophique», n’a fait que se détériorer avec la pandémie, ajoute Louis-Xavier Lamy, secrétaire exécutif de l’AELIÉS, qui représente les étudiants de l’Université Laval inscrits aux cycles supérieurs. 

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, en compagnie de Louix-Xavier Lamy, secrétaire exécutif de l'AELIÉS, et de Cyndelle Gagnon, présidente de la CADEUL, les deux principales associations étudiantes de l'Université Laval, lors du lancement de la campagne de sensibilisation sur la santé psychologique des étudiants.
Photo Daphnée Dion-Viens

Deux fois plus de demandes

Les statistiques du Centre d’aide aux étudiants lui donnent raison : le nombre de demandes d’aide au début de la session d’automne est passé de 363 en 2019 à 712 cette année pour la même période, indique sa directrice Louise Careau. 

«La COVID a eu son effet. On voit beaucoup de fatigue cognitive avec l’enseignement en ligne, il y a aussi beaucoup d’isolement et de perte de liens sociaux», affirme-t-elle. 

Ajout de ressources

Mais malgré la forte demande, les services sont bel et bien disponibles, tient à préciser Mme Careau. Le nombre de psychologues au Centre d’aide vient de passer de 10 à 13 et le nombre d’intervenants de première ligne, de trois à six. 

Les étudiants qui vivent un niveau de détresse si élevé qu’ils représentent un risque pour leur sécurité sont rappelés le jour même, assure la directrice. 

Ceux qui nécessitent un suivi moins urgent auront droit à une première intervention en 10 à 15 jours, un délai qui devrait diminuer dans les prochaines semaines grâce aux ressources supplémentaires qui viennent d’être embauchées, précise-t-elle. 

Le privé sera par ailleurs appelé en renfort. Au cours des prochaines semaines, un appel d’offres sera lancé auprès de cliniques privées afin que les étudiants de l’Université Laval aient accès à davantage de services. 

Les consultations individuelles en psychologie sont toutefois loin d’être les seules ressources offertes. «Et ils n’ont pas tous besoin d’un suivi individuel», souligne Mme Carreau. 

Des ateliers, conférences, balados, vidéos et groupes de soutien sont autant de moyens de venir en aide aux étudiants, selon leurs besoins. Sur le web, le site Internet dusoutien.ca répertorie d’ailleurs la vaste gamme des services offerts aux étudiants qui souffrent en silence. 

De son côté, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, s’est réjouie du lancement de cette campagne de sensibilisation réalisée «par et pour les étudiants». «Les experts nous avertissent que cette pandémie pourrait laisser des marques à long terme, ce qui est très préoccupant. À l’Université Laval, nous allons continuer de venir en aide aux personnes qui vivent de la détresse et des difficultés à tous les niveaux, mais nous croyons qu’il est absolument essentiel de travailler sur le front de la prévention.» 

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