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Autre procès avorté: Québec donne une nouvelle chance à l’UPAC

Frederick Gaudreau UPAC
Photo d'archives Le patron de l’UPAC Frédérick Gaudreau, photographié ici à la fin 2019.

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Malgré l’arrêt des procédures judiciaires contre l’ex-maire de Terrebonne qui s’ajoute à une série de cafouillages de l’UPAC, Québec donne une nouvelle chance à son directeur, Frédérick Gaudreau, en poste depuis deux ans.

«On parle d’une enquête qui prédate, si on veut, tous les changements qu’on a faits à l’UPAC depuis qu’on est arrivé au pouvoir», a déclaré, mardi, la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel. 

Celle qui a notamment été procureure en chef de la commission Charbonneau rappelle que son gouvernement a modifié le mode de nomination du commissaire de l’UPAC afin qu’il soit désormais confirmé par un vote aux deux tiers des élus de l’Assemblée nationale. 

«On a donné plus de pouvoirs à l’UPAC, on l’a restructuré, il y a maintenant un nouveau directeur à l’UPAC. Je pense qu’on doit lui donner la chance, avec les nouveaux outils, de faire ses preuves», estime Mme Lebel. 

La juge Nancy McKenna a ordonné, hier, l’arrêt des procédures contre l’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille, son ex-directeur de cabinet Daniel Bélec, l’ex-directeur général de la Ville Luc Papillon et l’entrepreneur Normand Trudel. 

La juge a statué que l’UPAC et le DPCP ont tenté de cacher des informations à la défense afin de ne pas miner la crédibilité d’un témoin. 

Ce procès avorté s’ajoute à plusieurs autres échecs de l’UPAC ces dernières années, dont l’arrêt des procédures dans les causes contre l’ancienne ministre Nathalie Normandeau et l’ex-numéro 2 de Montréal, Frank Zampino. 

Confiance ébranlée

Pour le chef parlementaire de Québec solidaire, le moment est venu de se remettre en question sur la pertinence de maintenir l’UPAC en place. 

«Le Québec a besoin d’une institution crédible et efficace qui éradique la corruption. On a besoin de ça. La question que je me pose ce matin, c’est: “Est-ce que l’UPAC fait ça?” J’en suis de moins en moins sûr, puis je pense que beaucoup de Québécois se posent cette question-là aussi», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, dans les corridors de l’Assemblée nationale, mardi matin. 

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a, pour sa part, qualifié de «désolante» la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui. «Je suis très déçue de la situation», dit Dominique Anglade. 

Comme ses rivaux, Mme Anglade n’avait pas de solution concrète à présenter face aux enquêtes qui se terminent en eau de boudin et aux procès avortés. «On fait les changements nécessaires, etc. Puis plus ça change, plus ça semble être pareil», a-t-elle déploré. 

Le Parti québécois, lui, souhaite entendre l’UPAC en commission parlementaire. Mais son chef Paul St-Pierre Plamondon a surtout placé le blâme sur le gouvernement Legault. «Donc, pour moi, la première étape, c’est de demander des comptes, notamment à l’UPAC, et de voir une forme de leadership, de proactivité de la part du gouvernement qui, à ce jour, de procès en procès qui tombent, garde le silence et ne pose aucun geste...», a-t-il déclaré. 

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