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L'ancien ministre Jean Rochon est décédé

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L’ancien ministre du Parti québécois Jean Rochon, qui a notamment créé la Loi concernant la lutte contre le tabagisme et Héma-Québec alors qu’il était ministre de la Santé, est décédé lundi à l’âge de 83 ans.

Diplômé en médecine à l’Université Laval, avant de poursuivre ses études en santé publique à l’Université Harvard et en Belgique, M. Rochon a été élu pour une première fois sous la bannière du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Charlesbourg en 1994. Il a ensuite été réélu sans discontinuer pour le PQ jusqu’en 2003.

Jean Rochon et Bernard Landry en juin 1998
Photo Les Archives, Le Journal de Québec
Jean Rochon et Bernard Landry en juin 1998

Jean Rochon a occupé tour à tour divers ministères, incluant celui de la Santé et des Services sociaux sous les premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Il a ensuite occupé le poste de ministre responsable de la Recherche, de la Science et de la Technologie, avant d'œuvrer auprès de Bernard Landry en occupant les ministères du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

Virage ambulatoire

Au cours de son passage à la tête du ministère de la Santé, M. Rochon a notamment déposé la loi qui a permis la création d’Héma-Québec, un organisme à but non lucratif qui a pris le relais de la Croix-Rouge pour la collecte de sang dans la province.

L’ex-ministre est aussi le principal artisan de la Loi sur le tabac, qui vise à limiter et à encadrer l’usage de la cigarette dans la province. Cette loi a notamment interdit dès 1998 la cigarette dans les grands milieux de travail, forcé la création de sections pour les non-fumeurs dans les restaurants et centres commerciaux et interdit la publicité liée au tabac, en plus d’empêcher les mineurs d’en acheter.

D’un autre côté, Jean Rochon a été à l’origine du «virage ambulatoire», une forme de gestion du réseau de la santé visant à écourter autant que possible les séjours en centres hospitaliers, notamment avec l’avènement des chirurgies d’un jour.

Le premier ministre François Legault a déploré le décès de son ancien collègue, eux qui ont travaillé ensemble au Salon bleu de 1998 à 2003. «Quelle triste nouvelle. C'était un homme gentil et brillant. J'ai une pensée pour ses proches et sa famille, a-t-il commenté sur les réseaux sociaux.

«C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Jean Rochon. C’était un homme politique qui a fait de grandes choses pour le Québec et la santé, comme l’adoption de la loi sur le tabac. J’offre mes sincères condoléances à ses proches», a commenté l’actuel ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Courageux

Lucien Bouchard, qui a d’abord connu M. Rochon sur les bancs d’école universitaires, le décrit comme étant un grand homme, qui était davantage un excellent gestionnaire qu’un habile politicien.

«C’était un très grand ministre de la Santé qui a eu à gérer des dossiers extrêmement difficiles. Quand on examine son parcours, il laisse un bilan très, très honorable, une grande contribution à la qualité de la santé publique. (...) La précarité des finances publiques nous a obligés à faire des coupes souvent radicales. Il était très courageux», a-t-il confié à Mario Dumont, dans une entrevue à QUB radio, mardi.

Les compressions budgétaires effectuées avaient permis de financer les réformes entreprises et le nouveau réseau des garderies.

«La reconnaissance n’était pas très contemporaine», se rappelle l’ex-premier ministre du Québec.

M. Dumont et M. Bouchard considèrent néanmoins que le réseau de la santé serait dans un état bien pire encore si ce n’était des actions audacieuses qu’a entreprises M. Rochon il y a 25 ans. 

  • Écoutez l'entrevue de Mario Dumont avec Lucien Bouchard sur QUB radio:

Agnès Maltais salue la mémoire de Jean Rochon    

Carl Marchand

L’ex-ministre péquiste Agnès Maltais a rendu un vibrant hommage à l’œuvre de l’ex-ministre de la Santé Jean Rochon, décédé lundi à l’âge de 83 ans.

Photo d'archives Agence QMI, Toma Iczkovits

«C’était un homme extraordinaire. D’abord une intelligence supérieure, mais tourné vers les gens», a raconté au micro de Richard Martineau sur QUB Radio celle qui garde le souvenir d’un homme «dévoué aux Québécois».

Si l’on critique son travail en santé avec le virage ambulatoire, il a aussi généré des impacts positifs, plaide l’ancienne députée de Taschereau à Québec.

«En même temps, c’est lui qui nous a donné l’assurance-médicaments. C’est lui qui a fait qu’on a des chirurgies d’un jour aujourd’hui. Si on était encore à passer une semaine dans les hôpitaux pour une petite chirurgie, imaginez comment les hôpitaux seraient débordés», a défendu Mme Maltais.    

  • Écoutez l'hommage d'Agnès Maltais à Jean Rochon dès 8min10 sur QUB radio:    

Jean Rochon était attentionné et attentif et très chaleureux. «Je me souviens de ses grandes mains. Il avait d’immenses mains. On disait que s’il pouvait serrer la main à tous les Québécois, il aurait pu devenir premier ministre», a confié Agnès Maltais.

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