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Les déménageurs non vaccinés ne peuvent plus aider les aînés, des assouplissements demandés

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Des entreprises de déménagement ayant plusieurs employés non vaccinés appellent le gouvernement à revoir la directive de vaccination obligatoire pour les visiteurs des résidences pour aînés qui, dans certains cas, met en péril leur entreprise.

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La propriétaire de Prix Modique – Déménagement et Entreposage interpelle le gouvernement pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de «bordel» depuis vendredi dernier. Même si elle a offert 100$ à ses employés en échange du vaccin, elle fait face à des démissions en bloc depuis la semaine dernière.

«J’avais 70% de gars non vaccinés. Actuellement, j’ai juste 2 camions sur 8 qui peuvent sortir pour les jobs dans les résidences», explique Chantale Paquet, pour qui ce secteur représente une part importante du chiffre d’affaires. «On a des ententes avec des résidences privées, avec le CLSC, etc.»

La propriétaire de Prix Modique – Déménagement et Entreposage, Chantale Paquet, ici dans son commerce, affirme avoir annulé trois déménagements d'aînés, en avoir déplacé plusieurs et refusé plus d'une dizaine.
Photo Pierre-Paul Biron
La propriétaire de Prix Modique – Déménagement et Entreposage, Chantale Paquet, ici dans son commerce, affirme avoir annulé trois déménagements d'aînés, en avoir déplacé plusieurs et refusé plus d'une dizaine.

Pour la gestionnaire, si la directive n’est pas assouplie pour lui permettre de remplir ses contrats, ce sera la fin du volet déménagement de son entreprise pour le moment.

«Avec 2 camions, je ne ferai jamais mes frais. Ça n’a pas de sens», explique celle qui se dit à 100% pour le passeport vaccinal, mais qui souhaite des ajustements comme on en a vu dans le passé lors de l’entrée en vigueur de certaines mesures.

«Je suis complètement d’accord avec l’interdiction pour les visiteurs, mais on était reconnus comme service essentiel dans les premières vagues, pourquoi plus là? Si on permet les déménagements dans les résidences, il faut les permettre jusqu’au bout.»

Anxiété pour les aînés

Le son de cloche est le même ailleurs. À travers les entreprises sondées par Le Journal, le pourcentage de vaccination chez les déménageurs est plutôt faible et complique passablement la gestion des horaires.

«Sur 25, 30 employés, j’en ai 4 ou 5 qui sont double vaccinés avec le passeport. [...] Donc il va falloir faire le tri dans nos horaires parce que je ne peux pas en inventer, des gars vaccinés», explique Daniel Genois, propriétaire de Déménagement DG.

À terme, ce sont donc des aînés qui risquent de se retrouver dans des situations laborieuses.

«On ne peut pas juste laisser leurs affaires dehors. Ces gens-là ne peuvent pas s’organiser tout seuls, il n’y a pas d’autres moyens que de faire le déménagement au complet», indique Jules Olivier de Déménagement Force10, qui dit avoir seulement 30% à 40% de son effectif qui est vacciné.

Chantale Paquet dit avoir déjà vécu des situations complexes depuis vendredi. Elle craint que l’anxiété monte chez cette clientèle déjà vulnérable.

«J’ai déjà eu des appels de gens qui pleuraient parce qu’on allait peut-être devoir déplacer ou annuler leur déménagement parce qu’on ne peut plus le faire. On en a déjà trois d’annulés et plusieurs déplacés, en plus d’une dizaine qu’on a dû refuser», confie l’entrepreneure. «Ça va être terrible.»

Position ferme

Questionné à ce sujet, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est clair, les déménageurs, comme tous «les sous-traitants ne fournissant pas de soins aux usagers ou aux résidents» doivent être adéquatement protégés.

«Ces dispositions sont contenues dans le décret qui a été adopté le 24 septembre dernier. [...] Les entreprises de déménagement ont eu le temps requis afin de planifier adéquatement leur travail, en prenant en compte les nouvelles obligations», précise Robert Maranda, porte-parole du ministère.

Mais en temps de pénurie de main-d’œuvre, les entreprises de déménagement ne sont pas du même avis.

«C’était déjà compliqué d’avoir des déménageurs avant ça. Là, ça complique notre gestion pas à peu près», indique Jules Olivier.

Ses compétiteurs ne comprennent pas plus, surtout que leurs services qui se sont poursuivis durant les premières vagues n’ont mené à aucune éclosion.

«Visiblement, le masque et les autres mesures, c’était suffisant parce qu’on n’a jamais eu de cas», lance Chantale Paquet, demandant l’intervention du ministre Dubé.

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