/news/politics
Navigation

Fin des hydrocarbures: Québec assumera les poursuites de gazières

La fin des hydrocarbures pourrait coûter cher

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre du Québec, François Legault

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Legault est prêt à payer la facture salée de poursuites judiciaires pour mettre fin à l’extraction d’hydrocarbures au Québec.

• À lire aussi: Discours inaugural: un avant-goût du programme électoral de François Legault en 10 points

• À lire aussi: Changements climatiques: Legault ne profitera pas de son passage à la COP26 pour abandonner le projet de 3e lien

En déclarant la fin de l’exploitation des hydrocarbures, Québec s’expose à des poursuites de la part des promoteurs et partenaires qui ont déjà investi de grosses sommes pour des projets de forage.

Le premier ministre admet que son gouvernement devra briser des ententes et assumer les poursuites judiciaires en raison de cette nouvelle politique environnementale annoncée dans son discours d’ouverture.

« On est prêt à mettre les ressources financières et judiciaires. C’est clair, il n’y aura plus d’extraction d’hydrocarbures », a réaffirmé François Legault, incapable de chiffrer les sommes que pourraient coûter les procédures.

« Il faudra voir ce qui a été payé. Quelle est la valeur du marché ? C’est complexe et c’est du cas par cas. »

Jugement attendu

Québec est d’ailleurs déjà au cœur d’une bataille judiciaire dans le dossier des hydrocarbures avec Gaspé Énergies, en raison de la loi actuelle qui, adoptée en 2018, interdit l’exploitation à moins de 1000 mètres d’un milieu hydrique.

Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a notamment défendu ce règlement devant le tribunal.

En septembre, le ministre avait affirmé que la décision d’interdire l’exploitation d’hydrocarbures au Québec allait dépendre du jugement de la cour dans ce dossier.

« On attend le jugement, mais on n’est pas assis sur nos mains [...] On envisage potentiellement l’interdiction et on fait des analyses concrètes, justement, en attente du jugement, pour s’assurer qu’au Québec, on va préserver le milieu hydrique », avait-il dit.

Or, le premier ministre a décidé de foncer, sans attendre la conclusion du tribunal.

En mêlée de presse, mercredi, le ministre Julien a affirmé qu’un projet de loi devrait d’abord être adopté d’ici là, et que son ministère s’était déjà mis à l’ouvrage.

« On ne peut pas toujours être à la remorque de la décision. Le projet de loi va venir le préciser », a-t-il convenu.

Pas de compensations

Des groupes environnementaux ont réagi à la déclaration du premier ministre, demandant qu’il n’y ait aucune compensation pour les promoteurs. 

« Le gouvernement ne doit pas donner de compensation aux pétrolières et aux gazières qui sont en grande partie responsables de la crise climatique actuelle », a notamment plaidé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada. « Ces entreprises sont au courant des changements climatiques depuis des décennies et ne peuvent donc pas prétendre qu’elles ne savaient pas que cette interdiction allait arriver. »

À voir aussi