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37 000 places «au plus sacrant»

Québec en promet une pour chaque enfant d’ici 4 ans mais devra trouver 17 800 éducatrices supplémentaires

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Québec promet que tous les petits Québécois auront une place en garderie d’ici quatre ans. Mais pour y arriver, le gouvernement Legault devra relever un défi de taille : trouver 17 800 éducatrices supplémentaires, en pleine pénurie de main-d’œuvre. 

• À lire aussi: Hausses salariales en CPE: la colère gronde chez les garderies non subventionnées

François Legault et son ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, se sont engagés jeudi à créer 37 000 nouvelles places subventionnées d’ici 2024-2025. Un projet de loi pour améliorer l’accessibilité au réseau des services de garde a aussi été déposé. Le plan de la CAQ pour compléter le réseau coûtera 3 milliards $. 

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe a dévoilé, jeudi, en conférence de presse, un plan de trois milliards $ pour compléter le réseau des services de garde au Québec.
Capture d'écran TVA Nouvelles
Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe a dévoilé, jeudi, en conférence de presse, un plan de trois milliards $ pour compléter le réseau des services de garde au Québec.

Il faut développer des nouvelles places « au plus sacrant », a lancé le premier ministre, qui s’était déplacé pour l’occasion dans un centre d’amusement pour enfants de Québec pour une annonce qui avait des airs de précampagne électorale. 

Québec permettra dorénavant aux CPE et garderies d’accueillir jusqu’à 100 enfants par installation.  

Le ministère de la Famille aura désormais l’obligation de lancer une invitation à soumettre un projet de développement de garderies lorsqu’il manquera de places dans un territoire.  

Et si personne n’est intéressé à le faire, le gouvernement prendra les grands moyens et construira lui-même les installations devant accueillir des bambins. « On pourra (ensuite) demander aux parents, “qui est intéressé à former un conseil d’administration ?” » a lancé François Legault.   

  • Écoutez la rencontre des analystes politiques Elsie Lefebvre et Marc-André Leclerc:   

Un rang sur la liste

La Place 0-5 ans, guichet unique pour obtenir une place en service de garde qui a connu des ratés dans les derniers mois, sera éventuellement gérée directement par le ministère. Mais attention, cette promesse ne sera effective que d’ici deux ans, estime le ministre Lacombe. 

Tous les enfants devront y être dûment inscrits pour pouvoir obtenir une place en garderie. Rappelons que la vérificatrice générale avait tiré la sonnette d’alarme l’an dernier. Guylaine Leclerc avait dévoilé que plus de 30 000 places ont été offertes en dehors du système La Place 0-5 en toute illégalité.  

Les parents obtiendront « un rang » qui leur permettra de savoir si leur enfant est très loin dans la liste d’attente de la garderie désirée ou non. Le gouvernement fera le ménage dans les critères de sélection des services de garde.

  • Écoutez la rencotre Foisy-Robitaille avec Philippe-Vincent Foisy, Antoine Robitaille et Benoît Dutrizac sur QUB Radio:   

Une main-d’œuvre à trouver

Mais pour réussir à compléter le réseau des garderies et à fournir une place à chaque enfant, le grand défi du gouvernement sera de trouver 17 800 éducatrices supplémentaires, dont 14 000 qualifiées. 

Actuellement, il manque déjà 2600 travailleuses de la petite enfance dans le réseau. Créer des places additionnelles signifie qu’il en faudra encore plus pour prendre soin de ces tout-petits. Rappelons également qu’il faut trois ans d’études collégiales pour former une éducatrice qualifiée. 

Formation accélérée

Pour pallier cette problématique, le gouvernement planche sur une formation accélérée permettant à des jeunes d’alterner les études et le travail en garderie. François Legault a évoqué la possibilité que ces étudiantes-éducatrices fassent une semaine de formation, suivie d’une semaine sur le terrain. Le premier ministre a toutefois admis que cette stratégie nécessite deux personnes pour un poste. 

Québec compte aussi bonifier le crédit d’impôt pour frais de garde dans le minibudget qui sera présenté en novembre, un soulagement pour les parents qui doivent payer le gros prix en garderie non subventionnée, car ils n’ont pas de place à 8,50 $ pour leur enfant. 

D’ailleurs, la conversion des garderies privées non subventionnées en places subventionnées se poursuivra, mais de manière très graduelle.  

La promesse du gouvernement 

  • 37 000 nouvelles places subventionnées créées d’ici 2024-2025
  • Les CPE et garderies pourront accueillir jusqu’à 100 enfants par installation
  • Augmentation du crédit d’impôt pour les frais de garde
  • Le ministère de la Famille aura désormais l’obligation de lancer une invitation à soumettre un projet de développement de garderies lorsqu’il manquera de places dans un territoire
  • Le gouvernement pourra lui-même construire des garderies
  • La Place 0-5 sera éventuellement gérée par le ministère de la Famille
  • Les parents obtiendront « un rang » leur permettant de savoir où se situe leur enfant dans la liste d’attente de la garderie désirée
  • Le gouvernement devra trouver 17 800 éducatrices supplémentaires pour offrir une place à chaque enfant
  • Québec offrira une formation accélérée permettant à des étudiantes en petite enfance de travailler en même temps dans une garderie 

Une annonce qui fait réagir 

PHOTO COURTOISIE / Association q

« On réagit favorablement à l’annonce d’aujourd’hui. [...] Le défi qu’on a devant nous, c’est vraiment de trouver nos éducatrices. »

– Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des CPE

Photo courtoisie

« On nous propose la conversion des garderies [non subventionnées en garderies subventionnées], on est super contentes, mais pas en 2023... il va falloir que ça commence beaucoup plus rapidement. » 

– Marie-Claude Collin, présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées

Photo d'archives

« Le gouvernement pourra déposer autant de réformes, de projets de loi, de plans d’action qu’il le souhaite, s’il ne s’attaque pas, d’abord et avant tout, à la question de la valorisation de la rémunération des conditions de travail des éducatrices, une bonne fois pour toutes, on n’arrivera à rien, les familles vont rester en plan, les enfants vont rester en plan. »

– Véronique Hivon, députée péquiste

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