/opinion/columnists
Navigation

L'abolition enfin d'un cours toxique!

GEN -ÉCOLE SAINTS-MARTYRS-CANADIENS DEVANTURE
Photo Agence QMI, Martin Alarie

Coup d'oeil sur cet article

Victoire !

Après près de quinze ans à combattre le puissant lobby favorable au cours ECR, qui dominait et domine encore le ministère de l’Éducation et les facultés de sciences de l’éducation, les nationalistes québécois sont parvenus à convaincre le gouvernement de l’abolir !

Ce cours était une véritable machine de propagande au service du multiculturalisme et de l’idéologie des accommodements « raisonnables ». Le cours ECR cherchait explicitement à endoctriner les enfants. Il aura semé beaucoup de confusion identitaire dans la jeune génération.

J’ajoute qu’au-delà même de la question identitaire, ce cours était toxique. Car contrairement à la légende, il ne transmettait pas de connaissances sérieuses sur les religions. Pire : il proposait une lecture souvent rigoriste et folklorique de chaque religion.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio: 

Propagande

Plus encore, il soutenait que la société québécoise devait s’adapter aux coutumes de chacune, alors que c’est aux religions qui s’implantent chez nous de s’adapter à nos mœurs, à notre laïcité, et à notre patrimoine culturel.

Il laissait entendre que la vraie musulmane, par exemple, est celle qui porte le voile, comme si elle était « plus musulmane » que celle qui s’est adaptée à la modernité occidentale.

Le gouvernement abolira donc le cours ECR. Il aurait pu se contenter de le remplacer en donnant plus d’heures au français et à l’histoire.

Personnellement, j’aurais privilégié cette solution.

Il le remplacera plutôt par un cours de culture québécoise et citoyenneté.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Reste à voir ce qu’il mettra derrière ces mots, car on peut s’attendre à ce que le lobby pro-ECR cherche à recycler sa vieille camelote dans ce nouveau format. Le gouvernement devra être vigilant et s’assurer que des pseudo-experts ne viennent pas entraver sa décision.

Mais prenons au sérieux la proposition de François Legault : le gouvernement osera-t-il définir la culture québécoise à travers son histoire, sa mémoire, ses traditions, ses classiques, sa littérature, ses chansons ?

Osera-t-il en faire un véritable instrument de cohésion nationale, pour transmettre à tous les références que nous n’aurions jamais dû cesser d’avoir en commun ?

Car devant l’américanisation des mentalités et la culture Netflix, notre identité doit résister et se transmettre.

Pour les populations immigrées, de première ou deuxième génération, qui tardent à sa familiariser avec notre nation, où elles ont décidé librement de s’installer, ce cours sera très utile.

Autre question : comment le gouvernement définira-t-il la citoyenneté ?

Culture

Car il n’échappera à personne que le Québec, pour l’instant, sauf de manière tout à fait métaphorique, n’a pas de citoyenneté. Il n’a pas le statut ni les privilèges d’un État souverain.

Alors que recouvrira ce cours ? Un apprentissage de notre système politique ? Très bien.

Apprendra-t-il aussi aux élèves que le Québec n’est pas signataire de la Constitution, que le gouvernement des juges cause de vrais problèmes démocratiques, et qu’il ne suffit pas qu’un lobby prétende parler au nom d’une minorité pour qu’on lui reconnaissance immédiatement des « droits » ?

Je le redis : il ne faudrait pas que ce cours devienne un ECR bis.